02/07/2015

La honte promise au médiateur jusqu'à la tombe!

La photocopie d’un hommage rendu par Martine Brunschwig Graf à Pierre Weiss, disparu peu auparavant, parvient au médiateur. L’article est paru dans Le Temps. Il est accompagné d’une lettre personnelle.

Ancienne conseillère d’Etat, Martine Brunschwig Graf a bien connu le défunt, actif député au Parlement genevois, dernier président du Parti libéral suisse. Dans son éloge, elle énumère ses nombreuses publications. Elle choisit de citer quelques lignes d’un billet publié fin 2008 par Pierre Weiss sur son blog «Par amour de la liberté», attaché à la plate-forme de la Tribune de Genève.

Ce billet est intitulé «Les corbeaux aiment les blogs». Sur la photocopie, un passage est marqué au feutre jaune. Le voici:
«L’animal favori de trop de blogueurs, encouragés par des médias soucieux d’audience, de «hits», fait des ravages. Se cachant derrière des pseudonymes indignes d’une démocratie, ceux-là utilisent la liberté de parole sans la moindre responsabilité pour les propos tenus.»

Pourquoi marquer ces propos en jaune? Rien ici qui dérange le médiateur. Au contraire.

 
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25/06/2015

L'oeil critique des lecteurs

Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux n’y changent quasi rien. Le débit des lettres lecteurs est à peine moins élevé qu’autrefois. Les plis postaux, les lettres manuscrites déposées à la réception des journaux se sont raréfiés. Les envois empruntent pour la plupart les voies ultrarapides des messageries électroniques. Ils continuent d’affluer, visant une parution dans les éditions papier. A l’ancienne, en somme.

L’attention portée par les journaux aux lettres de lecteurs est une très vieille histoire. Dans la presse anglaise du dix-huitième siècle, une place leur est déjà faite. Il y est question des affaires publiques, de l’évolution des mœurs, de l’éducation. Les journaux servent alors d’écho aux conversations menées dans les cafés. Le Guardian en organise le flux. Une boîte aux lettres est apposée sur un mur du café Button’s. Elle a l’aspect d’une tête de lion. Les lecteurs déposent dans sa gueule les messages destinés au journal.

La tradition subsiste. Peu de journaux ou de magazine se privent d’un courrier des lecteurs. Les quotidiens régionaux des cantons lémaniques ne font pas exception. La démonstration est quotidienne: le cours est loin de s’assécher. Lorsque l’habitude existait de procéder à des enquêtes de lecture, le courrier des lecteurs appartenait régulièrement au groupe des rubriques les plus fréquentées.

Le médiateur est très souvent interpellé sur les messages déposés en ligne sur les versions électroniques des journaux. En particulier sur l’action des modérateurs, dénoncée comme laxiste ou, au contraire, comme éprise de censure. Il l’est plus rarement sur la gestion courrier des lecteurs dans sa version papier.

Le hasard veut qu’à quelques jours d’intervalle, il le soit par deux lecteurs. L’un est en délicatesse avec la rédaction de 24 heures. L’autre avec celle de la Tribune de Genève.

 
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11/06/2015

La sensation peut se glisser partout

«Le sensationnalisme est-il inhérent au métier de journaliste?» C’est la question que pose au médiateur une étudiante aux prises avec la rédaction d’un mémoire. Voilà le genre de question désagréable, qui met la profession sur les pattes de derrière. Il est difficile d’y répondre tout-à-trac.

Bernard Béguin, disparu il y a moins d’un an, propose dans son livre Journaliste, qui t’a fait roi? cette définition fine de la sensation: «L’escalade des stimulations qu’un journal croit nécessaire d’appliquer à l’épiderme de son public pour le faire réagir».

Cet ancien rédacteur en chef du Journal de Genève  signale la relativité de la notion. La sensation dépend du journal et de son projet rédactionnel. Elle dépend tout autant du public et de l’épaisseur de son épiderme.

