25/06/2015

L'oeil critique des lecteurs

Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux n’y changent quasi rien. Le débit des lettres lecteurs est à peine moins élevé qu’autrefois. Les plis postaux, les lettres manuscrites déposées à la réception des journaux se sont raréfiés. Les envois empruntent pour la plupart les voies ultrarapides des messageries électroniques. Ils continuent d’affluer, visant une parution dans les éditions papier. A l’ancienne, en somme.

L’attention portée par les journaux aux lettres de lecteurs est une très vieille histoire. Dans la presse anglaise du dix-huitième siècle, une place leur est déjà faite. Il y est question des affaires publiques, de l’évolution des mœurs, de l’éducation. Les journaux servent alors d’écho aux conversations menées dans les cafés. Le Guardian en organise le flux. Une boîte aux lettres est apposée sur un mur du café Button’s. Elle a l’aspect d’une tête de lion. Les lecteurs déposent dans sa gueule les messages destinés au journal.

La tradition subsiste. Peu de journaux ou de magazine se privent d’un courrier des lecteurs. Les quotidiens régionaux des cantons lémaniques ne font pas exception. La démonstration est quotidienne: le cours est loin de s’assécher. Lorsque l’habitude existait de procéder à des enquêtes de lecture, le courrier des lecteurs appartenait régulièrement au groupe des rubriques les plus fréquentées.

Le médiateur est très souvent interpellé sur les messages déposés en ligne sur les versions électroniques des journaux. En particulier sur l’action des modérateurs, dénoncée comme laxiste ou, au contraire, comme éprise de censure. Il l’est plus rarement sur la gestion courrier des lecteurs dans sa version papier.

Le hasard veut qu’à quelques jours d’intervalle, il le soit par deux lecteurs. L’un est en délicatesse avec la rédaction de 24 heures. L’autre avec celle de la Tribune de Genève.

 
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