03/06/2019

Le journalisme en voie d'extension

Le journalisme n’est plus ce qu’il était. Les journalistes s’interrogent. Ils ont mis un bon siècle à construire leur identité professionnelle. Une construction lente, passée par la constitution d’organisations, syndicats ou autres, reconnues par les employeurs, les pouvoirs publics, la société. Articulée sur un certain nombre de pratiques et de règles communes, sur des chartes de déontologie; en Suisse, la Déclaration des devoirs et des droits adoptée en 1972. Consolidée, enfin, par une attention plus soutenue à la formation professionnelle.

L’essor spectaculaire de l’Internet dans les premières années du vingt-et-unième siècle chamboule cet assemblage. Le public entre en jeu. Il ne se contente plus de recevoir des informations et des opinions, il ne s’en tient plus à des réactions (pour modèle, le courrier des lecteurs dans la presse traditionnelle). Il prend des initiatives, il agit, il propose. Il se manifeste sur les médias en ligne par ses commentaires, il occupe les réseaux sociaux, Facebook, Twitter ou YouTube.

Le ton change; il est plus vif, plus incisif, parfois vulgaire. L’expression de l’opinion se passe sans trembler d’argumentation; au fil des discussion, elle se débite à l’emporte-pièce, elle tourne rapidement à l’insulte. L’intérêt public n’est plus tenu par tout le monde pour un critère de publication; il est volontiers supplanté par l’affirmation de soi. Les citoyens ne partagent pas la même conception de l’information que les journalistes et le font savoir.

De fait, personne n’attend des blogueurs, ni des participants à des forums de discussion qu’ils assument ou partagent une quelconque mission du journalisme en démocratie. Ni qu’ils acceptent de mesurer leurs prestations à l’aune d’une déontologie propre au métier. Le malentendu est venu des premiers temps de la communication numérique, quand un enthousiasme irrépressible a promu le slogan «tous journalistes!»

La question reste cependant ouverte. Sur l’internet, qui est journaliste?

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