02/10/2020

Ces divulgations d'identité qui font mal

L’une des pratiques journalistiques les plus discutées tient à la divulgation publique du nom de personnes associées à l’actualité, sans que la mention ne s’en impose. Une vingtaine d’années de médiation de presse le montre, la jurisprudence du Conseil suisse de la presse le confirme. La protection de l’identité compte parmi les aspects sensibles du métier, avec la question centrale de la recherche de la vérité et le devoir d’entendre avant publication quiconque fait l’objet de reproches graves.

La déontologie journalistique s’est tôt préoccupée du respect de la vie privée. La Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, élaborée en 1971 par les fédérations et syndicats professionnels des six pays de la Communauté économique européenne de l’époque, inscrit ce respect au chapitre des devoirs.

Le texte européen sert de matrice à des chartes ou codes ultérieurs, dont la Déclaration adoptée dans notre pays l’année suivante. La formulation suisse introduit une nuance: «Respecter la vie privée des personnes, pour autant que l’intérêt public n’exige pas le contraire

La question de l’identification n’a pas manqué de s’inscrire parmi les aspects divers de la protection de la personne. Elle a fait l’objet d’une disposition particulière lorsque le Conseil suisse de la presse a décidé en 2000 d’ajouter à la Déclaration des Directives largement inspirées par l’état de sa propre jurisprudence et complétées par des codes développés ailleurs, en Allemagne et en Grande-Bretagne notamment.

Cette disposition a elle-même évolué avec le temps. Lors de son introduction, elle concernait l’identité de personnes mêlées de près ou de loin à des affaires judiciaires. Dans ce registre, les dommages sont évidents, capables de porter atteinte à la présomption d’innocence et de blesser des proches. L’expérience a incité le Conseil de la presse à étendre à chacun, en toute occurrence, la protection de sa vie privée.

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