11/07/2016

Accidents mortels et commentaires déplacés

Une lectrice de Monthey se dit outrée par la publication de commentaires envoyés par des internautes à la suite d’accidents mortels. Elle prend pour exemple récent la mort d’une jeune fille sur un passage protégé à Vevey, dans les premiers jours de juillet.
Un certain nombre de réactions parvenues sur le site du Matin mettent en cause, en effet, l’un ou l’autre des protagonistes, alors que les circonstances de l’accident ne sont pas encore établies et sans égard pour leurs proches.
L’information du Matin s’illustre pourtant par la plus grande sobriété. Le journal, dans sa version papier comme sur le Web, observe les normes déontologiques. Celles-ci recommandent de peser avec soin le droit du public à être informé et les intérêts des victimes et des personnes concernées.
Des quelque soixante commentaires figurant en ligne deux jours après l’accident, quelques-uns sont déplacés, ou même stupides. Ils ne paraissent pas dépasser pour autant les limites ordinairement admise dans le courrier des lecteurs et sur les forums. Selon une directive de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, les lecteurs et internautes se voient accorder la liberté d’expression la plus large possible. Il faut une violation manifeste des normes de la déontologie journalistique pour qu’un commentaire soit écarté. Il appartient au modérateur d’y veiller.

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18/04/2016

Commentaires sur l'internet: excès et défaillances

L’attention requise de votre médiateur au sujet de la modération des commentaires sur les sites des journaux est permanente. Elle l’a déjà conduit à se demander s’il n’y laissait pas trop de temps et d’énergie. D’autres thèmes, plus directement liés aux pratiques journalistiques et médiatiques, paraissent plus substantiels et davantage dignes de soins. Il trouve donc un réconfort certain à la lecture d’une récente chronique de l’actuel médiateur du Monde, Franck Nouchi. Il y découvre, à l’identique, l’ensemble des questions que pose depuis dix ans le développement de cette forme d’interactivité sur l’internet.

Le médiateur des titres de Tamedia n’est donc pas le seul à recevoir de nombreuses réclamations concernant la modération des commentaires. Pas le seul à faire face à des accusations de laxisme, pour ne pas dire de complicité, lorsque paraissent des propos jugés inadmissibles. Pas le seul, à l’inverse,  à devoir répondre d’une prétendue censure imposée  à certains participants aux forums de discussion. Pas le seul enfin à fournir des explications à des lecteurs critiques, qui s’interrogent sur le fonctionnement du dispositif de régulation.

Ces aspects sont régulièrement abordés dans des correspondances particulières, en réponse à des réclamations. Ils l’ont été plus d’une fois sur la Page du médiateur. Ils le sont en début d’année, depuis que les rédactions des quotidiens de Tamedia (24 heures, Tribune de Genève, Le Matin) ont choisi de confier la modération à une société française spécialisée, Netino. Ils sont alors référés aux données de l’exercice écoulé, consignées dans un rapport.

Or il se trouve que cette même société modère les commentaires des lecteurs de plusieurs titres de presse français, dont les divers supports du Monde.fr. Il existe cependant de notables différences quant au champ de la modération.

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08/01/2016

Haro sur le politiquement correct

Le «politiquement correct» a mauvaise presse. Il est perçu comme un obstacle à la liberté d’expression. Il est donné le plus souvent comme une valeur «de gauche» face à une droite qui cultiverait son franc-parler.

L’expression est née aux Etats-Unis. Elle a commencé par définir un discours conforme à une ligne de pensée. A sa manière, le discours marxiste se devait de l’être. Le qualifier de politiquement correct revenait à reconnaître son orthodoxie, que ce soit pour l’en louer ou pour s’en moquer.

Le sens s’est infléchi au cours des années 1980. La formule s’est étendue au gré de son usage dans les campus universitaires, suivant de nouveaux champs d’études sur la condition féminine (women’s studies) ou sur la communauté noire (african-american’s studies). Son développement s’est fondé en particulier sur la dénonciation du «discours de haine» (hate speach) dont sont victimes certaines personnes ou groupes sociaux. Une dénonciation qui se retrouve aujourd’hui à propos des commentaires déposés sur les espaces de discussion ménagés sur l’internet.

Marion Rousset relit cette histoire des origines dans un excellent dossier paru dans un supplément «Culture & idées» du Monde (23 mai 2105). Elle cite le sociologue Eric Fassin : «Le mot nigger était l’un des exemples de ces discours de haine, cela a toujours été une insulte. Quand une minorité est stigmatisée, son nom finit toujours par être dévalorisé».

