14/11/2016

Les médias, cible à découvert

Cela n’a pas manqué. Aussitôt connu le résultat de l’élection présidentielle américaine, les snipers du nouveau populisme ont rempli les chargeurs*. La cible s’offre, désarmée, en plein champ de tir. La cible?

Là-bas, ce sont les grands médias proches des élites. D’emblée portés par un courant critique envers Donald Trump. Des quotidiens de renom comme le New York Times ou le Washington Post, qui se sont illustrés pourtant dans le passé par leur indépendance et leur courage: la publication des Papiers du Pentagone, à l’époque de la guerre du Vietnam; l’enquête sur le Watergate, qui poussa le président Richard Nixon à la démission.  Les principales chaînes nationales de télévision aussi. Dans leur sillage, deux cent journaux ont soutenu Hillary Clinton, six seulement le futur vainqueur, selon un décompte du site Politico.

Ici, ce sont en première ligne les journaux  les plus profilés en matière de politique étrangère qui sont prévenus de partialité, et la radio-télévision de service public.

 Pour expliquer la victoire de Donald Trump s’impose partout l’opposition à une mondialisation défendue par les classes supérieures de la société et une majorité des milieux intellectuels (l’establishment), escortées par le courant dominant dans les médias. Cette mondialisation est créatrice d’inégalités. Les nouveaux populistes s’en sont emparés. C’est électoralement payant.

C’est aussi un jeu auquel les médias perdent à tous les coups.

Hillary Clinton mène dans les sondages. L’explication est simple: les médias faussent le jeu démocratique, ils cherchent à influencer le scrutin par leurs informations biaisées. Ils manipulent. Trump ne s’est pas privé de recourir à de tels arguments au cours de la campagne.

Donald Trump est vainqueur. Changement de décor. L’explication est toujours aussi simple: les médias vivent en décalage par rapport à l’opinion, ils sont incapables de la sentir, et donc de l’exprimer. Ils sont mauvais. Les médias américains n’ont d’ailleurs pas tardé à faire l’aveu spontané de leurs égarements, de leur manque d’écoute. De la contamination de leurs observations des réalités américaines, surtout, par leur conviction qu’une élection du milliardaire tonitruant serait simplement impensable.

Excès de contrition?

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