Le choix et la présentation des nouvelles s’organisent autour de quatre principaux critères: leur actualité, leur intelligibilité (elles doivent être comprises), leur proximité (elles doivent être proches des intérêts du public), leur capacité de toucher les gens. La sensation se fraie un chemin dans cette suite. Elle apparaît comme le moyen le plus courant, sinon le plus légitime, d’assurer la réception de l’information par le public.

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26/05/2015

Un médiateur trop indulgent face aux dérives des médias?

Les relations du médiateur avec les lecteurs sont plutôt gratifiantes. Il leur arrive même de déboucher sur des remerciements. Elles ne lui épargnent pas, parfois, un sentiment d’inachevé.

Ainsi cette réaction d’un internaute à la suite du dernier billet sur le récit fictif d’un viol dans une université américaine. Le «bidonnage»  a valu au magazine Rolling Stone une sévère condamnation par un rapport de l’Université de Columbia.

De ce montage inadmissible, le médiateur a retenu le principal ressort: le recours par l’auteur de l’enquête à des pseudonymes concernant les protagonistes, non signalés comme tels au lecteur. Le procédé a dispensé la journaliste de les rencontrer et de les confronter au récit de la prétendue victime. Saisie au vol d’une remarque du rapport: «Les pseudonymes sont fondamentalement indésirables dans le journalisme».

Le médiateur a cru bon de pondérer cette affirmation (...)

L’apport de ces nuances sur le recours au pseudonyme a été jugé intolérable par un internaute: comment peut-on s’arrêter à de tels détails, alors que l’article de Rolling Stone provoque un véritable scandale, que ni son auteur ni sa hiérarchie n’ont été à ce jour sanctionnés (une action en justice toute récente est en cours), que le rapport de l’Université de Columbia est accablant?

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07/05/2015

Rolling Stone: une enquête "bidon"

Ce n’est pas une histoire d’ici. Elle nous vient des Etats-Unis. Elle raconte un viol commis à l’université de Virginie. Le récit est publié par le bi-mensuel Rolling Stone, en novembre 2014. Plusieurs cas de viols sur les campus universitaires font alors grand bruit dans les médias. La rédactrice en chef du magazine entend se concentrer sur le cas, le décortiquer, l’ériger en exemple.

La journaliste chargée de l’enquête commence par prendre contact avec une association d’aide aux victimes de viol à l’université de Virginie. Elle rencontre une jeune femme prête à témoigner sous pseudonyme.

Le viol a pour contexte une fête entre étudiants. Jackie raconte. L’entretien n’est pas bâclé: la journaliste échange avec sa source à sept reprises, par téléphone et en direct. Elle croit fermement au récit de la jeune femme. Elle reçoit le soutien de sa rédaction en chef et de l’équipe des vérificateurs de faits du magazine. Le reportage paraît.

Problème: le récit est presque exclusivement fondé sur le témoignage de Jackie. Il suscite des réactions. La société d’étudiants organisatrice de la fête conteste les faits, la police n’est pas en mesure de confirmer. Ebranlée, la journaliste informe sa hiérarchie de ses doutes. Il semble qu’elle a été manipulée.

 
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27/04/2015

Davantage de réclamations au médiateur l'an dernier

La somme des réclamations adressées au médiateur en 2014 est en progression, comparée à celle de l’exercice précédent: 113 contre 85. Cela ne signifie pas que 24 heures, la Tribune de Genève et Le Matin se soient montrés plus négligents, moins respectueux de leurs règles professionnelles et de leurs normes déontologiques. Une réclamation ne signale pas nécessairement un manquement ou une faute,

De plus, les plaintes et questions ne relèvent pas toutes du traitement rédactionnel de l’actualité – même si les événements de Gaza l’été dernier ont suscité une attention soutenue de la part de certains lecteurs. Un nombre à peu près égal d’interpellations porte sur la gestion des relations des lecteurs et internautes avec les rédactions, ou entre eux. Il s’agit de deux registres étonnamment équilibrés, mais distincts.

