07/12/2016

Les sondages d'opinion soumis à des coups de sac

Le printemps a fait surgir le Brexit des urnes britanniques et l’automne a été chaud. Election de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. En France, écrasante victoire de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite et du centre. En Suisse, comme en catimini dans le brouhaha ambiant, un vote populaire sur la sortie de l’énergie nucléaire pas conforme aux sondages, et notamment à l’enquête d’opinion réalisée par Tamedia.

Les enquêtes sur l’électorat sont partout soumises à d’énergiques coups de sac. La démocratie aurait-elle mal à ses sondages? Fournies après coup, les explications les plus pertinentes, ou les plus probables, ne suffisent pas à convaincre. L’opinion publique est habitée par une incrédulité croissante. Cela ne l’empêche pas de guetter en chaque occasion les résultats délivrés par les instituts spécialisés, relayés par les médias.

L’oubli qu’un sondage n’est pas un oracle est tenace. Un sondage ne prédit rien. Il n’est que la photographie de l’état de l’opinion à un moment donné. L’indication systématique par les sondeurs d’un intervalle de confiance vise à relativiser le résultat chiffré. Elle est mal perçue et augmente le doute lorsque la marge est allègrement enjambée.

La photographie proposée par les sondeurs n’a pas la précision des nouveaux appareils digitaux. Une enquête d’opinion dépend de divers facteurs, dont la prise en compte varie selon les techniques et procédures utilisées.

L’idéal serait que l’échantillon défini corresponde exactement à l’univers concerné. Il serait aussi que chaque réponse soit à la fois sincère et assurée: la personne questionnée dit effectivement ce qu’elle pense; et ce qu’elle dit, elle l’exprime ensuite dans l’urne.

Or, les sondeurs savent depuis longtemps que des gens taisent leurs inclinations pour certains candidats, partis ou projets, stigmatisés à tort ou à raison par la majorité des médias. Ils essayent de corriger les distorsions, sans toujours y parvenir.

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