20/05/2014

Vie privée: Google interdit de connexions

Ce n’est pas exactement un coup de tonnerre dans un ciel serein. Serein, le ciel numérique ne l’est pas vraiment. Mais c’est une sacrée secousse.

La Cour de justice de l’Union européenne vient de donner raison à un citoyen espagnol qui se plaignait de la permanence sur le Web d’anciennes informations le concernant, accessibles à tous par simple inscription de son nom sur la page d’accueil de Google. L’enjeu est la protection des personnes physiques (chacun de nous) à l’égard du traitement et de la libre circulation des données à caractère personnel. L’arrêt consacre un droit à l’oubli.

Aspect capital de la décision: l’existence de données personnelles sur la Toile n’est pas mise en cause par la Cour, mais leur accessibilité. Cela signifie que les éditeurs numériques – par exemple des sites médiatiques – ne sont pas tenus de retirer des contenus dont la présence, bien que licite, se verrait un jour contestée. Mais que Google ou tout autre moteur de recherche s’exposent désormais à l’obligation de supprimer les liens qui y conduisent. La mémoire de la Toile demeure. Elle ne peut plus être activée dans toutes ses ramifications. Sur les moteurs de recherche, la liste des résultats s’en trouve réduite.

Toute personne concernée est ainsi en droit de demander à l’exploitant d’un moteur de recherche de supprimer des liens vers des pages web contenant des informations d’ordre personnel et publiées par un ou des éditeurs numériques.

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08/05/2014

Cocktails et connivence

Le récent pot d’adieu d’une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), après cinq ans à la tête du service politique, a fait grand bruit. La petite fête a réuni non seulement collègues et employés de l’agence, mais aussi le gratin du pouvoir socialiste et quelques figures d’autres obédiences. François Hollande et Manuel Valls y sont passés. Les gazettes se sont délectées de la présence conjointe du président et de son frère ennemi de la gauche, Jean-Luc Mélanchon, «qui gazouillent dans leur coin» comme le raconte Le Monde.

Organisée par la journaliste «avec [ses] petits sous», la rencontre festive n’a pas seulement suscité des taquineries attendues. Elle a aussi déclenché des critiques et des protestations. Sur son blog Arrêt sur images, le journaliste Daniel Schneidermann évoque ce «cocktail clandestin du Tout-Etat» en s’étonnant que l’agence elle-même n’en dise pas un mot dans ses dépêches.

Laissons les détails de cette illustration très française de l’étroitesse des relations entre journalistes et acteurs de la politique. Peut-être faut-il imputer à une certaine forme de civilité pratiquée chez nos voisins le fait qu’elle s’y présente comme une cible particulièrement caricaturale. En fait, la porosité entre les deux milieux s’observe partout.

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