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14/04/2015

Le public demande des comptes

Tout le monde a-t-il pris la mesure du bouleversement opéré par l’Internet, surtout depuis l’avènement des réseaux sociaux?

Les citoyens prennent désormais une part active à la circulation des opinions et des informations. Ils interviennent sans devoir se plier aux contraintes anciennes: l’espace limité d’un courrier des lecteurs dans les journaux, le bref temps d’antenne laissé aux interventions du public en radio et en télévision, le respect de règles journalistiques et d’orientations éditoriales appliquées par les rédactions, etc.

Leur interventions du public les plus courantes prennent la forme de commentaires spontanés sur les sites web des médias traditionnels ou sur les sites d’information dits « pure players », soit exclusivement installés sur le Web.

Certains internautes mènent par ailleurs des activités autonomes par la création de sites ou la tenue de blogs. D’autres encore ne manquent pas de pratiquer un «journalisme citoyen» en répondant à des offres de participation. Sans même évoquer ici les nombreuses manière d’assurer une présence sur le Web par le truchement des réseaux sociaux: Facebook, Twitter, YouTube, etc.

De façon spontanée ou concertée, des citoyens réagissent ainsi aux opinions et informations des médias. Ils ne se manifestent pas seulement comme «producteurs de contenus». Un spécialiste canadien des médias, Marc-François Bernier, le souligne: pour la première fois de l'histoire de la presse, les citoyens peuvent «intervenir directement et exprimer leurs doléances». Cette façon d’exercer une régulation sur les activités journalistiques pourrait être même, avance-t-il, «plus efficace que les dispositifs traditionnels que sont les conseils de presse, ombudsmans et médiateurs de presse».

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27/03/2015

Rumeurs et scoop vendeur sur les collèges genevois

Un enseignant publie une lettre dans le courrier des lecteurs de la Tribune de Genève du 23 mars. Il revient sur les changements d’affectation de bâtiments scolaires, prévus au bout du lac par le Département de l’instruction publique. Il s’en prend à un éditorial du journal sur la gestion de ces projets. Libre à lui.

L’enseignant tire argument du traitement journalistique réservé à l’affaire. Il reproche à la Tribune de s’être fondée sur une rumeur. Tout en concédant d’emblée que celle-ci ne se trouve «certes pas à des lieues de la vérité» révélée plus tard. Il souligne que le quotidien a porté le sujet en première page par deux fois.

S’ensuivent quelques lignes assez vives: «Joli coup médiatique, vieux comme le journalisme. Ficelle classique du vendeur de journaux: chercher le scoop, donner crédit à une taupe, prendre de vitesse la vraie source et faire mousser le chaland.»

Diable! Le florilège justifie une revue de détail.

 
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16/03/2015

Pour qui roule le journal?

L’Union démocratique du Centre (UDC) lance en Valais une initiative populaire visant à interdire le port de couvre-chefs en classe. La Tribune de Genève présente avec éclat l’ouverture de sa campagne. Elle se voit aussitôt reprocher, sur sa plate-forme de blogs, de faire «le lit des extrémistes» et de les médiatiser à l’excès.

Pourquoi accorder, en effet, autant d’importance à cette initiative valaisanne, alors que le port du voile par de jeunes musulmanes à l’école n’est à ce jour pas considéré comme un réel problème à Genève? Pourquoi une telle publicité, alors qu’un projet de loi de l’UDC, de la même eau, vient de se voir écarté par le Grand Conseil genevois?

Dans un canton de Vaud ni plus ni moins concerné par les offensives de l’UDC sur le voile, 24 heures réserve à un article de la même journaliste un traitement plus sobre, sans illustration, complément ni garniture.

La critique est récurrente. Dans un pays démocratique, le silence n’est certainement pas la voie à suivre par une presse régionale souvent en situation dominante. Les choses doivent donc être dites. Aucun acteur de la vie publique ne saurait être ignoré. Tout est question de mesure. La «juste mesure» tient toutefois, et largement, à des critères relatifs. A quel moment l’attention portée à tel courant, à telle personne se mue-t-elle, malgré elle le plus souvent, en propagande?