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01/12/2015

Une communication bien orientée

La télévision française (France 3) a diffusé au début de l’automne un reportage d’Yves Jeuland, A l’Elysée, un temps de président, qui aura marqué les esprits. Un temps très ordinaire, la précision s’impose, sans éruptions terroristes.

L’imperméable imperturbabilité du président Hollande dans ses costumes trempés impressionne – il pleut beaucoup lors des cérémonies officielles et le parapluie semble banni de l’arsenal présidentiel. On comprend qu’un temps de président est avant tout un temps de chien.

Ce que plusieurs observateurs ont retenu du reportage de Jeuland est le rôle central des principaux acteurs de la communication présidentielle, le conseiller personnel Gaspard Gantzer et le secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet.

On n’a que peu découvert des ressorts et des mécanismes du pouvoir. Comme le relève l’historien des médias Christian Delporte, cité par Le Monde, «l’Elysée est une grande scène de théâtre avec le poids du protocole, ses pesanteurs et sa sacralité qu’il est difficile de mettre en image».

A l’inverse, on en sait donc beaucoup désormais sur l’action des communicants au service de la présidence. Dans leurs relations aux médias, les attachés de presse et autres chargés de communication représentent à la fois des solutions et des problèmes.

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20/10/2015

Campagne électorale et casse-tête journalistique

Soirée d’élections fédérales, résultats à haut débit, bousculades devant les micros. Quelle tendance? Quelles surprises? Pourquoi cette progression, ce recul?

Au cours d’une campagne électorale, le premier souci du médiateur est de prêter attention à l’équilibre opéré par les rédactions entre les diverses forces politiques. De tendre l’oreille aux critiques publiques – bien qu’elles paraissent davantage portées à flatter les idées reçues qu’à se soucier de démonstration. Les cibles habituelles en sont les médias dominants, la rts et les grands journaux régionaux.

La tâche des quotidiens d’information politique et générale n’est pas simple en période d’élection. Quelle place réserver à l’appréciation éditoriale des enjeux, des propositions, des candidats, qui relève de la liberté de la presse? Comment concilier cette liberté avec la mission d’un journal régional d’assurer une information large et complète des citoyens? Cela tourne au casse-tête.

Une équité parfaite tiendrait de la quadrature du cercle. Toutes les formations politiques n’ont pas le même poids. Convient-il de distribuer l’espace rédactionnel accordés aux partis et à leurs candidats selon la force des représentations dans le parlement à renouveler? Ce serait favoriser le statu quo et escamoter la réalité du moment. De viser une absolue égalité entre les listes, voire les candidats? Cela risquerait d’estomper les différences entre envie de participer et expérience acquise, projets et réalisations, vision idéale et souci d’efficacité. De se contenter de relater les «faits de campagne»? Cela accroîtrait les effets de distorsions déjà inévitables: les candidats occupant des fonctions politiques ou sociales importantes sont naturellement favorisés, soutenus par le cours même de l’actualité.

 
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25/06/2015

L'oeil critique des lecteurs

Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux n’y changent quasi rien. Le débit des lettres lecteurs est à peine moins élevé qu’autrefois. Les plis postaux, les lettres manuscrites déposées à la réception des journaux se sont raréfiés. Les envois empruntent pour la plupart les voies ultrarapides des messageries électroniques. Ils continuent d’affluer, visant une parution dans les éditions papier. A l’ancienne, en somme.

L’attention portée par les journaux aux lettres de lecteurs est une très vieille histoire. Dans la presse anglaise du dix-huitième siècle, une place leur est déjà faite. Il y est question des affaires publiques, de l’évolution des mœurs, de l’éducation. Les journaux servent alors d’écho aux conversations menées dans les cafés. Le Guardian en organise le flux. Une boîte aux lettres est apposée sur un mur du café Button’s. Elle a l’aspect d’une tête de lion. Les lecteurs déposent dans sa gueule les messages destinés au journal.

La tradition subsiste. Peu de journaux ou de magazine se privent d’un courrier des lecteurs. Les quotidiens régionaux des cantons lémaniques ne font pas exception. La démonstration est quotidienne: le cours est loin de s’assécher. Lorsque l’habitude existait de procéder à des enquêtes de lecture, le courrier des lecteurs appartenait régulièrement au groupe des rubriques les plus fréquentées.

