16/10/2017

Et si l'entraîneur de foot avait été un prêtre?

La Tribune de Genève a fait grand cas d’un entraîneur de football, qui usa d’un subterfuge et de menaces pour contraindre des garçons âgés de 12 à 16 ans à subir des actes sexuels. Dès l’ouverture du procès, un prêtre romand a fait parvenir une lettre à la rédaction du journal.

« L’article de ce jour (…) concernant l’entraîneur de foot et ses “actes d’ordre sexuel” sur des mineurs ne contient pas une seule fois le terme de “pédophile” ou de “pédophilie”.

«Je me permets de demander à votre journaliste combien de fois ces termes seraient apparus – jusque dans le titre – s’il s’était agi d’un prêtre et non d’un entraîneur de foot. Ce deux-poids deux-mesures ne devrait plus avoir droit de cité dans nos médias. Cela contribue à la sous-pénalisation de ces actes immondes commis sur les plus jeunes, qui devraient être les plus protégés.»

La réponse de la journaliste tient en quelques mots: la qualification de «pédophile» n’est pas utilisé dans l’article, car le prévenu n’est pas considéré comme tel par un expert psychiatre requis par le tribunal. Les chroniqueurs judiciaires cherchent ordinairement à respecter la terminologie utilisée dans les expertises autant que dans l’acte d’accusation.

Notre correspondant regrette que cette précision n’ait pas figuré dans l’article. Elle aurait épargné au journal sa propre réaction, mais elle «en aurait amené un wagon d’autres, j’imagine, tant cela semble inconcevable…» A noter que Le Matin a parlé d’un «entraîneur de foot pédophile» en titre d’un entrefilet.

Il est probable que l’avis de ce prêtre est partagé par un certain nombre de lecteurs.

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