17/11/2015

Médias et violence: un autre Glucksmann

André Glucksmann est mort le 9 novembre à Paris. Philosophe de l’indignation, donc – titre plus pertinent que le creux «nouveau philosophe». Les hommages sont allés à l’homme qui pense et s’engage, orienté par des valeurs, non selon les indications tremblotantes d’une boussole politique. Sa vie publique est jalonnée d’éclats. Ils ont marqué les mémoires.

Lit-on encore ses essais ? Le Discours de la guerre (1968), son premier ouvrage?  La cuisinière et le mangeur d’hommes (1975), son livre le plus connu rédigé après la lecture de L’archipel du goulag de Soljenitsyne? On l’ignore. On s’en voudrait d’omettre, ici et maintenant, le Glucksmann des débuts, agrégé de philosophie issu de l’Ecole normale supérieure, le Glucksmann d’avant Mai 68.

Au cours des années 60, le jeune philosophe rédigea un «Rapport sur les recherches concernant les effets sur la jeunesse des scènes de violence au cinéma et à la télévision». Il s’agissait d’une note de synthèse sur des études déjà effectuées par d’autres, non d’une enquête ou d’un réflexion personnelle. Un travail engageant rigueur et méthode. Destiné au ministère français de la jeunesse et des sports, le document traitait de la violence «ordinaire», pour autant que le qualificatif convienne. Il ne s’attachait pas en particulier aux actes de terrorisme.  

Le rapport fut publié en 1966 dans la revue Communications, qui convoquait à propos des médias et des communications de masse une pléiade de penseurs de haut vol. Les fondateurs en furent Roland Barthes, Edgar Morin et Georges Friedmann.

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03/11/2015

Délinquants et criminels protégés par les médias?

L’anonymat assuré par les médias à des délinquants et criminels n’en pas finit de susciter la perplexité ou l’indignation. Il est compris par une partie de l’opinion publique comme une forme abusive de protection, assurée à des gens qui ne la méritent pas..

La réserve observée dans les premiers temps de la procédure judiciaire est ordinairement admise. L’ensemble des services de l’Etat sont censés respecter la présomption d’innocence du prévenu, avant le prononcé d’un jugement de condamnation. Le Tribunal fédéral a étendu cette obligation aux médias. Cela signifie que la présentation des faits et de leur auteur présumé ne doit pas créer dans le public la conviction d’une culpabilité. Or, la publication de l’identité d’un suspect peut suffire à l’établir dans l’esprit de beaucoup.

La déontologie des journalistes admet par ailleurs qu’une identité soit divulguée dans certains cas: l’exercice par le suspect d’un mandat politique ou d’une fonction dirigeante, si un lien est établi entre la fonction et l’affaire sous instruction; la notoriété de la personne impliquée, si une relation existe entre les causes de cette notoriété et le délit ou le crime relaté; le risque de confusion avec un tiers; un intérêt public prépondérant.

En dehors de ces situations, les médias ne publient donc pas l’identité d’un suspect. Ils le désignent par tout autre moyen propre à conduire le récit des faits, sans permettre toutefois son identification par quiconque n’appartenant pas à son entourage familial, social et professionnel.

Après une condamnation, la perspective change. Plus question d’invoquer la présomption d’innocence. S’y substituent la préservation des chances de réinsertion sociale du condamné et la protection de ses proches, qu’une identification publique risquerait d’associer dans l’opprobre. De tels arguments ne sont pas négligeables.

Un lecteur de Chernex-sur-Montreux met en cause la persistance de l’anonymat, ainsi que ses modalités.

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