11/10/2016

Les démentis restent ouverts à la critique

L’insertion dans les colonnes d’un journal d’une rectification ou d’une précision permet de retoucher une information incorrecte ou incomplète. Elle est l’affaire de la rédaction, qui prend sur elle d’opérer la correction (voir la Page du médiateur, 21 juin 2016).

Le démenti est d’une autre nature. Il s’impose de l’extérieur. L’initiative en est prise par une personne, une entreprise ou une institution mêlée à une affaire traitée par les médias. La présentation des faits est contestée, d’éventuelles accusations sont déclarées sans fondement.

Le démenti  peut intervenir à tout moment. Il est souvent intégré à l’exposé même des faits. Le journaliste est tenu par sa déontologie d’entendre avant toute publication une personne faisant l’objet de reproches graves. C’est donner à cette dernière la possibilité de se défendre, voire de dénier tout motif à de tels reproches. Sa position doit être alors reproduite «de manière loyale» dans le même récit médiatique.

Il existe des exceptions: si les reproches proviennent de sources officielles publiques – par exemple, de jugements de tribunaux; si les reproches et la réaction de la personne ont été déjà portés à la connaissance des lecteurs – la réaction de l’intéressé ne pourrait cependant se voir escamotée dès lors que les reproches eux-mêmes seraient rappelés; si un intérêt public prépondérant le justifie.

Il n’est pas rare néanmoins qu’une rédaction reçoive un démenti après publication. Par exemple, lorsque l’audition requise de la personne mise en cause n’a pu avoir lieu. Ou qu’un acteur autre qu’elle se sent également visé. Ou encore qu’il y a eu négligence ou trop prompt recours à la notion d’intérêt public prépondérant. Il convient alors d’en faire état publiquement, de manière non moins loyale. Dans certains cas, la parution d’une lettre de lecteur peut convenir.

Cette ouverture à l’information contradictoire n’interdit pas à un média de maintenir ses informations, pour autant que ses sources soient sûres. Elle ne lui interdit pas non plus de soumettre le démenti à la critique.

Pour lire la suite sir la Page du médiateur, cliquer ici.

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