27/02/2015

Commentaires sur le Web: on se calme!

L’Internet permet à chacun de s’exprimer. C’est une excellente chose. Mais la liberté n’exclut pas la civilité. Pas plus que la conviction la plus robuste n’interdit un sens élémentaire de la communication.

Les commentaires apportés par les internautes sur les sites des médias illustrent malheureusement une maladie infantile de l’Internet. Il s’en trouve d’injurieux, d’obscènes, de méchants, d’agressifs, de violents. En nombre limité, certes, mais encore trop nombreux eu égard à leur capacité de nuisance.

Comment limiter les insupportables dérives de quelques-uns sans imposer de pesantes contraintes à tous? C’est un peu la quadrature du cercle.

Depuis 2011, les publications romandes de Tamedia ont confié la modération des commentaires déposés sur leurs sites à une société spécialisée, Netino. C’est elle qui sépare le bon grain de l’ivraie. Elle est le filtre qui laisse filer en ligne les commentaires publiables et retient les autres (...)

En 2014, quelque 15% des commentaires adressés aux versions électroniques des trois quotidiens romands de Tamedia ont été rejetés. Dans le détail, 17,5 % sur le site du Matin, 11,5 % sur celui de la Tribune de Genève, 11 % sur celui de 24 heures. Signe encourageant: ces taux, ici arrondis, sont en faible recul par rapport à 2013.

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09/02/2015

"Je n'ai pas dit ça!"

Cet habitant de Genève n’est pas content. Il s’est entretenu avec un journaliste de la Tribune de Genève et s’est retrouvé ensuite dans le journal. Il affirme que son interlocuteur ne l’a pas averti explicitement de la reprise d’une partie de ses réponses. De plus, il conteste les propos qui lui sont prêtés. Ennuyeux.

Plus ennuyeux encore, l’entretien s’est déroulé il y a deux ans. L’article a été publié alors dans les éditions papier du journal et sur sa version en ligne. C’est la permanence d’un lien référencé par Google qui fait réagir aujourd’hui l’intéressé.

Il semble établi que le journaliste n’a rien caché de son état professionnel ni du sujet traité. Il n’appartient plus à la rédaction de la Tribune depuis l’été 2013. Après tout ce temps, il n’est pas aisé de procéder à une confrontation des points de vue.

Entrer en discussion avec un journaliste suppose que l’on s’inscrit dans l’exercice de son métier et non en vue d’une conversation destinée à passer le temps. Toute personne qui n’est pas censée rendre des comptes au public, par ses fonctions ou qualités, est libre de refuser de répondre. A défaut, et selon le tour de l’entretien, de signifier clairement qu’elle n’entend pas retrouver son nom ni ses déclarations dans le journal.

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26/01/2015

Otages: la responsabilité des télévisions en continu

Le déroulement des événements qui ont suivi la tuerie de Charlie Hebdo se précise peu à peu. Tout n’est pas élucidé à ce jour. Le dernier mot n’est pas dit non plus sur la responsabilité des médias qui ont assuré la couverture des événements en direct. Deux débats sont apparus: les interférences entre l’action policière et les activités médiatiques et, surtout, la mise en danger des otages retenus par les terroristes.

Sur ce second aspect, une déclaration a fait le tour des médias. Elle émane de la compagne d’un otage retenu au supermarché casher de la porte de Vincennes, qui déclara après le dénouement: «Vous avez failli faire une grosse erreur, BFM. Vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c’est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM…  Heureusement qu’il n’a pas vu la bande, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts.»

Que répond le directeur de la rédaction de la chaîne?

 
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15/01/2015

"Charlie" et la satire: sans limites, vraiment?

L’assassinat de dessinateurs connus et de collaborateurs de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le meurtre de sang-froid de policiers et d’anonymes surpris au mauvais moment au mauvais endroit, tout cela déclenche dans l’opinion publique une émotion durable, d’une rare intensité. Les manifestations du 11 janvier resteront dans les mémoires.

Face à un déluge de paroles, de mots et d’images sur la liberté d’expression, la démocratie et la République, est-il possible d’échapper à la fascination de l’événement monstre pour revenir humblement à son point de départ: les conditions de la satire dans nos sociétés?

Dans plusieurs médias, on a fait grand cas dans les premiers jours de la volte-face du Financial Times, qui a jugé « stupides » les provocations de Charlie Hebdo, avant de s’amender sous la pression de ses lecteurs. On s’est étonné de la retenue du Guardian, qui a accordé un don en argent à l’hebdomadaire satirique, sans se sentir tenu de reproduire par solidarité les caricatures litigieuses. On n’a pas compris non plus qu’un autre phare de l’information mondiale, le New York Times, ait masqué les mêmes images en recourant au «floutage».

Cette réserve s’explique par des facteurs sociaux (la composition de la société britannique) ou politiques (la toute-puissance américaine, dispensée d’ajouter le défi à la force). Elle signale de plus un paradoxe ancien et tenace.

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15/12/2014

L'objectivité journalistique: une chimère?