 
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27/02/2015

Commentaires sur le Web: on se calme!

L’Internet permet à chacun de s’exprimer. C’est une excellente chose. Mais la liberté n’exclut pas la civilité. Pas plus que la conviction la plus robuste n’interdit un sens élémentaire de la communication.

Les commentaires apportés par les internautes sur les sites des médias illustrent malheureusement une maladie infantile de l’Internet. Il s’en trouve d’injurieux, d’obscènes, de méchants, d’agressifs, de violents. En nombre limité, certes, mais encore trop nombreux eu égard à leur capacité de nuisance.

Comment limiter les insupportables dérives de quelques-uns sans imposer de pesantes contraintes à tous? C’est un peu la quadrature du cercle.

Depuis 2011, les publications romandes de Tamedia ont confié la modération des commentaires déposés sur leurs sites à une société spécialisée, Netino. C’est elle qui sépare le bon grain de l’ivraie. Elle est le filtre qui laisse filer en ligne les commentaires publiables et retient les autres (...)

En 2014, quelque 15% des commentaires adressés aux versions électroniques des trois quotidiens romands de Tamedia ont été rejetés. Dans le détail, 17,5 % sur le site du Matin, 11,5 % sur celui de la Tribune de Genève, 11 % sur celui de 24 heures. Signe encourageant: ces taux, ici arrondis, sont en faible recul par rapport à 2013.

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09/02/2015

"Je n'ai pas dit ça!"

Cet habitant de Genève n’est pas content. Il s’est entretenu avec un journaliste de la Tribune de Genève et s’est retrouvé ensuite dans le journal. Il affirme que son interlocuteur ne l’a pas averti explicitement de la reprise d’une partie de ses réponses. De plus, il conteste les propos qui lui sont prêtés. Ennuyeux.

Plus ennuyeux encore, l’entretien s’est déroulé il y a deux ans. L’article a été publié alors dans les éditions papier du journal et sur sa version en ligne. C’est la permanence d’un lien référencé par Google qui fait réagir aujourd’hui l’intéressé.

Il semble établi que le journaliste n’a rien caché de son état professionnel ni du sujet traité. Il n’appartient plus à la rédaction de la Tribune depuis l’été 2013. Après tout ce temps, il n’est pas aisé de procéder à une confrontation des points de vue.

Entrer en discussion avec un journaliste suppose que l’on s’inscrit dans l’exercice de son métier et non en vue d’une conversation destinée à passer le temps. Toute personne qui n’est pas censée rendre des comptes au public, par ses fonctions ou qualités, est libre de refuser de répondre. A défaut, et selon le tour de l’entretien, de signifier clairement qu’elle n’entend pas retrouver son nom ni ses déclarations dans le journal.

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26/01/2015

Otages: la responsabilité des télévisions en continu

Le déroulement des événements qui ont suivi la tuerie de Charlie Hebdo se précise peu à peu. Tout n’est pas élucidé à ce jour. Le dernier mot n’est pas dit non plus sur la responsabilité des médias qui ont assuré la couverture des événements en direct. Deux débats sont apparus: les interférences entre l’action policière et les activités médiatiques et, surtout, la mise en danger des otages retenus par les terroristes.

Sur ce second aspect, une déclaration a fait le tour des médias. Elle émane de la compagne d’un otage retenu au supermarché casher de la porte de Vincennes, qui déclara après le dénouement: «Vous avez failli faire une grosse erreur, BFM. Vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c’est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM…  Heureusement qu’il n’a pas vu la bande, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts.»

Que répond le directeur de la rédaction de la chaîne?

 
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15/01/2015

"Charlie" et la satire: sans limites, vraiment?

L’assassinat de dessinateurs connus et de collaborateurs de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le meurtre de sang-froid de policiers et d’anonymes surpris au mauvais moment au mauvais endroit, tout cela déclenche dans l’opinion publique une émotion durable, d’une rare intensité. Les manifestations du 11 janvier resteront dans les mémoires.

