17/12/2015

La vie du commerce et des produits

Remise d’un commerce de vin sur la Riviera vaudoise, l’été dernier. Son propriétaire souhaite que le quotidien 24 heures consacre un reportage à cette nouvelle étape. Il se voit opposer une fin de non-recevoir. A l’automne, il s’aperçoit qu’une cave voisine fait l’objet d’un article circonstancié, à la suite d’une modernisation de ses locaux. Il ne comprend pas. Il y voit un favoritisme inacceptable. Il demande au médiateur des explications et un reportage équivalent.

Le médiateur ne peut que transmettre les explications de la rédaction. Le quotidien vaudois présente chaque semaine une PME du canton. Le choix peut s’accorder à une actualité: un développement des activités, une extension, un déménagement, une modernisation… La rédaction choisit librement ses sujets et en assure la diversité. Ainsi, l’attention portée à une remise de commerce ne créerait aucun «droit» pour d’autres commerçants, quelle que soit leur domaine, qui déciderait un jour de remettre leur affaire.

Cela peut paraître arbitraire. C’est aussi une façon d’affirmer l’indépendance de la presse sur un terrain particulièrement délicat.

La démarche de la cave représente une exception. Le médiateur n’est pour ainsi dire jamais interpellé sur les relations entre l’activité journalistique et la vie du commerce. Depuis qu’il a pris sa fonction, c’est même l’un de ses étonnements. La presse parle de l’ouverture de nouvelles enseignes, du lancement de produits. Elle traite des mouvements de rachat, de fusions, de cessation d’activité. Elle suit d’une manière générale la marche des affaires.

Cette large couverture dissimulerait-elle une part de compromission? La question ne manque pas de se poser. Les plaintes auprès de Conseil suisse de la presse ne s’illustrent pourtant ni par le nombre ni par la fréquence. Pour s’en tenir aux démarches auprès du médiateur, le public ne semble pas en avoir cure.

Les journalistes y sont au contraire très sensibles (...)

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03/11/2015

Délinquants et criminels protégés par les médias?

L’anonymat assuré par les médias à des délinquants et criminels n’en pas finit de susciter la perplexité ou l’indignation. Il est compris par une partie de l’opinion publique comme une forme abusive de protection, assurée à des gens qui ne la méritent pas..

La réserve observée dans les premiers temps de la procédure judiciaire est ordinairement admise. L’ensemble des services de l’Etat sont censés respecter la présomption d’innocence du prévenu, avant le prononcé d’un jugement de condamnation. Le Tribunal fédéral a étendu cette obligation aux médias. Cela signifie que la présentation des faits et de leur auteur présumé ne doit pas créer dans le public la conviction d’une culpabilité. Or, la publication de l’identité d’un suspect peut suffire à l’établir dans l’esprit de beaucoup.

La déontologie des journalistes admet par ailleurs qu’une identité soit divulguée dans certains cas: l’exercice par le suspect d’un mandat politique ou d’une fonction dirigeante, si un lien est établi entre la fonction et l’affaire sous instruction; la notoriété de la personne impliquée, si une relation existe entre les causes de cette notoriété et le délit ou le crime relaté; le risque de confusion avec un tiers; un intérêt public prépondérant.

En dehors de ces situations, les médias ne publient donc pas l’identité d’un suspect. Ils le désignent par tout autre moyen propre à conduire le récit des faits, sans permettre toutefois son identification par quiconque n’appartenant pas à son entourage familial, social et professionnel.

Après une condamnation, la perspective change. Plus question d’invoquer la présomption d’innocence. S’y substituent la préservation des chances de réinsertion sociale du condamné et la protection de ses proches, qu’une identification publique risquerait d’associer dans l’opprobre. De tels arguments ne sont pas négligeables.

Un lecteur de Chernex-sur-Montreux met en cause la persistance de l’anonymat, ainsi que ses modalités.

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20/10/2015

Campagne électorale et casse-tête journalistique

Soirée d’élections fédérales, résultats à haut débit, bousculades devant les micros. Quelle tendance? Quelles surprises? Pourquoi cette progression, ce recul?

