29/08/2017

Presse lémanique: le temps des regroupements

Les restructurations annoncées dans la presse lémanique interrogent. Quelle issue au regroupement du Matin et de 20 Minutes? Quelle identité genevoise pour La Tribune, dont une partie de la rédaction travaillera à Lausanne dans une unité commune, partagée avec 24 heures et Le Matin Dimanche?

La migration impliquera les rubriques internationale et suisse, les sports et l’économie, un cinquième de l'effectif du journal genevois, selon la direction romande de Tamedia. L’ancrage de la rubrique suisse à Lausanne était déjà acquis au sein d'Edipresse, avant même la vente au groupe zurichois.

A ce jour, les incidences du déménagement sur le travail de terrain ne sont pas connues avec précision. Sous quelles conditions s’effectueront la recherche et l’élaboration des informations au jour le jour? L’incertitude ne contribue pas à dissiper le malaise au sein du quotidien genevois. A Lausanne, les effets des transferts rédactionnels touchant 24 heures seront amortis par la proximité.

Le basculement est assez sensible pour que des inquiétudes et des critiques envers l'éditeur s’expriment sur les réseaux sociaux. Il en est qui arrivent jusque sur le bureau du médiateur. Cela avait été le cas déjà en automne 2016, quand Tamedia avait annoncé des licenciements dans les rédactions de la Tribune de Genève et de 24 heures.

L’impression d’ensemble n'est-elle pas cependant davantage d’indifférence ou de résignation? Cela serait plus inquiétant encore pour la presse écrite.

Le médiateur interpellé? Un rappel s’impose, tant le malentendu est tenace. Le médiateur n’est pas, et n’a jamais été, une instance de conciliation ou d’arbitrage interne. La politique d’entreprise n’est pas son affaire. Son rôle est de servir d’intermédiaire entre les lecteurs et les rédactions. Il est voué par Tamedia au «traitement des réclamations contre les contenus rédactionnels (en texte ou en image) de ses journaux et magazines ainsi que de ses médias en ligne».

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09/08/2017

Des festivals de journalisme vraiment festifs?

L’été est la saison des festivals et des rencontres. De musique, de théâtre, de photographie… Et même de journalisme. C’est plutôt inattendu. Les premières initiatives sont nées en Italie, à Pérouse en 2006, à Ferrare l’année suivante.

L’idée est de mettre en débat les enjeux et les pratiques du métier, non pas entre soi, mais en présence d’un public accueilli en libre accès, grâce au soutien des collectivités locales et de parrainages.

Elle essaime partout. Début juin s’est tenu pour la première fois en Angleterre, dans l’East Sussex, un Byline Festival, largement dévolu au journalisme et à l’information. Cet été, deux rencontres ont eu lieu en France. La première à Autun – un Rendez-vous de juillet organisé par les revues XXI et 6 mois, fondées par l’éditeur Laurent Beccaria. La seconde à Couthures, dans le Sud-Ouest, deuxième édition du Festival international du journalisme vivant.

Dans un article paru dans Le Monde du 27 juillet, Alexis Delcambre relève que les festivals les plus récents se situent «à la confluence de trois tendances».

La première est suscitée par une industrialisation de l’information qui réduit nombre de ses agents à s’effacer derrière le rôle que leur attribue le système médiatique. Elle est de permettre un contact direct, de personne à personne, entre le public et des journalistes qui parlent de leur métier – d’où la notion de «journalisme vivant».

La deuxième, plus constante mais aussi plus pressante que jamais, est de s’interroger sur l’information en démocratie. Question posée à Autun: faut-il brûler les journalistes?

La troisième est une autre conséquence des bouleversements imposés par l’Internet à la circulation des informations et des opinions. Elle tient à la recherche par les médias d’information, traditionnels aussi bien que numériques, des moyens de s’assurer la fidélité de leurs lecteurs et utilisateurs. L’enjeu est de les constituer en communauté, plutôt qu’en audience diffuse et volatile, et d’assurer ainsi leur propre survie.

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