24/03/2017

La photo de l'année au cœur d'un conflit d'interprétation

La scène se déroule dans une galerie d’art d’Ankara. Le 19 décembre 2016, l’ambassadeur de Russie est assassiné par un membre des forces de sécurité turc. Le meurtrier se réclame du djihad, en réaction à la prise d’Alep. Il sera abattu. Filmée en direct, la séquence est diffusée dans le monde entier. Comme souvent, c’est une image, une seule, qui cristallise l’événement: une photographie de Burhan Özbilici (Associated Press). World Press vient de lui attribuer le titre de «photo de l’année».

L’un des membres du jury, Stuart Franklin, a critiqué ce choix dans une tribune du Guardian. Selon lui, la notoriété du World Press amplifie le message du terroriste. «C’est la photographie d’un meurtre, d’un meurtrier et d’une victime, les deux présents sur la même image». Ainsi glorifiée, la photographie de l’assassinat  a le même impact que les images de décapitation mises en scène par Al-Qaïda ou l’organisation Etat islamique.

Stuart Franklin rejoint l’opposition exprimée depuis quelques années par de nombreux médias aux images de scènes sanglantes, dont la diffusion contribue à répandre la peur et fait le jeu du terrorisme.

La méfiance s’est étendue plus récemment à la reproduction de simples portraits de terroristes impliqués dans des attentats, souvent pris hors contexte : jeunes souvent, l’attitude plutôt avenante. De telles images sont promises au statut d’icône par d’éventuels disciples.

Spécialiste du photojournalisme et professeur à l’Université du Québec, Vincent Lavoie exprime un autre avis dans un entretien accordé au Monde. La «photo de l’année» lui paraît marquer une évolution du regard sur les pratiques des photographes de presse. Plus précisément, un retour à une vision moins elliptique de l’événement, à un traitement plus frontal.

Le professeur canadien relève que la scène n’est nullement orchestrée, au contraire des décapitations d’otages, que l’image est la saisie d’un moment imprévisible de l’actualité. La photo primée n’est pas  complaisante. L’angle de vue, sans doute aussi par l’effet du hasard, laisse caché le visage de l’ambassadeur assassiné. Aucune trace de sang n’est visible. D’autres images de l’assassinat sont plus douteuses.

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13/09/2016

Les images et la voix de Marc Riboud

«La fille à la fleur»,  image saisie à Washington en 1967, lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam, c’est lui. Le vertigineux «Zazou, le peintre de la tour Eiffel» de 1953, c’était déjà lui.

Le photographe Marc Riboud est mort à Paris dans les derniers jours d’août, à l’âge de 93 ans. Pour l’agence Magnum, il parcourut la Chine de Mao, il fut le dernier photographe occidental à ramener des images de Hô Chi Minh. Il a couvert le procès de Klaus Barbie, la révolution iranienne de 1979, l’enterrement de Nehru. C’est pourtant une photographie qu’il n’a pas prise qui lui vaut une place à part dans l’histoire du photoreportage.

Au Bengladesh, Marc Riboud refuse de photographier un massacre d’opposants à l’indépendance. Les images d’autres photographes présents sur les lieux feront le tour du monde. Elles vaudront au jeune Michel Laurent un prix Pulitzer.

Dans son livre Profession photoreporter, le journaliste Michel Guerrin explique. La capitulation des troupes pakistanaises devant les troupes indiennes, appuyées par des maquisards bengalis, donne le 16 décembre 1971 naissance au nouvel Etat. Le lendemain, la résistance organise un grand rassemblement au stade de Dacca. Liesse de la libération, mais aussi fureur de l’épuration: des partisans du maintien dans le Pakistan sont sauvagement embrochés.

Riboud raconte: «J’ai vu les baïonnettes pénétrer les corps et le sang couler. Les malheureux hurlaient. Impossible de photographier. Une guerre, c’est rien à côté.» Avec l’une de ses collègues, il part à la recherche d’un officier indien pour arrêter le massacre. Il ne trouve personne. Il revient sur les lieux et voit des enfants pisser sur les cadavres. «J’ai dégueulé.»

