01/04/2019

L'épopée des «gilets jaunes» sur Facebook

L’histoire se penchera un jour sur l’épopée des «gilets jaunes». La fiction pourrait en tirer un récit, comme le fit Charles Dickens des émeutes de Londres de 1780, dans Barnabé Rudge. A ce jour, des matériaux fourmillent sur les réseaux sociaux, fragments et images d’un événement en train de se produire.

Après deux mois de manifestations, une équipe d’enquête du journal Le Monde s’est intéressée aux contenus délivrés par quelques trois cents groupes liés au mouvement sur Facebook, dont 204 étaient encore ouverts au public le 22 janvier. Elle en a retenu les deux cents publications les plus partagées (édition du 6 février). En somme, “Gilets jaunes, saison 1”.

Les messages parmi les plus populaires portent au début principalement sur la dimension massive du mouvement, son organisation, le sentiment d’appartenance à une vision idéalisée du peuple, les appels à la solidarité. Une volonté de paralyser le pays y est explicite, mais relèvent les auteurs de l’enquête, «les appels à la violence ne sont pas populaires à l’échelle du mouvement».

A un imaginaire des ronds-points plutôt bon enfant s’oppose toutefois rapidement une autre vision: celle d’une «forteresse d’État» qui cherche à écraser la révolte à la façon d’une dictature. Des théories conspirationnistes apparaissent, à la suite des dégradations commises lors de manifestations. La faute en reviendrait à des policiers déguisés en casseurs, les voitures saccagées seraient des leurres, des véhicules sans immatriculation. Le recul de la mobilisation au fil des semaines serait dû à de prétendus barrages des forces de l’ordre sur les autoroutes.

Pour lire la suite sur la Page du médiateur, cliquer ici.

Les commentaires sont fermés.