Le médiateur est très souvent interpellé sur les messages déposés en ligne sur les versions électroniques des journaux. En particulier sur l’action des modérateurs, dénoncée comme laxiste ou, au contraire, comme éprise de censure. Il l’est plus rarement sur la gestion courrier des lecteurs dans sa version papier.

Le hasard veut qu’à quelques jours d’intervalle, il le soit par deux lecteurs. L’un est en délicatesse avec la rédaction de 24 heures. L’autre avec celle de la Tribune de Genève.

 
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14/04/2015

Le public demande des comptes

Tout le monde a-t-il pris la mesure du bouleversement opéré par l’Internet, surtout depuis l’avènement des réseaux sociaux?

Les citoyens prennent désormais une part active à la circulation des opinions et des informations. Ils interviennent sans devoir se plier aux contraintes anciennes: l’espace limité d’un courrier des lecteurs dans les journaux, le bref temps d’antenne laissé aux interventions du public en radio et en télévision, le respect de règles journalistiques et d’orientations éditoriales appliquées par les rédactions, etc.

Leur interventions du public les plus courantes prennent la forme de commentaires spontanés sur les sites web des médias traditionnels ou sur les sites d’information dits « pure players », soit exclusivement installés sur le Web.

Certains internautes mènent par ailleurs des activités autonomes par la création de sites ou la tenue de blogs. D’autres encore ne manquent pas de pratiquer un «journalisme citoyen» en répondant à des offres de participation. Sans même évoquer ici les nombreuses manière d’assurer une présence sur le Web par le truchement des réseaux sociaux: Facebook, Twitter, YouTube, etc.

De façon spontanée ou concertée, des citoyens réagissent ainsi aux opinions et informations des médias. Ils ne se manifestent pas seulement comme «producteurs de contenus». Un spécialiste canadien des médias, Marc-François Bernier, le souligne: pour la première fois de l'histoire de la presse, les citoyens peuvent «intervenir directement et exprimer leurs doléances». Cette façon d’exercer une régulation sur les activités journalistiques pourrait être même, avance-t-il, «plus efficace que les dispositifs traditionnels que sont les conseils de presse, ombudsmans et médiateurs de presse».

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16/03/2015

Pour qui roule le journal?

L’Union démocratique du Centre (UDC) lance en Valais une initiative populaire visant à interdire le port de couvre-chefs en classe. La Tribune de Genève présente avec éclat l’ouverture de sa campagne. Elle se voit aussitôt reprocher, sur sa plate-forme de blogs, de faire «le lit des extrémistes» et de les médiatiser à l’excès.

Pourquoi accorder, en effet, autant d’importance à cette initiative valaisanne, alors que le port du voile par de jeunes musulmanes à l’école n’est à ce jour pas considéré comme un réel problème à Genève? Pourquoi une telle publicité, alors qu’un projet de loi de l’UDC, de la même eau, vient de se voir écarté par le Grand Conseil genevois?

Dans un canton de Vaud ni plus ni moins concerné par les offensives de l’UDC sur le voile, 24 heures réserve à un article de la même journaliste un traitement plus sobre, sans illustration, complément ni garniture.

La critique est récurrente. Dans un pays démocratique, le silence n’est certainement pas la voie à suivre par une presse régionale souvent en situation dominante. Les choses doivent donc être dites. Aucun acteur de la vie publique ne saurait être ignoré. Tout est question de mesure. La «juste mesure» tient toutefois, et largement, à des critères relatifs. A quel moment l’attention portée à tel courant, à telle personne se mue-t-elle, malgré elle le plus souvent, en propagande?

 
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27/02/2015

Commentaires sur le Web: on se calme!

L’Internet permet à chacun de s’exprimer. C’est une excellente chose. Mais la liberté n’exclut pas la civilité. Pas plus que la conviction la plus robuste n’interdit un sens élémentaire de la communication.

Les commentaires apportés par les internautes sur les sites des médias illustrent malheureusement une maladie infantile de l’Internet. Il s’en trouve d’injurieux, d’obscènes, de méchants, d’agressifs, de violents. En nombre limité, certes, mais encore trop nombreux eu égard à leur capacité de nuisance.

Comment limiter les insupportables dérives de quelques-uns sans imposer de pesantes contraintes à tous? C’est un peu la quadrature du cercle.

Depuis 2011, les publications romandes de Tamedia ont confié la modération des commentaires déposés sur leurs sites à une société spécialisée, Netino. C’est elle qui sépare le bon grain de l’ivraie. Elle est le filtre qui laisse filer en ligne les commentaires publiables et retient les autres (...)