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25/07/2016

Rencontres d'Arles: Rien que du ciel bleu

De toutes les expositions présentées aux Rencontres de la photographie, cet été à Arles, Nothing but Blue Skies ne compte pas parmi celles qui ont retenu l’attention la plus vive des médias. C’est un peu paradoxal, puisqu’elle parle d’eux. Cela s’explique pourtant. Par la thématique: l’attaque contre les tours jumelles de New York, le 11 septembre 2001, a déjà fait l’objet d’innombrables traitements. Par la place laissée à l’image photographique: elle n’est pas ici support d’un sujet, elle est le sujet lui-même, traité en surplomb par plusieurs artistes contemporains.

Cette relecture n'est pourtant pas superflue. Elle est une étape à ne pas manquer dans le stimulant parcours des Rencontres. Elle incite le visiteur à s’interroger sur la relation entre l’événement, son image médiatique et sa propre perception de la réalité. La multiplication d’actes terroristes la rend plus nécessaire que jamais. Que nous disent les images, de quelles réalités parlent-elles, de quels mots sont-elles accompagnées?

Le titre de l’exposition présentée au Capitole reprend celui d’une ancienne chanson d’Irving Berlin, qui parle d’un beau jour de ciel bleu. Le même que découvraient les Newyorkais le matin d’un certain 11 septembre.

Elle s’ouvre sur une salle tapissée de premières pages de quotidiens du monde entier, conçue par Hans-Peter Feldmann. La confrontation est passionnante. Les tours en flammes sous l’impact des avions dominent, reprenant les images diffusées en boucle par les chaînes de télévision. Par leur grosseur, par leur sens, les titres en infléchissent la perception. Contrairement à l’idée reçue, l’image ne parle pas d’elle-même. Ici, on évoque l’apocalypse. Là, on porte sur des nuages de cendre et de poussière ces simples indications: «10 h 02 le matin 11 septembre 2001» (10.02 am September 11 2001).

Il est vrai que le Times n’a pas choisi l’image la plus convenue. Contrairement à d’autres «Unes», que le temps a banalisées, celle du quotidien londonien, dont l’atmosphère n’est pas sans rappeler Turner, conserve une grande force symbolique.

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07/04/2016

Le choc de la photo

Publier ou ne pas publier.

Hier, c’était le corps sans vie d’un petit garçon de trois ans, échoué sur une côte turque. Image bouleversante par une attitude d’innocent abandon, celle des enfants endormis.

Aujourd’hui, c’est une femme hébétée, partiellement dévêtue, après les explosions à l’aéroport bruxellois de Zaventem. Elle est en soutien-gorge, sous les lambeaux d’une veste jaune. Les bourrelets de son abdomen s’abandonnent sur la ceinture de son pantalon. Elle est privée de toute dignité, au contraire de sa voisine, tenant un téléphone portable de sa main ensanglantée. Elle n’y peut rien.

La photo de Zaventem est prise par Ketevan Kardava, une journalistes de la télévision publique géorgienne, qui se trouve sur place. Tenue pour emblématique,  elle fait le tour des médias. L’effet produit sur le public dépend comme souvent de l’emplacement de l’image, de ses dimensions, de son cadrage. La Tribune de Genève et 24 heures ont choisi de la publier en page intérieure, en format moyen, sous une autre image de détresse individuelle, plus grande mais moins chargée. Le Matin la retient pour sa page de couverture. Dans Le Monde, sa publication en deuxième page, mais en grand format, fait débat.

Le dilemme est évident. La photographie dit aussitôt l’horreur, sans en montrer les pires aspects, les corps déchiquetés, les membres arrachés. Or l’horreur doit être dite, le public a le droit de la connaître. En même temps, la brutalité de l’événement ne prive quiconque de son droit à l’image. Malgré son état, la victime peut attendre des médias un certain respect.

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17/11/2015

Médias et violence: un autre Glucksmann

André Glucksmann est mort le 9 novembre à Paris. Philosophe de l’indignation, donc – titre plus pertinent que le creux «nouveau philosophe». Les hommages sont allés à l’homme qui pense et s’engage, orienté par des valeurs, non selon les indications tremblotantes d’une boussole politique. Sa vie publique est jalonnée d’éclats. Ils ont marqué les mémoires.

