03/11/2015

Délinquants et criminels protégés par les médias?

L’anonymat assuré par les médias à des délinquants et criminels n’en pas finit de susciter la perplexité ou l’indignation. Il est compris par une partie de l’opinion publique comme une forme abusive de protection, assurée à des gens qui ne la méritent pas..

La réserve observée dans les premiers temps de la procédure judiciaire est ordinairement admise. L’ensemble des services de l’Etat sont censés respecter la présomption d’innocence du prévenu, avant le prononcé d’un jugement de condamnation. Le Tribunal fédéral a étendu cette obligation aux médias. Cela signifie que la présentation des faits et de leur auteur présumé ne doit pas créer dans le public la conviction d’une culpabilité. Or, la publication de l’identité d’un suspect peut suffire à l’établir dans l’esprit de beaucoup.

La déontologie des journalistes admet par ailleurs qu’une identité soit divulguée dans certains cas: l’exercice par le suspect d’un mandat politique ou d’une fonction dirigeante, si un lien est établi entre la fonction et l’affaire sous instruction; la notoriété de la personne impliquée, si une relation existe entre les causes de cette notoriété et le délit ou le crime relaté; le risque de confusion avec un tiers; un intérêt public prépondérant.

En dehors de ces situations, les médias ne publient donc pas l’identité d’un suspect. Ils le désignent par tout autre moyen propre à conduire le récit des faits, sans permettre toutefois son identification par quiconque n’appartenant pas à son entourage familial, social et professionnel.

Après une condamnation, la perspective change. Plus question d’invoquer la présomption d’innocence. S’y substituent la préservation des chances de réinsertion sociale du condamné et la protection de ses proches, qu’une identification publique risquerait d’associer dans l’opprobre. De tels arguments ne sont pas négligeables.

Un lecteur de Chernex-sur-Montreux met en cause la persistance de l’anonymat, ainsi que ses modalités.

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