05/04/2017

Des Noirs, dealers au coin des rues

Voilà une lectrice mécontente! Elle ne l’envoie pas dire au dessinateur Herrmann, de la Tribune de Genève. Elle glisse sous enveloppe la coupure d’un dessin récent sur la vente de cannabis légal, assortie d’un double commentaire: «Pourquoi le dealer est-il forcément noir? Et s’il n’y avait pas tant de clients blancs?» Le dessin applique en effet cette répartition des rôles.

Faut-il y voir un indice de racisme? Gérald Herrmann s’en défend. «C’est très exactement la deuxième fois que je désigne un dealer en représentant un Noir». La vente de cannabis et autres stupéfiants au coin des rues n’est pourtant pas un sujet rare. Hermann lui a déjà consacré plusieurs de ses dessins quotidiens.

Chacun sait que s’ils vivent ou vivotent de leur trafic, les revendeurs de drogue n’en sont pas les principaux exploitants. Ils sont les instruments de gros trafiquants, selon des filières liées à leurs origines : aux Maghrébins  le cannabis, aux Albanais l’héroïne, aux Africains de l’Ouest la cocaïne. Cette répartition reste toujours d’actualité, confirme un porte-parole de la police, sans exclure une part de diversification. Du coup, en attribuant à des Noirs la revente de cannabis, fût-il illégal, le dessin allègerait plutôt la charge.

Les collaborateurs de la Tribune de Genève sont les témoins quotidiens du petit trafic qui, dès la fin du jour, se déroule sur le tronçon de la rue des Rois longeant le cimetière et dans des rues avoisinantes. Ils observent de temps en temps des interventions de policiers. Tous les revendeurs du quartier, au su et au vu de ses habitant ou des passants, sont des Noirs. Cette réalité devrait-elle être occultée?

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