07/11/2019

Médias et justice: Sus aux intermédiaires!

On appelle ça la «désintermédiation». C’est un néologisme lourd, emprunté au langage économique et commercial. Il se traduit par la réduction ou la suppression des intermédiaires dans un circuit de distribution. Étendu aux institutions d’une démocratie, c’est un très vilain mot. Il renvoie à l’escamotage des intermédiaires dans la formation de la volonté politique, dans la circulation de l’information et des opinions et jusque dans les procédures judiciaires.

C’est cette «désintermédiation» que cible Olivia Dufour dans son récent livre «Justice et médias», dont le projet s’affiche en sous-titre: «La tentation du populisme» (LGDJ, Lextenso éditions). Elle prend au sérieux l’avertissement précoce du sociologue Dominique Wolton, dans «Informer n’est pas communiquer» (2009): «Il faut se méfier de ce qui est apparemment moderne et renforce le mythe d’une société “en direct” débarrassée d’intermédiaires».

Olivia Dufour est française, avocate de formation passée au journalisme. Elle collabore à la presse économique et juridique de son pays. Elle tient un blog, «La plume d’Aliocha», pseudonyme que ses activités à découvert ont rendu limpide, en particulier depuis la publication d’un livre sur l’affaire Kerviel (2012).

Elle situe l’origine du phénomène dans le monde rêvé de la Silicon Valley et la vision d’un citoyen appelé à «s’émanciper des corps intermédiaires pour enfin exister pleinement». Olivia Dufour se garde de disqualifier par principe les réseaux sociaux, qui font voie à l’expression de chacun. Mais elle rapproche leur faculté de constituer très rapidement des foules nombreuses et puissantes – et pas seulement virtuelles! – du fantasme de la disparition des intermédiaires.

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