Lit-on encore ses essais ? Le Discours de la guerre (1968), son premier ouvrage?  La cuisinière et le mangeur d’hommes (1975), son livre le plus connu rédigé après la lecture de L’archipel du goulag de Soljenitsyne? On l’ignore. On s’en voudrait d’omettre, ici et maintenant, le Glucksmann des débuts, agrégé de philosophie issu de l’Ecole normale supérieure, le Glucksmann d’avant Mai 68.

Au cours des années 60, le jeune philosophe rédigea un «Rapport sur les recherches concernant les effets sur la jeunesse des scènes de violence au cinéma et à la télévision». Il s’agissait d’une note de synthèse sur des études déjà effectuées par d’autres, non d’une enquête ou d’un réflexion personnelle. Un travail engageant rigueur et méthode. Destiné au ministère français de la jeunesse et des sports, le document traitait de la violence «ordinaire», pour autant que le qualificatif convienne. Il ne s’attachait pas en particulier aux actes de terrorisme.  

Le rapport fut publié en 1966 dans la revue Communications, qui convoquait à propos des médias et des communications de masse une pléiade de penseurs de haut vol. Les fondateurs en furent Roland Barthes, Edgar Morin et Georges Friedmann.

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07/10/2015

Comment corriger et rectifier sur le Web

Voilà une interpellation intéressante! Dommage qu’elle ait pour auteur un internaute indéfectiblement attaché à son anonymat, qui ne s’exprime que sous un prénom – authentique assure-t-il. Surtout qu’il nous parle de transparence.

24 heures publie dans son édition du 15 septembre un article sur un projet d’amélioration de l’éclairage du parking du Marché à Montreux. Le même article est repris sur le site en ligne du quotidien. Il y est accompagné d’une illustration, légendée «La place du marché de Montreux, avec son parking». Pas de chance! La photographie montre le parking du marché de Vevey. Deux internautes réagissent. La rédaction remplace la mauvaise illustration par la bonne (...).

Rien que de très courant. Lorsqu’un journaliste s’aperçoit d’une erreur factuelle, ou que cette erreur lui est signalée, il se doit de rectifier dans les meilleurs délais. On ne le répétera jamais assez: un médias fiable n’est pas un média qui ne commet jamais la moindre erreur – il n’en existe tout simplement pas sur la planète. Un média assoit sa crédibilité en rectifiant une information erronée, en précisant une information défectueuses.

 

Cette procédure habituelle conserve-t-elle toute sa pertinence sur le Net? C’est la question que soulève notre internaute: «Tout comme dans le monde du logiciel, je suggère à la presse d’avoir un historique sur les changements qu’elle effectue». En d’autres termes: d’en assurer la traçabilité.

L’interrogation n’est pas inédite.

 
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22/09/2015

L'histoire d'un "casse" sur Facebook

A la mi-août, une bijouterie de Vevey est attaquée par trois braqueurs. Le commerce est tenu par un père et ses deux fils, qui exploitent deux enseignes dans cette ville. Le père est blessé, les malfrats prennent la fuite. L’un d’eux est rattrapé et maîtrisé par un fils du bijoutier. Captées par le système de vidéosurveillance de la bijouterie, les photographies des deux autres assaillants sont mises en ligne sur Facebook, avec le message: «Si vous voyez l’un ou l’autre de ces types à Vevey, appelez immédiatement le 117. Ils viennent de braquer la bijouterie Meylan» (24 heures, 19 août).

Ce n’est pas la première fois que la bijouterie subit un «casse». Chacun comprend dès lors l’alerte lancée par les victimes sur le réseau social. Les autorités de police sont plus réservées. Elles souhaitent garder le contrôle de la communication publique. Laissées à la discrétion de tout un chacun, de telles initiatives sont certes capables de faciliter une arrestation. Elles peuvent aussi entraver une action en cours.