Face à un déluge de paroles, de mots et d’images sur la liberté d’expression, la démocratie et la République, est-il possible d’échapper à la fascination de l’événement monstre pour revenir humblement à son point de départ: les conditions de la satire dans nos sociétés?

Dans plusieurs médias, on a fait grand cas dans les premiers jours de la volte-face du Financial Times, qui a jugé « stupides » les provocations de Charlie Hebdo, avant de s’amender sous la pression de ses lecteurs. On s’est étonné de la retenue du Guardian, qui a accordé un don en argent à l’hebdomadaire satirique, sans se sentir tenu de reproduire par solidarité les caricatures litigieuses. On n’a pas compris non plus qu’un autre phare de l’information mondiale, le New York Times, ait masqué les mêmes images en recourant au «floutage».

Cette réserve s’explique par des facteurs sociaux (la composition de la société britannique) ou politiques (la toute-puissance américaine, dispensée d’ajouter le défi à la force). Elle signale de plus un paradoxe ancien et tenace.

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15/12/2014

L'objectivité journalistique: une chimère?

Retour sur le récent bilan de Margaret Sullivan, médiatrice du New York Times. Outre la question des sources anonymes, évoquée ici dans un précédent billet, il y est furtivement question de l’objectivité. Plus précisément: de cette forme de l’objectivité si commune dans la presse d’information américaine, lorsque les articles juxtaposent les déclarations de uns et des autres sans permettre au lecteur de se faire une idée assez ferme, à défaut d’être sûre, de la réalité des faits.

La formule «he said, she said» («il a dit, elle a dit», qui accompagne chaque citation) a effectivement pour objectif d’attribuer à chacun des interlocuteurs du journal la responsabilité de sa vision des faits et de ses opinions. Elle laisse souvent le lecteur dans le flou. Qui doit-il croire, que doit-il comprendre? L’équilibre entre les deux sons de cloche est assuré, mais il peut être trompeur.

Au début des années 1970, un article remarqué de l’American Journal of Sociology, par Gaye Tuchman, parlait de l’objectivité dans la presse comme d’un «rituel stratégique». Le présentation obligatoire de points de vue opposés en fait partie. L’usage systématique de citations entre guillemets, l’attribution claire de chacune d’elles à son auteur, l’apport de preuves factuelles appartiennent aussi à ces rituels. Ils contribuent à la construction d’une objectivité qui risque de s’apparenter à un trompe-l’œil.

La notion d’objectivité en journalisme est exposée, et même vulnérable à la critique.

 
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01/12/2014

Droit à l'oubli: le débat est ouvert

Le droit à l’oubli fait débat. A l’origine, l’enjeu est de s’abstenir de rappeler sans une raison impérative le passé d’une personne ayant eu maille à partir avec la justice ou s’étant illustrée par des attitudes contraires à l’honneur. Les journalistes y sont souvent confrontés. La réponse passe nécessairement par une recherche d’équilibre entre les droits de cette personne et l’intérêt du public à connaître les faits, même longtemps après qu’ils se sont produits.

Le développement de l’Internet a conféré cependant au droit à l’oubli une nouvelle dimension, à la fois dans l’espace et dans le temps. Les moteurs de recherche, à partir des seuls nom et prénom d’une personne, révèlent à quiconque et dans l’instant ce qui a été un jour publié à son sujet.

Un arrêt de la Cour de justice européenne du 13 mai 2014 a relancé la discussion, aussi bien dans les cercles juridiques que dans les milieux journalistiques. Il fait obligation aux moteurs de recherche de supprimer de leurs listes de référencement, à la demande des intéressés, des données personnelles considérées comme inadéquates, non pertinentes, excessives ou obsolètes. Il est d’ailleurs davantage question aujourd’hui d’un droit à l’effacement, à la « non-évocation » ou encore à la « désindexation ».

C’est ce qui ressort notamment d’une journée d’étude organisée fin novembre à l’université de Lausanne par le Centre du droit de l’entreprise (Cedidac), avec la participation de plusieurs juristes spécialisés.

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