24/11/2017

La nationalité des suspects, une pomme de discorde

La police de la ville de Zurich innove. Dans ses communiqués, elle ne mentionne plus de manière systématique la nationalité des personnes qu’elle appréhende. Les amalgames sont courants entre l’origine des auteurs d’actes répréhensibles et la population immigrée. Ils conduisent à des généralisations, considérées comme propres à alimenter un discours de caractère raciste.

L’intention est louable. Mais est-ce vraiment la bonne solution? Les réactions à cette nouvelle orientation permettent d’en douter. Au-delà même de l’annonce par l’UDC locale du lancement d’une initiative contre cette «censure», plusieurs objections sont apparues. Le Temps en fait le tour (édition du 17 novembre).

Depuis 2000, des recommandations de la Conférence des commandants des polices cantonales prévoient la divulgation par les agents de police de la nationalité des personnes interpellées. Son secrétaire général Roger Schneeberger, cité par le journal, justifie la pratique au nom de la transparence: «Il ne faut pas cacher des informations à la population, au risque de renforcer les ressentiments». Il est en effet préférable de dire les choses, quitte à les expliquer, que de les taire et favoriser des rumeurs. Pour ne pas parler de la prolifération des théories du complot, plus encouragées que jamais sur les réseaux sociaux.

La pratique policière s’accorde sur ce point avec celle des journalistes, premiers porteurs des informations au public. Leur code de déontologie range parmi les discriminations «la désignation de l’appartenance ethnique ou nationale, de l’origine, de la religion, de l’orientation sexuelle et/ou de la couleur de peau». En particulier lorsqu’elle généralise des jugements de valeur négatifs et qu’elle renforce ainsi des préjugés à l’encontre des minorités. La disposition n’est pas sans nuance. Elle requiert une pesée des intérêts entre la valeur informative et la discrimination.

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