A la recherche depuis six mois de l’auteur présumé d’une agression sexuelle dans un train, la police municipale de Zurich vient de recourir à une procédure peu courante, mais validée par la Conférence des procureurs de Suisse: la publication de photos pixélisées, accompagnée d’une annonce de diffusion des mêmes photos en clair si l’individu concerné ne se dénonce pas dans la semaine. Le délai étant échu, des photographies de l’individu ont été mises en ligne par la police. Le site de 20 Minutes a reproduit l’une d’elles, reprise sous forme de vignette dans l’édition papier du lendemain.

Une enquête du Matin Dimanche (13 septembre) montre que les pratiques des polices dans les cantons romands varient quelque peu, mais que le recours à une communication publique de photographies de suspects est plutôt rare.

 
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08/09/2015

Crimes et criminels sur le Net

Pas d’angélisme! Les faits divers sanglants, les crimes, les attentats appartiennent depuis que la presse est presse au fond de commerce des journaux populaires. De nos jours, ils s’installent le plus naturellement du monde sur les réseaux sociaux. Le Web permet de substituer à l’information relayée par les médias traditionnels une communication directe et immédiate qui échappe à tout contrôle préalable.

Ce changement décisif est au cœur de récents débats. Le plus saillant a surgi à la suite du meurtre en direct d’une journaliste et d’un cameraman de télévision, dans l’Etat américain de Virginie. Cela s’est passé à la fin du mois d’août  lors d’une émission matinale, pendant une interview.

Les téléspectateurs n’ont pas été les seuls à voir les images du meurtre. La séquence a été largement reprise par des sites et des chaînes d’information. Ce n’est pas tout. L’auteur des coups de feu a tiré d’une main et filmé de l’autre. Il a diffusé après coup deux vidéos sur les réseaux sociaux: l’une montre son approche, pistolet au poing, l’autre les coups de feu ciblés.

Les plates-formes ont réagi, mais leur temps de réaction n’a pas été assez court pour empêcher le partage et la reprise des séquences. Quelle est leur valeur d’information? Quelles images diffuser au public? Faut-il restituer, par fidélité au document, l’intégralité d’une séquence?

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28/08/2015

Photos litigieuses de gens ordinaires

L’image est-elle en voie de stérilisation dans les médias? Des visages floutés sont de plus en plus présents, sur des photographies de presse aussi bien qu’au cours de séquences de télévision (de manière peu cohérente lors du journal de France 2, le soir de l’affaire du Thalys). Ils altèrent la lisibilité de l’information, la réalité des événements et de leurs acteurs. Dans la presse, les images de lieux publics où figurent des gens ordinaires se font plus rares et plus précautionneuses.

Les médias sont tenus au respect d’un droit à l’image, qui suppose que l’acte de photographier une personne, à plus forte raison de publier sa photographie, passe par une demande d’autorisation. A défaut, ils essayent d’esquiver en protégeant la personne par un brouillage numérique.

Le droit à l’image appartient à la protection de la personnalité de chacun. Il n’a cessé de se renforcer du fait de l’évolution de la jurisprudence et des normes déontologiques du journalisme, non sans de justes motifs.

 
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15/07/2015

Rencontres d'Arles: les photographes enquêtent aussi

Au cours de l’été 1981, le photographe français Raymond Depardon envoie chaque jour de New York une photographie à Libération. En une image et quelques lignes, pendant un mois, Depardon capte une situation de sa vie urbaine, une chose vue. Au fil des jours, ce journal d’un regard restitue en creux le portrait d’une ville.

La série fait partie de la collection de la Maison européenne de la photographie. Une éblouissante sélection en est présentée à Arles, en association avec les Rencontres de la photographie de cette année, première édition de leur nouveau directeur Sam Stourdzé (la Chapelle Saint-Martin du Méjan et le Capitole). Le journal de Depardon pourrait servir d’introduction aux Rencontres elles-mêmes, au moins à l’une de ses sections majeures, «Les plateformes du visible», qui cerne de nouvelles approches documentaires.

