23/04/2014

L'air putride de la calomnie

La mort récente de Dominique Baudis a incité la presse française à revenir sur l’une des rumeurs les plus funestes de ces dernières années. Ancien grand reporter, présentateur de journal télévisé et maire de Toulouse, Dominique Baudis est président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) lorsqu’il est frappé de plein fouet par la rumeur, au printemps 2003.

Une enquête sur le meurtre d’une prostituée à Toulouse, commis une dizaine d’années plus tôt, conduisait à un tueur en série, Patrice Alègre. Sur la base du témoignage de deux anciennes compagnes de trottoir de la victime, consigné par un gendarme, elle charriait des accusations collatérales. Toulouse serait le théâtre de rencontres sadomasochistes – on parle de viols, d’actes de torture, de victimes enfantines. Il y aurait là du beau monde, jusque dans la magistrature. Et Dominique Baudis en serait. Le retentissement de ces prétendues révélations dépasse les frontières de l’Hexagone.

Un monde s’écroule. La presse française se repaît de la contemplation des ruines. Que Dominique Baudis soit par la suite blanchi de toutes les accusations portées contre lui, que les prostituées à l’origine de la calomnie soient condamnées, ne suffit pas à tout reconstruire. Il est des traces que le temps n’efface pas.

Pour lire la suite sur La page du médiateur, cliquer ici.

15/04/2014

Usurpation d'identité sur Internet

Il y a probablement pire nuisance que les abus favorisés par l’usage des pseudonymes sur l’Internet. C’est l’usurpation d’identité. De l’identité réelle, ou «civile», mais aussi du pseudonyme lorsque celui-ci est porté par un internaute familier d’un forum de discussion.

Les lecteurs du Matin Dimanche ont appris dans la dernière édition du mois de mars qu’à ce jour l’usurpation d’identité n’est pas considérée en Suisse comme une infraction pénale. Un représentant neuchâtelois au Conseil des Etats, Raphaël Comte, demande au Conseil fédéral d’y remédier. «Aujourd’hui, explique-t-il, si quelqu’un se fait passer pour autrui sur Internet, il peut être puni pour escroquerie ou pour atteinte à la personnalité en cas de diffamation. Mais l’usurpation d’identité n’est même pas considérée comme une circonstance aggravante, alors qu’elle prouve une certaine préméditation».

Voilà plusieurs mois, le médiateur s’est beaucoup occupé de la question de l’authentification des commentaires déposés sur les sites internet des journaux, et donc de leur signature. Une minorité d’internautes, malheureusement nuisible, s’abrite sous des pseudonymes pour mettre en ligne des propos agressifs, insultants ou raciste. La décision a été prise au sein des publications romandes de Tamedia de renforcer la modération des commentaires sur leurs forums de discussion en requérant davantage de transparence de la part de leurs auteurs.

 

Pour lire la suite sur La page du médiateur, cliquer ici.

17:00 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (0)

02/04/2014

Conflits d'intérêts

Ce courriel tombe dans la messagerie du médiateur, brut de décoffrage: «Et toi Cornu tu devrais écrire sur les conflits d’intérêts, je crois que tu es le mieux placé».

Pourquoi cet immédiat tutoiement? Pourquoi cette interpellation abrupte qu’en dehors de relations amicales ou familières, une génération autrement policée ne connaissait guère qu’à l’école ou dans des rapports d’autorité mal dégrossis ? Pourquoi cette injonction ironique et sournoise? Est-ce là le registre de la communication sur l’Internet ? Il faudrait s’y faire. On ne s’y fait pas.

La question des conflits d’intérêts est pourtant loin d’être négligeable dans les médias. Il en va de l’indépendance professionnelle et de l’expression de l’opinion de tout journaliste. La déontologie du métier recommande de «n’accepter aucun avantage, ni aucune promesse» qui risqueraient de les limiter.

Le défaut de la norme est qu’elle tend à limiter le risque à des aspects matériels: invitations, cadeaux, avantages éventuels tirés d’informations privilégiées dans le domaine financier. Or, il existe aussi des contreparties d’ordre moral, qui se déploient dans le domaine social: honneurs et considération, reconnaissance publique, distinctions, auxquels les journalistes ne sont pas plus insensibles que d’autres.

Pour lire la suite sur La page du médiateur, cliquer ici.