Au cours d’une campagne électorale, le premier souci du médiateur est de prêter attention à l’équilibre opéré par les rédactions entre les diverses forces politiques. De tendre l’oreille aux critiques publiques – bien qu’elles paraissent davantage portées à flatter les idées reçues qu’à se soucier de démonstration. Les cibles habituelles en sont les médias dominants, la rts et les grands journaux régionaux.

La tâche des quotidiens d’information politique et générale n’est pas simple en période d’élection. Quelle place réserver à l’appréciation éditoriale des enjeux, des propositions, des candidats, qui relève de la liberté de la presse? Comment concilier cette liberté avec la mission d’un journal régional d’assurer une information large et complète des citoyens? Cela tourne au casse-tête.

Une équité parfaite tiendrait de la quadrature du cercle. Toutes les formations politiques n’ont pas le même poids. Convient-il de distribuer l’espace rédactionnel accordés aux partis et à leurs candidats selon la force des représentations dans le parlement à renouveler? Ce serait favoriser le statu quo et escamoter la réalité du moment. De viser une absolue égalité entre les listes, voire les candidats? Cela risquerait d’estomper les différences entre envie de participer et expérience acquise, projets et réalisations, vision idéale et souci d’efficacité. De se contenter de relater les «faits de campagne»? Cela accroîtrait les effets de distorsions déjà inévitables: les candidats occupant des fonctions politiques ou sociales importantes sont naturellement favorisés, soutenus par le cours même de l’actualité.

 
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07/10/2015

Comment corriger et rectifier sur le Web

Voilà une interpellation intéressante! Dommage qu’elle ait pour auteur un internaute indéfectiblement attaché à son anonymat, qui ne s’exprime que sous un prénom – authentique assure-t-il. Surtout qu’il nous parle de transparence.

24 heures publie dans son édition du 15 septembre un article sur un projet d’amélioration de l’éclairage du parking du Marché à Montreux. Le même article est repris sur le site en ligne du quotidien. Il y est accompagné d’une illustration, légendée «La place du marché de Montreux, avec son parking». Pas de chance! La photographie montre le parking du marché de Vevey. Deux internautes réagissent. La rédaction remplace la mauvaise illustration par la bonne (...).

Rien que de très courant. Lorsqu’un journaliste s’aperçoit d’une erreur factuelle, ou que cette erreur lui est signalée, il se doit de rectifier dans les meilleurs délais. On ne le répétera jamais assez: un médias fiable n’est pas un média qui ne commet jamais la moindre erreur – il n’en existe tout simplement pas sur la planète. Un média assoit sa crédibilité en rectifiant une information erronée, en précisant une information défectueuses.

 

Cette procédure habituelle conserve-t-elle toute sa pertinence sur le Net? C’est la question que soulève notre internaute: «Tout comme dans le monde du logiciel, je suggère à la presse d’avoir un historique sur les changements qu’elle effectue». En d’autres termes: d’en assurer la traçabilité.

L’interrogation n’est pas inédite.

 
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08/09/2015

Crimes et criminels sur le Net

Pas d’angélisme! Les faits divers sanglants, les crimes, les attentats appartiennent depuis que la presse est presse au fond de commerce des journaux populaires. De nos jours, ils s’installent le plus naturellement du monde sur les réseaux sociaux. Le Web permet de substituer à l’information relayée par les médias traditionnels une communication directe et immédiate qui échappe à tout contrôle préalable.

Ce changement décisif est au cœur de récents débats. Le plus saillant a surgi à la suite du meurtre en direct d’une journaliste et d’un cameraman de télévision, dans l’Etat américain de Virginie. Cela s’est passé à la fin du mois d’août  lors d’une émission matinale, pendant une interview.

Les téléspectateurs n’ont pas été les seuls à voir les images du meurtre. La séquence a été largement reprise par des sites et des chaînes d’information. Ce n’est pas tout. L’auteur des coups de feu a tiré d’une main et filmé de l’autre. Il a diffusé après coup deux vidéos sur les réseaux sociaux: l’une montre son approche, pistolet au poing, l’autre les coups de feu ciblés.

Les plates-formes ont réagi, mais leur temps de réaction n’a pas été assez court pour empêcher le partage et la reprise des séquences. Quelle est leur valeur d’information? Quelles images diffuser au public? Faut-il restituer, par fidélité au document, l’intégralité d’une séquence?