L’image occupe une place croissante dans l’information, jusque dans les colonnes de  journaux traditionnellement destinés aux élites. La photographie documentaire actuelle tend à déborder le rôle d’appoint au texte, ordinairement reconnu à l’illustration de presse: image informative ou image symbolique. Elle intègre de manière pleine et assumée la démarche journalistique. Non seulement le reportage, qui lui sied depuis toujours, mais aussi l’enquête. Elle tend à se suffire à elle-même. De courtes légendes explicatives mettent les photographies en contexte, désignent au besoin les acteurs. C’est l’image qui donne le sens.

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01/10/2014

Repli des médias devant les images de la barbarie

Auriez-vous souhaité voir les images? Les médias ne vous les ont pas montrées. Ni après la mise à mort des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff. Ni après l’assassinat du travailleur humanitaire britannique David Haines. Ni après la décapitation du guide de montagne français Hervé Gourdel.

 

Une censure médiatique laisserait-elle aux professionnels le droit de décider ce qui doit être diffusé au public et ce qui doit lui rester caché, seuls à s’arroger le privilège douteux de «regarder la vérité en face»? La question surgit lorsque survient l’abominable. Elle est latente. De la réalité du monde, au jour le jour, les journaux télévisés ne présentent jamais que ce qui peut être vu sans vous révulser, et encore vous avertissent-ils au besoin de la «dureté de certaines séquences».

Vos médias habituels ne vous ont donc pas montré les images de la barbarie. Pour ne pas servir la propagande des djihadistes de la génération «Etat islamique». Pour ne pas amplifier leur «message de sang» par des diffusions échevelées. Par respect pour les victimes et leurs familles.

 

 

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17/09/2014

"On a les photos!"

Les photographes et les caméramans professionnels ne sont plus les seuls à documenter par l’image les événements et les drames de la planète. Ni l’Internet ni ses réseaux sociaux ne sont à l’origine du phénomène. Ils lui donnent une ampleur sans précédent.

Chaque fin d’été se tient à Perpignan un important festival dévolu au photojournalisme, Visa pour l’image. Il forme avec les Rencontres d’Arles, plutôt vouées à la photographie comme «septième art», un passionnant diptyque estival.

Le Temps du 13 septembre rend compte d’une exposition au Couvent des Minimes de Perpignan, intitulée Amateurs à la une, dont le sous-titre interroge: «30 images qui n’ont pas changé le photojournalisme».  En guise de préface, quelques jours avant l’ouverture du festival, Le Monde publiait une série d’articles sur «Les amateurs du scoop», l’image captée en primeur par des acteurs ou des témoins.

Le statut de l’image dans les médias s’est modifié depuis le développement du Web 2.0. Auparavant, l’illustration de l’actualité était principalement l’affaire de reporters journalistes dépêchés sur les lieux par leurs agences ou leurs journaux. Non sans de notables exceptions. (...) Un basculement s’opère au moment du tsunami du 26 décembre 2004, en Thaïlande. Sur ces lieux de vacances, à l’époque des fêtes de fin d’année, aucune agence ne peut compter sur la présence d’un photographe de métier. Les agences se mettent alors en chasse d’images prises par des touristes rescapés, vacanciers témoins du drame et dûment équipés désormais en matériel numérique.

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25/09/2012

La mort d'un ambassadeur

La photographie produit un choc. Que montre-t-elle ? L’ambassadeur américain en Libye, Chris Stevens, apparemment inconscient et soutenu par deux personnes, à la suite d’un attentat lancé le 11 septembre contre le consulat de son pays à Benghazi. Le cadrage focalise le regard sur le corps souffrant, dans une posture qui pourrait rappeler une descente de Croix. La référence à l’iconographie religieuse n’est pas rare dans les photos d’actualité. On se souvient de la « madone » de Bentalha à l’époque des attentats islamistes en Algérie.

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03/05/2012

Question d'image

Cela se passe sur le site Internet de l'un des titres romands de Tamedia. Un internaute s'aperçoit qu'une photo de lui est utilisée pour illustrer un sujet sur le vote des jeunes. De fait, elle figure même sur les pages électroniques des trois quotidiens du groupe. La photo n'est nullement déshonorante. Mais elle n'est pas directement liée à l'actualité, elle est sortie de son contexte.

L'internaute avait donné l'an dernier son assentiment à la publication de cette même photographie dans l'un des journaux papier du groupe.

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