21/06/2016

Rectification et précision: mode d'emploi

Aucun journaliste ne saurait prétendre à l’infaillibilité. Dans l’exercice du métier, le risque d’erreur est permanent. Il peut être dû aux circonstances, à la complexité d’une situation, aux dérobades de certains acteurs. Il peut l’être bien entendu à des défaillances professionnelles, à un travail précipité ou bâclé. Le constat en a déjà été plus d’une fois établi sur la Page du médiateur. Il appartient dès lors au journaliste de corriger ses erreurs aussitôt qu’il en a connaissance. Un journalisme de qualité se signale par la faculté de reconnaître les manques et de rétablir sans attendre la vérité des faits.

Ce qui s’applique au journaliste s’étend à son organisation. Les médias ne sont pas moins concernés. La frontière est souvent floue entre les fautes des journalistes, qui sont individuelles, et les défauts des médias, qui sont collectifs et structurels: vulnérabilité aux pressions du milieu social et économique, soumission aux lois de la concurrence, incitation à accélérer la circulation de l’information. Les médias sont aujourd’hui confrontés à l’exigence indépassable d’immédiateté, qui appartient à l’ADN de l’internet et des réseaux sociaux.

Votre médiateur est régulièrement saisi de réclamations portant sur la relation des faits. Les plaintes ne dénoncent pas forcément des erreurs. Elles signalent aussi des imprécisions. Le traitement en est distinct.

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06/06/2016

Proche-Orient: victimes ou agresseurs?

Quelle réponse apporter aux lecteurs qui se plaignent de déformations systématiques dans la relation des faits? Et le plus souvent les dénoncent comme délibérées?

«This is the column I never wanted to write»: voici la chronique que je n’ai jamais voulu écrire. C’est par ces mots que la médiatrice (public editor) du New York Times, Magaret Sullivan, commençait l’une de ses dernières chroniques de l’année 2014. Elle revenait sur l’été sanglant dans la région de Gaza. Elle traitait, inévitablement, des reproches adressés à la rédaction du Times de manquer d’impartialité dans ce conflit.

La lecture de sa chronique apportait de nombreuses confirmations quant à la difficulté à convaincre de la bonne foi d’une rédaction des lecteurs qui se sont fait une fois pour toute leur opinion. Il n’est pas aisé de plaider le respect des règles professionnelles par les journalistes et leur recherche de l’impartialité dans la couverture de situations gangrénées par la propagande.

Votre médiateur ne pouvait manquer de se reconnaître alors dans les embarras de son homologue newyorkaise. Au cours du même été 2014, il a été confronté à des réactions analogues, sous forme de lettres de lecteurs, de commentaires en ligne sur le Web ou de messages personnels.

Depuis lors, les choses n’ont guère changé. Le médiateur (readers’ editor) du quotidien britannique The Guardian, Chris Elliott, fait état de semblables accusations. Le conflit entre Israël et la Palestine appartient aux sujets qui provoquent le plus grand nombre de réclamations. Elliott relève que la plupart des plaintes émanent de partisans d’Israël, qu’il s’agisse de personnes privées, de groupes de pression ou des services de l’ambassade d’Israël à Londres.

Il signale cependant un changement significatif. Depuis la multiplication des agressions contre des sujets israéliens, commises par des Palestiniens utilisant des couteaux, des armes à feu ou des véhicules, ce sont pas les articles qui font l’objet principal de critiques, mais leurs titres. Selon un attaché de presse de l’ambassade d’Israël, les titres opèrent un renversement systématique: l’agresseur est présenté comme une victime.

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