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13/08/2015

Le maillot de bain de la discorde: quel emballement!

Dans les bagages, au retour de vacances, une histoire minuscule. Elle vient de France et n’a pas manqué de se faufiler déjà sur les réseaux sociaux et même de passer par quelques autoroutes de l’information.

 

Elle se déroule à Reims, dans le parc public Léo-Lagrange. Trois demoiselles prennent l’air, vêtues d’un short et d’un haut de maillot de bain. La tenue n’est pas très urbaine, mais elle est décente et de saison. Un groupe de jeunes filles passe à proximité. L’une d’elles s’indigne: «Allez vous rhabiller». Réaction immédiate de l’une des demoiselles apostrophées. Echange d’insultes. Cela tourne au crêpage de chignon. La police intervient.

Trois jours plus tard, dans son édition de fin de semaine, le journal local L’Union raconte l’incident. Il rapport les faits, non sans les nourrir d’un commentaire de son cru. De la jeune femme qui se rebiffe, il écrit qu’elle est «effarée par un tel comportement aux relents de police religieuse».

C’est aussitôt l’emballement sur les réseaux sociaux. L’Union a beau retirer de son site les quelques mots malheureux, la mèche est allumée. Le maire de Reims dénonce une agression «intolérable sur notre territoire». Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme en appelle à «des sanctions exemplaires». Le vice-président du Front national affirme sur son compte Twitter que la victime a été «lynchée car vivant à la française».

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11/06/2015

La sensation peut se glisser partout

«Le sensationnalisme est-il inhérent au métier de journaliste?» C’est la question que pose au médiateur une étudiante aux prises avec la rédaction d’un mémoire. Voilà le genre de question désagréable, qui met la profession sur les pattes de derrière. Il est difficile d’y répondre tout-à-trac.

Bernard Béguin, disparu il y a moins d’un an, propose dans son livre Journaliste, qui t’a fait roi? cette définition fine de la sensation: «L’escalade des stimulations qu’un journal croit nécessaire d’appliquer à l’épiderme de son public pour le faire réagir».

Cet ancien rédacteur en chef du Journal de Genève  signale la relativité de la notion. La sensation dépend du journal et de son projet rédactionnel. Elle dépend tout autant du public et de l’épaisseur de son épiderme.

Le choix et la présentation des nouvelles s’organisent autour de quatre principaux critères: leur actualité, leur intelligibilité (elles doivent être comprises), leur proximité (elles doivent être proches des intérêts du public), leur capacité de toucher les gens. La sensation se fraie un chemin dans cette suite. Elle apparaît comme le moyen le plus courant, sinon le plus légitime, d’assurer la réception de l’information par le public.

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07/05/2015

Rolling Stone: une enquête "bidon"

Ce n’est pas une histoire d’ici. Elle nous vient des Etats-Unis. Elle raconte un viol commis à l’université de Virginie. Le récit est publié par le bi-mensuel Rolling Stone, en novembre 2014. Plusieurs cas de viols sur les campus universitaires font alors grand bruit dans les médias. La rédactrice en chef du magazine entend se concentrer sur le cas, le décortiquer, l’ériger en exemple.

La journaliste chargée de l’enquête commence par prendre contact avec une association d’aide aux victimes de viol à l’université de Virginie. Elle rencontre une jeune femme prête à témoigner sous pseudonyme.

Le viol a pour contexte une fête entre étudiants. Jackie raconte. L’entretien n’est pas bâclé: la journaliste échange avec sa source à sept reprises, par téléphone et en direct. Elle croit fermement au récit de la jeune femme. Elle reçoit le soutien de sa rédaction en chef et de l’équipe des vérificateurs de faits du magazine. Le reportage paraît.

Problème: le récit est presque exclusivement fondé sur le témoignage de Jackie. Il suscite des réactions. La société d’étudiants organisatrice de la fête conteste les faits, la police n’est pas en mesure de confirmer. Ebranlée, la journaliste informe sa hiérarchie de ses doutes. Il semble qu’elle a été manipulée.