En 2014, quelque 15% des commentaires adressés aux versions électroniques des trois quotidiens romands de Tamedia ont été rejetés. Dans le détail, 17,5 % sur le site du Matin, 11,5 % sur celui de la Tribune de Genève, 11 % sur celui de 24 heures. Signe encourageant: ces taux, ici arrondis, sont en faible recul par rapport à 2013.

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13/02/2014

Vie privée, vie publique

Le président François Hollande s’est donc rendu seul en visite officielle aux Etats-Unis, sans compagne. C’est l’épilogue provisoire d’une affaire qui a monopolisé pendant quelques semaines les premières pages des magazines de France et de Navarre. Les médias, goûtant l’effet de répétition, l’ont aussitôt qualifiée de « Gayetgate », du nom de la partenaire prêtée au président par l’hebdomadaire Closer, un beau matin de janvier.

Le médiateur s’est trouvé interpellé sur le champ par Bilan, bi-mensuel du groupe Tamedia, en vue de la mise en ligne de réactions en Suisse romande. Cette première intervention est encore accessible sur le site de la publication. Elle ne pouvait être plus spontanée. Le médiateur ignorait encore tout des révélations de Closer et n’avait jamais entendu parler de Julie Gayet. Sa première réaction fut de considérer que l’information présentait un intérêt public. Et de rappeler qu’un président de la République disposait d’une sphère privée plus restreinte que celle de tout un chacun. Sa partenaire supposée, au contraire, pouvait se prévaloir d’une légitime protection de la sienne. De ce point de vue, les prises de vue exploitées par le magazine, œuvres d’un «paparazzi» des chemins creux, pouvaient effectivement poser problème. Cela n’a pas manqué. Julie Gayet, comédienne et productrice, est intervenue le soir même de la publication.

Ces quelques considérations lapidaires, lâchées au débotté, méritent quelques mots de complément.

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24/04/2013

Roms: le sujet n'est pas tabou, mais...

La présence des Roms et la mendicité dans les rues sont des sujets délicats. Elles ne sont pas des sujets tabou. 24 heures a parlé du désappointement d’une septuagénaire Lausannoise, au vu du comportement d’une famille de Roms à laquelle elle avait prêté assistance l’hiver dernier (édition du 19 avril). Le traitement de cette affaire par le journal a provoqué des réactions au sein de son lectorat, dont l’une a été adressée au médiateur.

Cette correspondante de Lausanne dénonce des «pratiques discriminatoires (…) à l’encontre de la communauté Roms». Elle met en cause l’affichette du journal («Roulée par des Roms, elle témoigne»), sa manchette, soit le grand titre de première page («Cette famille Roms m’a roulée, je suis écœurée») et enfin le titre même de l’article («J’aide des Roms et j’ai le sentiment d’avoir été arnaquée»).

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24/10/2011

Une tempête médiatique sur l'école?

Un référendum a été lancé à Genève contre l'introduction de cours le mercredi matin à l'école primaire. La Tribune de Genève réalise un sondage auprès de ses lecteurs. Elle est mise en cause pour son parti-pris.

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22/03/2011

Internet transforme la démocratie

La démocratie Internet. Promesses et limites. C'est le titre d'un essai récent du sociologue français Dominique Cardon. Un livre d'une centaine de pages, excellent. Tout familier de l'Internet devrait le lire pour approfondir, sinon découvrir la grammaire de ses propres pratiques. Mais plus encore tout esprit qui se méfie du réseau. Le propos n'est pas technique, il est politique.

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08/02/2011

Médias et opinion: la poule et l'œuf

Un article révélateur paraît dans Le Matin du 7 février. Il relaie un appel du vice-président de l'UDC, Yvan Perrin, incitant les membres et sympathisants de son parti à ne plus s'acquitter de leur facture Billag. Motif (je cite): «A la radio ou à la télévision, nos politiciens sont sans cesse interrompus, alors que nos adversaires peuvent gentiment exposer leurs arguments. Payer pour cela, c'est comme financer la munition avec laquelle on nous tire dessus.» (...)

Le sujet revient souvent sur le tapis. Chaque famille politique n'a-t-elle pas intérêt à se poser en victime des médias, du service public en particulier? Le débat paraît figé. C'est dommage, car diverses questions se posent, qu'il conviendrait d'examiner à nouveau.

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