08/03/2018

Fake news: un combat perdu d'avance?

La nouvelle truquée (ou fake news) est perverse. Elle l’est à deux titres.

D’abord, parce qu’elle reprend les codes traditionnels du journalisme. Elle se donne donc les apparences d’une nouvelle ordinaire et avérée, dans l’intention de tromper. Au dire du sociologue Gérald Bronner, cela fonctionne très bien dans « la démocratie des crédules », titre d’un ouvrage paru en 2013.

Ensuite, parce qu’elle se formule en termes irréfutables, donc se dispense de toute démonstration. Elle vous met dans une situation impossible. Le philosophe Raphaël Enthoven, auteur du récent «Morales provisoires», le dit clairement dans un entretien au Matin Dimanche (28 janvier 2018): «Comment voulez-vous réfuter ce qui n’est pas démontré?» Par une affirmation péremptoire (exemple:  «la terre est plate») l’auteur s’abstient de prouver ce qu’il raconte. Du coup, il demande à son interlocuteur de prouver que « ce qu’[il] raconte est faux». Un déni ne suffit pas.

L’internet n’a pas créé les fausses nouvelles. Il en favorise la fabrication et en facilite surtout la diffusion. Tout internaute s’expose à leur caractère viral.

Les médias ne sont pas totalement immunisés non plus. Leurs procédures de contrôle sont parfois négligées.

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