31/10/2017

Plus de 400 morts et disparus, et alors?

Le samedi 14 octobre se produit au centre de Mogadiscio, capitale de la Somalie, un épouvantable attentat au véhicule piégé. Une semaine plus tard, le bilan est de 358 morts, 228 blessés et 56 disparus. L’attentat n’est pas revendiqué. Les autorités somaliennes l’attribuent aux Chabab, islamistes liés à Al-Qaida.

Plus de quatre cents morts et disparus à Mogadiscio, et alors? Dans ses éditions du lundi 16 octobre, la presse quotidienne lémanique payante traite l’événement avec une discrétion surprenante: sept lignes et une photographie sur une colonne dans la Tribune de Genève et 24 heures; une photographie de plus grande surface accompagnée d’une légende dans Le Matin.

L’information la plus ample, assortie de l’illustration la plus généreuse, se trouve ce lundi matin 16 octobre dans 20 Minutes. Impossible d’y échapper: «Carnage en plein cœur de la Somalie» occupe la plus grande place en première page. A l’intérieur du journal, l’attentat de Mogadiscio se voit accorder un espace substantiel. De quoi retoucher, pour le moins, quelques clichés sur la presse quotidienne gratuite.

Attentive pourtant à l’actualité internationale, La Liberté ne publie qu’une nouvelle minuscule. Sans surprise, Le Temps est le moins laconique, il reprend une dépêche de l’AFP d’une quarantaine de lignes. La part de l’attentat, le plus meurtrier de l’histoire de la Somalie, reste congrue.

Ce manque d'attention aurait suscité naguère des réactions de la part de lecteurs critiques ou indignés. Il aurait fallu recourir aux arguments classiques de la relativité des nouvelles selon l’abondance de l’actualité, du déclin de leur intérêt selon la distance, géographique ou psychologique, qui nous sépare des événements.

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