17/03/2016

Cisjordanie: à l'école de la rectification

L’édition du Matin du 24 février a publié dans sa rubrique «Le monde en images» une photographie accompagnée d’une légende fautive. La même photographie et la même légende ont été reprises dans l’édition web du journal, le même jour.

Dans cette histoire, rien n’est anodin. La photographie montre une douzaine d’enfants assis sur des chaises, en plein air. Ils sont placés devant un drapeau palestinien, planté dans ce qui ressemble à la sortie au sol d’une gaine technique. Ils écoutent une jeune femme voilée au visage découvert.  Derrière eux, un peu plus loin, des constructions de fortune, genre bidonville. A l’arrière-plan, sur une crête, la silhouette d’une bourgade.

Placée sous le titre «A rude école», la légende dit ceci: «Cisjordanie. Leur salle de classe ayant disparu sous les bombes lors d’un raid de l’aviation israélienne, c’est en plein air que ces jeunes Palestiniens suivent leurs cours à Al-Azariya».

L’image est portée au crédit de l’Agence France-Presse (AFP)  et d’un photographe nommé Ahmad Gharabli.

En soi, elle interroge. Pourquoi des enfants dépourvus de tout matériel scolaire? Ils semblent réunis en vue d’une photo de classe plutôt que pour un cours. Pourquoi une institutrice sans le moindre support d’enseignement?  La destruction de l’école peut tout expliquer. Mais pourquoi la présence des couleurs palestiniennes? S’agit-il d’une « tranche de vie » en territoire cisjordanien ou d’une mise en scène de propagande?

C’est pourtant la légende qui pose le problème le plus aigu.

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03/03/2016

De quoi la schizophrénie est-elle le nom?

Maladie mentale, la schizophrénie représente pour qui en souffre un lourd handicap. Elle se caractérise par une désorganisation psychique qui se manifeste par l’ambivalence des pensées et des sentiments. Elle se traduit par une conduite paradoxale. Elle entraîne une perte de contact avec la réalité et un repli sur soi. Par ses symptômes, des crises, elle est porteuse d’inquiétude pour l’entourage familial et social.

Comme l’ensemble des maladies mentales, elle est loin d’être partout traitée dans le monde à hauteur de sa gravité, ni même reconnue. Tous les pays n’offrent pas aux malades les soins de médecins et d’établissements spécialisés. Loin de là. La schizophrénie, selon les temps et les régimes, a souvent servi de commode passeport pour des asociaux et des dissidents politiques, envoyés dans des camps ou maintenus sous régime pénitentiaire.

En quoi cette triste réalité concerne-t-elle les médias? En premier lieu au titre de leur devoir de vigilance envers les abus de pouvoir et de défense des droits de l’homme. Il ne s’en sont pas privés à l’époque du goulag. Leur attention a été plus inégale par la suite, en d’autres régions de la planète où le déni de la maladie mentale est largement partagé.

Concernés, les médias le sont aussi par l’usage du terme «schizophrénie» qui est couramment le leur. Diverses études internationales démontrent  que le discours de la presse suscite une stigmatisation de la maladie capable d’influencer les politiques de santé et les soutiens privés.  Les médias tendent par ailleurs à la banaliser en lui attribuant un sens métaphorique,  contribuant ainsi à une incompréhension.

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