 
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27/03/2015

Rumeurs et scoop vendeur sur les collèges genevois

Un enseignant publie une lettre dans le courrier des lecteurs de la Tribune de Genève du 23 mars. Il revient sur les changements d’affectation de bâtiments scolaires, prévus au bout du lac par le Département de l’instruction publique. Il s’en prend à un éditorial du journal sur la gestion de ces projets. Libre à lui.

L’enseignant tire argument du traitement journalistique réservé à l’affaire. Il reproche à la Tribune de s’être fondée sur une rumeur. Tout en concédant d’emblée que celle-ci ne se trouve «certes pas à des lieues de la vérité» révélée plus tard. Il souligne que le quotidien a porté le sujet en première page par deux fois.

S’ensuivent quelques lignes assez vives: «Joli coup médiatique, vieux comme le journalisme. Ficelle classique du vendeur de journaux: chercher le scoop, donner crédit à une taupe, prendre de vitesse la vraie source et faire mousser le chaland.»

Diable! Le florilège justifie une revue de détail.

 
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09/02/2015

"Je n'ai pas dit ça!"

Cet habitant de Genève n’est pas content. Il s’est entretenu avec un journaliste de la Tribune de Genève et s’est retrouvé ensuite dans le journal. Il affirme que son interlocuteur ne l’a pas averti explicitement de la reprise d’une partie de ses réponses. De plus, il conteste les propos qui lui sont prêtés. Ennuyeux.

Plus ennuyeux encore, l’entretien s’est déroulé il y a deux ans. L’article a été publié alors dans les éditions papier du journal et sur sa version en ligne. C’est la permanence d’un lien référencé par Google qui fait réagir aujourd’hui l’intéressé.

Il semble établi que le journaliste n’a rien caché de son état professionnel ni du sujet traité. Il n’appartient plus à la rédaction de la Tribune depuis l’été 2013. Après tout ce temps, il n’est pas aisé de procéder à une confrontation des points de vue.

Entrer en discussion avec un journaliste suppose que l’on s’inscrit dans l’exercice de son métier et non en vue d’une conversation destinée à passer le temps. Toute personne qui n’est pas censée rendre des comptes au public, par ses fonctions ou qualités, est libre de refuser de répondre. A défaut, et selon le tour de l’entretien, de signifier clairement qu’elle n’entend pas retrouver son nom ni ses déclarations dans le journal.

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15/01/2015

"Charlie" et la satire: sans limites, vraiment?

L’assassinat de dessinateurs connus et de collaborateurs de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le meurtre de sang-froid de policiers et d’anonymes surpris au mauvais moment au mauvais endroit, tout cela déclenche dans l’opinion publique une émotion durable, d’une rare intensité. Les manifestations du 11 janvier resteront dans les mémoires.

Face à un déluge de paroles, de mots et d’images sur la liberté d’expression, la démocratie et la République, est-il possible d’échapper à la fascination de l’événement monstre pour revenir humblement à son point de départ: les conditions de la satire dans nos sociétés?

Dans plusieurs médias, on a fait grand cas dans les premiers jours de la volte-face du Financial Times, qui a jugé « stupides » les provocations de Charlie Hebdo, avant de s’amender sous la pression de ses lecteurs. On s’est étonné de la retenue du Guardian, qui a accordé un don en argent à l’hebdomadaire satirique, sans se sentir tenu de reproduire par solidarité les caricatures litigieuses. On n’a pas compris non plus qu’un autre phare de l’information mondiale, le New York Times, ait masqué les mêmes images en recourant au «floutage».

Cette réserve s’explique par des facteurs sociaux (la composition de la société britannique) ou politiques (la toute-puissance américaine, dispensée d’ajouter le défi à la force). Elle signale de plus un paradoxe ancien et tenace.

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15/12/2014

L'objectivité journalistique: une chimère?

Retour sur le récent bilan de Margaret Sullivan, médiatrice du New York Times. Outre la question des sources anonymes, évoquée ici dans un précédent billet, il y est furtivement question de l’objectivité. Plus précisément: de cette forme de l’objectivité si commune dans la presse d’information américaine, lorsque les articles juxtaposent les déclarations de uns et des autres sans permettre au lecteur de se faire une idée assez ferme, à défaut d’être sûre, de la réalité des faits.

