15/12/2014

L'objectivité journalistique: une chimère?

Retour sur le récent bilan de Margaret Sullivan, médiatrice du New York Times. Outre la question des sources anonymes, évoquée ici dans un précédent billet, il y est furtivement question de l’objectivité. Plus précisément: de cette forme de l’objectivité si commune dans la presse d’information américaine, lorsque les articles juxtaposent les déclarations de uns et des autres sans permettre au lecteur de se faire une idée assez ferme, à défaut d’être sûre, de la réalité des faits.

La formule «he said, she said» («il a dit, elle a dit», qui accompagne chaque citation) a effectivement pour objectif d’attribuer à chacun des interlocuteurs du journal la responsabilité de sa vision des faits et de ses opinions. Elle laisse souvent le lecteur dans le flou. Qui doit-il croire, que doit-il comprendre? L’équilibre entre les deux sons de cloche est assuré, mais il peut être trompeur.

Au début des années 1970, un article remarqué de l’American Journal of Sociology, par Gaye Tuchman, parlait de l’objectivité dans la presse comme d’un «rituel stratégique». Le présentation obligatoire de points de vue opposés en fait partie. L’usage systématique de citations entre guillemets, l’attribution claire de chacune d’elles à son auteur, l’apport de preuves factuelles appartiennent aussi à ces rituels. Ils contribuent à la construction d’une objectivité qui risque de s’apparenter à un trompe-l’œil.

La notion d’objectivité en journalisme est exposée, et même vulnérable à la critique.

 
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01/12/2014

Droit à l'oubli: le débat est ouvert

Le droit à l’oubli fait débat. A l’origine, l’enjeu est de s’abstenir de rappeler sans une raison impérative le passé d’une personne ayant eu maille à partir avec la justice ou s’étant illustrée par des attitudes contraires à l’honneur. Les journalistes y sont souvent confrontés. La réponse passe nécessairement par une recherche d’équilibre entre les droits de cette personne et l’intérêt du public à connaître les faits, même longtemps après qu’ils se sont produits.

Le développement de l’Internet a conféré cependant au droit à l’oubli une nouvelle dimension, à la fois dans l’espace et dans le temps. Les moteurs de recherche, à partir des seuls nom et prénom d’une personne, révèlent à quiconque et dans l’instant ce qui a été un jour publié à son sujet.

Un arrêt de la Cour de justice européenne du 13 mai 2014 a relancé la discussion, aussi bien dans les cercles juridiques que dans les milieux journalistiques. Il fait obligation aux moteurs de recherche de supprimer de leurs listes de référencement, à la demande des intéressés, des données personnelles considérées comme inadéquates, non pertinentes, excessives ou obsolètes. Il est d’ailleurs davantage question aujourd’hui d’un droit à l’effacement, à la « non-évocation » ou encore à la « désindexation ».

C’est ce qui ressort notamment d’une journée d’étude organisée fin novembre à l’université de Lausanne par le Centre du droit de l’entreprise (Cedidac), avec la participation de plusieurs juristes spécialisés.

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