15/12/2014

L'objectivité journalistique: une chimère?

Retour sur le récent bilan de Margaret Sullivan, médiatrice du New York Times. Outre la question des sources anonymes, évoquée ici dans un précédent billet, il y est furtivement question de l’objectivité. Plus précisément: de cette forme de l’objectivité si commune dans la presse d’information américaine, lorsque les articles juxtaposent les déclarations de uns et des autres sans permettre au lecteur de se faire une idée assez ferme, à défaut d’être sûre, de la réalité des faits.

La formule «he said, she said» («il a dit, elle a dit», qui accompagne chaque citation) a effectivement pour objectif d’attribuer à chacun des interlocuteurs du journal la responsabilité de sa vision des faits et de ses opinions. Elle laisse souvent le lecteur dans le flou. Qui doit-il croire, que doit-il comprendre? L’équilibre entre les deux sons de cloche est assuré, mais il peut être trompeur.

Au début des années 1970, un article remarqué de l’American Journal of Sociology, par Gaye Tuchman, parlait de l’objectivité dans la presse comme d’un «rituel stratégique». Le présentation obligatoire de points de vue opposés en fait partie. L’usage systématique de citations entre guillemets, l’attribution claire de chacune d’elles à son auteur, l’apport de preuves factuelles appartiennent aussi à ces rituels. Ils contribuent à la construction d’une objectivité qui risque de s’apparenter à un trompe-l’œil.

La notion d’objectivité en journalisme est exposée, et même vulnérable à la critique.

 
Pour lire la suite sur La page du médiateur, cliquer ici

Les commentaires sont fermés.