La formule «he said, she said» («il a dit, elle a dit», qui accompagne chaque citation) a effectivement pour objectif d’attribuer à chacun des interlocuteurs du journal la responsabilité de sa vision des faits et de ses opinions. Elle laisse souvent le lecteur dans le flou. Qui doit-il croire, que doit-il comprendre? L’équilibre entre les deux sons de cloche est assuré, mais il peut être trompeur.

Au début des années 1970, un article remarqué de l’American Journal of Sociology, par Gaye Tuchman, parlait de l’objectivité dans la presse comme d’un «rituel stratégique». Le présentation obligatoire de points de vue opposés en fait partie. L’usage systématique de citations entre guillemets, l’attribution claire de chacune d’elles à son auteur, l’apport de preuves factuelles appartiennent aussi à ces rituels. Ils contribuent à la construction d’une objectivité qui risque de s’apparenter à un trompe-l’œil.

La notion d’objectivité en journalisme est exposée, et même vulnérable à la critique.

 
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03/11/2014

Sources confidentielles et propos anonymes

La médiatrice du New York Times, Margaret Sullivan, entame une troisième année dans ses fonctions de «rédactrice publique» (public editor). Dans une chronique parue le mois dernier, elle tire un bilan de ses activités au service du lecteur. Parmi les thèmes de réclamation les plus fréquents figure un aspect souvent discuté des pratiques journalistiques: l’anonymat des sources (...)

Il s’agit de l’octroi fréquent aux interlocuteurs du journal de la couverture de l’anonymat. Un octroi souvent «gratuit» aux yeux de la médiatrice, sans véritable justification. Elle cite en exemple un récent article sur un enseignant de Brooklyn soupçonné d’abus sexuels sur des étudiants, rapportant sous anonymat un témoignage effectivement anodin.

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15/10/2014

Les métiers du journalisme en mutation: le modèle du couteau suisse

«Former pour innover». Dans les premiers jours d’octobre s’est tenue à Paris la Conférence nationale des métiers du journalisme. Française par définition, mais ouverte à des intervenants étrangers. Votre médiateur y était invité en qualité d’observateur, chargé en compagnie d’un polytechnicien d’en proposer des conclusions. Il s’agissait de s’interroger sur le rôle de la formation dans l’adaptation des entreprises de médias et de leurs métiers aux profonds changements apportés par l’Internet et les technologies numériques.

Ce qui frappe aussitôt dans le programme de la Conférence, c’est l’ambition de prendre en compte la dimension entrepreneuriale du journalisme numérique. Les médias sont interpellés dans leur fonctionnement et leur offre au public par les nouvelles technologies. La presse écrite, la presse quotidienne en premier lieu, est durement malmenée par la dégradation de son modèle économique. Les médias sont obligés de se repenser quant à leur contenu et à leur organisation rédactionnelle.

L’ambition est de passer de la construction d’un savoir-faire ancré dans une maîtrise individuelle des outils au déploiement d’une capacité d’innover, d’inventer, de créer dans le contexte de l’entreprise. Tant les écoles et universités formatrices que les entreprises elles-mêmes y prennent leur part.

 
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01/10/2014

Repli des médias devant les images de la barbarie

Auriez-vous souhaité voir les images? Les médias ne vous les ont pas montrées. Ni après la mise à mort des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff. Ni après l’assassinat du travailleur humanitaire britannique David Haines. Ni après la décapitation du guide de montagne français Hervé Gourdel.

 

Une censure médiatique laisserait-elle aux professionnels le droit de décider ce qui doit être diffusé au public et ce qui doit lui rester caché, seuls à s’arroger le privilège douteux de «regarder la vérité en face»? La question surgit lorsque survient l’abominable. Elle est latente. De la réalité du monde, au jour le jour, les journaux télévisés ne présentent jamais que ce qui peut être vu sans vous révulser, et encore vous avertissent-ils au besoin de la «dureté de certaines séquences».

Vos médias habituels ne vous ont donc pas montré les images de la barbarie. Pour ne pas servir la propagande des djihadistes de la génération «Etat islamique». Pour ne pas amplifier leur «message de sang» par des diffusions échevelées. Par respect pour les victimes et leurs familles.

 

 

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