15/07/2015

Rencontres d'Arles: les photographes enquêtent aussi

Au cours de l’été 1981, le photographe français Raymond Depardon envoie chaque jour de New York une photographie à Libération. En une image et quelques lignes, pendant un mois, Depardon capte une situation de sa vie urbaine, une chose vue. Au fil des jours, ce journal d’un regard restitue en creux le portrait d’une ville.

La série fait partie de la collection de la Maison européenne de la photographie. Une éblouissante sélection en est présentée à Arles, en association avec les Rencontres de la photographie de cette année, première édition de leur nouveau directeur Sam Stourdzé (la Chapelle Saint-Martin du Méjan et le Capitole). Le journal de Depardon pourrait servir d’introduction aux Rencontres elles-mêmes, au moins à l’une de ses sections majeures, «Les plateformes du visible», qui cerne de nouvelles approches documentaires.

L’image occupe une place croissante dans l’information, jusque dans les colonnes de  journaux traditionnellement destinés aux élites. La photographie documentaire actuelle tend à déborder le rôle d’appoint au texte, ordinairement reconnu à l’illustration de presse: image informative ou image symbolique. Elle intègre de manière pleine et assumée la démarche journalistique. Non seulement le reportage, qui lui sied depuis toujours, mais aussi l’enquête. Elle tend à se suffire à elle-même. De courtes légendes explicatives mettent les photographies en contexte, désignent au besoin les acteurs. C’est l’image qui donne le sens.

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02/07/2015

La honte promise au médiateur jusqu'à la tombe!

La photocopie d’un hommage rendu par Martine Brunschwig Graf à Pierre Weiss, disparu peu auparavant, parvient au médiateur. L’article est paru dans Le Temps. Il est accompagné d’une lettre personnelle.

Ancienne conseillère d’Etat, Martine Brunschwig Graf a bien connu le défunt, actif député au Parlement genevois, dernier président du Parti libéral suisse. Dans son éloge, elle énumère ses nombreuses publications. Elle choisit de citer quelques lignes d’un billet publié fin 2008 par Pierre Weiss sur son blog «Par amour de la liberté», attaché à la plate-forme de la Tribune de Genève.

Ce billet est intitulé «Les corbeaux aiment les blogs». Sur la photocopie, un passage est marqué au feutre jaune. Le voici:
«L’animal favori de trop de blogueurs, encouragés par des médias soucieux d’audience, de «hits», fait des ravages. Se cachant derrière des pseudonymes indignes d’une démocratie, ceux-là utilisent la liberté de parole sans la moindre responsabilité pour les propos tenus.»

Pourquoi marquer ces propos en jaune? Rien ici qui dérange le médiateur. Au contraire.

 
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