18/11/2014

Le virus Ebola et les médias: une sage colère

Les médias occidentaux sont malades du virus Ebola. Cela fait plusieurs mois que le malaise s’est installé. L’impression s’impose qu’il ne cesse de gagner. Le diagnostic a commencé par s’inscrire en filigrane sur les premières pages, jour après jour dévolues aux maux endémiques du Proche-Orient, à la progression de l’Etat islamique, aux obscurs combats ukrainiens. Le voilà qui s’affirme avec éclat.

Quels symptômes, d’abord? A propos d’un virus qui s’est manifesté pour la première fois il y a près de quarante ans en République démocratique du Congo, la mutation d’une préoccupation réelle et justifiée en un état de panique mal contrôlé – le rappel emphatique des grandes pestes du Moyen Age, de la grippe espagnole bientôt centenaire. L’extension par négligence à l’ensemble d’un continent d’un phénomène aujourd’hui localisé sous sa forme aiguë dans trois pays d’Afrique occidentale (Guinée, Sierra Leone, Liberia). L’extrapolation des risques courus par la planète, du seul fait de la mobilité des populations, inhérente à la mondialisation. En funeste apothéose, le constat livré lors du journal télévisé de la rts: des gens de couleur hésiteraient désormais à s’annoncer auprès d’unités de soins en Suisse romande, par crainte d’être suspectés d’être porteurs de la maladie.

Pourquoi cet enchaînement? Parce que le regard des médias occidentaux sur la propagation du virus Ebola se charge d’une inquiétude contagieuse aussitôt qu’un risque apparaît d’une contamination en Europe ou en Amérique du Nord.

 
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11:08 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0)

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