24/01/2014

Le piège des apparences

Un homme effacé est le titre d’un livre. Paru aux éditions Gallimard, il a reçu l’an dernier le Prix Goncourt du premier roman. Alexandre Postel, son auteur, est né en 1982. Que vient faire un roman dans cette Page du médiateur? Rappeler l’exigence du doute méthodique au départ de toute démarche journalistique, seul moyen de ne pas tomber dans le piège des apparences. C’est l’une des fortes leçons de ce récit passionnant et peu commun, qui renvoie à des situations plus fréquentes qu’il n’y paraît.

L’homme effacé dont parle Postel s’appelle Damien North,  professeur de philosophie entre deux âges. Depuis la mort de sa compagne douze ans plus tôt, il vit en solitaire une existence médiocre. Ses liens familiaux sont distendus, ses relations avec ses collègues de l’université peu actives et nourries de mesquineries dont le milieu est prodigue, il connaît à peine ses voisins.

Voilà qu’un jour son ordinateur portable, connecté au réseau de la faculté, lui refuse tout accès. Ses appels au service informatique restent vains. Au moment où il croit ouvrir la porte de son domicile à un technicien enfin venu le dépanner, il se trouve face à deux policiers. Il apprend qu’il aurait chargé illégalement des images pédopornographiques. Son matériel informatique est saisi.

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14/01/2014

Ces chers disparus

L’embarrassante question! Comme ça, au passage de l’an. Ce serait intéressant de débattre de «ce que l’on peut dire et ne doit pas dire sur une personne post mortem», suggère au médiateur un internaute journaliste à la retraite, qui continue de bloguer gaillardement. Le genre existe, il est identifié: il s’agit de l’article nécrologique.

La grande presse internationale le cultive, comme un indice de qualité signalant une participation modeste à l’écriture de l’histoire. Par exemple, tout lecteur du Monde découvre quotidiennement ou presque, à l’enseigne «Disparitions», des hommages rendus à des personnalités décédées, le plus souvent en correspondance avec les principaux centres d’intérêt du journal. Les défunts appartiennent pour la plupart au monde de la politique, de la culture, de l’université ou des hautes écoles, de l’industrie, parfois du sport, plus rarement à la galaxie clignotante des people (...) Le monde du journalisme et des médias, plus flottant, n’est pas négligé. Ses stars ou prétendues telles, bien entendu, mais aussi d’anciens collaborateurs de la rédaction, méritants travailleurs de l’ombre depuis longtemps oubliés, qui connaissent ainsi, enfin, un ultime quart d’heure de célébrité. C’est une sorte de revanche pour tout ceux qui, leur vie durant, n’ont fait qu’observer les autres et rapporter leurs faits et gestes.

La plupart de nos journaux régionaux observent aussi cet usage confraternel. Pour le reste, le registre est assez différent.

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