01/06/2020

Experts en chœur antique, médias en moutons bêlants, vraiment?

Les médias romands ont-ils suivi le Conseil fédéral comme des moutons? Un aspect a focalisé l’attention: la place accordée aux experts scientifiques et médicaux convoqués pendant la crise du coronavirus.

Une étudiante de l’Académie du journalisme et des médias de l’Université de Neuchâtel s’interroge sur «le manque de variété des experts scientifiques interviewés». Pourquoi donc, sous réserve d’inventaire, cette impression laissée par les médias d’uniformité, sinon de conformité?

Le recours à des experts est fréquent dans le journalisme dès que l'actualité sort du champ de l'information politique et générale. La science et la médecine comptent parmi les domaines les plus concernés. Il suppose l’identification de personnes indépendantes, fiables et compétentes, en dehors des spécialistes en service commandé, médecins cantonaux ou fonctionnaires des divers offices de la santé publique.

Des considérations pratiques entrent en jeu. Il existe d'abord des scientifiques qui «passent bien» à l'antenne, alors que d'autres, non moins compétents, ont davantage de peine à vulgariser leurs connaissances. Ce sont les premiers que l’on rappelle et qui deviennent bientôt des familiers du public.

Certains spécialistes sont privilégiés aussi parce qu’ils se trouvent à portée des studios de télévision ou de radio: ils vivent ou travaillent à Genève et à Lausanne. Ou d’autres – ce sont ici les mêmes! – parce qu’ils représentent des institutions très importantes, en l'occurrence les HUG ou le CHUV. La RTS, pour ne parler que d’elle, a produit pourtant un effort méritoire pour s'écarter de l'Arc lémanique. 

L’appel à des experts s'inscrit dans le devoir fondamental du journaliste de rechercher la vérité. Rechercher la vérité? À l’émergence de notre Covid-19 personne ne pouvait prétendre à des connaissances sûres.

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