Retour sur le récent bilan de Margaret Sullivan, médiatrice du New York Times. Outre la question des sources anonymes, évoquée ici dans un précédent billet, il y est furtivement question de l’objectivité. Plus précisément: de cette forme de l’objectivité si commune dans la presse d’information américaine, lorsque les articles juxtaposent les déclarations de uns et des autres sans permettre au lecteur de se faire une idée assez ferme, à défaut d’être sûre, de la réalité des faits.

La formule «he said, she said» («il a dit, elle a dit», qui accompagne chaque citation) a effectivement pour objectif d’attribuer à chacun des interlocuteurs du journal la responsabilité de sa vision des faits et de ses opinions. Elle laisse souvent le lecteur dans le flou. Qui doit-il croire, que doit-il comprendre? L’équilibre entre les deux sons de cloche est assuré, mais il peut être trompeur.

Au début des années 1970, un article remarqué de l’American Journal of Sociology, par Gaye Tuchman, parlait de l’objectivité dans la presse comme d’un «rituel stratégique». Le présentation obligatoire de points de vue opposés en fait partie. L’usage systématique de citations entre guillemets, l’attribution claire de chacune d’elles à son auteur, l’apport de preuves factuelles appartiennent aussi à ces rituels. Ils contribuent à la construction d’une objectivité qui risque de s’apparenter à un trompe-l’œil.

La notion d’objectivité en journalisme est exposée, et même vulnérable à la critique.

 
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01/12/2014

Droit à l'oubli: le débat est ouvert

Le droit à l’oubli fait débat. A l’origine, l’enjeu est de s’abstenir de rappeler sans une raison impérative le passé d’une personne ayant eu maille à partir avec la justice ou s’étant illustrée par des attitudes contraires à l’honneur. Les journalistes y sont souvent confrontés. La réponse passe nécessairement par une recherche d’équilibre entre les droits de cette personne et l’intérêt du public à connaître les faits, même longtemps après qu’ils se sont produits.

Le développement de l’Internet a conféré cependant au droit à l’oubli une nouvelle dimension, à la fois dans l’espace et dans le temps. Les moteurs de recherche, à partir des seuls nom et prénom d’une personne, révèlent à quiconque et dans l’instant ce qui a été un jour publié à son sujet.

Un arrêt de la Cour de justice européenne du 13 mai 2014 a relancé la discussion, aussi bien dans les cercles juridiques que dans les milieux journalistiques. Il fait obligation aux moteurs de recherche de supprimer de leurs listes de référencement, à la demande des intéressés, des données personnelles considérées comme inadéquates, non pertinentes, excessives ou obsolètes. Il est d’ailleurs davantage question aujourd’hui d’un droit à l’effacement, à la « non-évocation » ou encore à la « désindexation ».

C’est ce qui ressort notamment d’une journée d’étude organisée fin novembre à l’université de Lausanne par le Centre du droit de l’entreprise (Cedidac), avec la participation de plusieurs juristes spécialisés.

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18/11/2014

Le virus Ebola et les médias: une sage colère

Les médias occidentaux sont malades du virus Ebola. Cela fait plusieurs mois que le malaise s’est installé. L’impression s’impose qu’il ne cesse de gagner. Le diagnostic a commencé par s’inscrire en filigrane sur les premières pages, jour après jour dévolues aux maux endémiques du Proche-Orient, à la progression de l’Etat islamique, aux obscurs combats ukrainiens. Le voilà qui s’affirme avec éclat.

Quels symptômes, d’abord? A propos d’un virus qui s’est manifesté pour la première fois il y a près de quarante ans en République démocratique du Congo, la mutation d’une préoccupation réelle et justifiée en un état de panique mal contrôlé – le rappel emphatique des grandes pestes du Moyen Age, de la grippe espagnole bientôt centenaire. L’extension par négligence à l’ensemble d’un continent d’un phénomène aujourd’hui localisé sous sa forme aiguë dans trois pays d’Afrique occidentale (Guinée, Sierra Leone, Liberia). L’extrapolation des risques courus par la planète, du seul fait de la mobilité des populations, inhérente à la mondialisation. En funeste apothéose, le constat livré lors du journal télévisé de la rts: des gens de couleur hésiteraient désormais à s’annoncer auprès d’unités de soins en Suisse romande, par crainte d’être suspectés d’être porteurs de la maladie.

Pourquoi cet enchaînement? Parce que le regard des médias occidentaux sur la propagation du virus Ebola se charge d’une inquiétude contagieuse aussitôt qu’un risque apparaît d’une contamination en Europe ou en Amérique du Nord.

 
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03/11/2014

Sources confidentielles et propos anonymes

La médiatrice du New York Times, Margaret Sullivan, entame une troisième année dans ses fonctions de «rédactrice publique» (public editor). Dans une chronique parue le mois dernier, elle tire un bilan de ses activités au service du lecteur. Parmi les thèmes de réclamation les plus fréquents figure un aspect souvent discuté des pratiques journalistiques: l’anonymat des sources (...)

Il s’agit de l’octroi fréquent aux interlocuteurs du journal de la couverture de l’anonymat. Un octroi souvent «gratuit» aux yeux de la médiatrice, sans véritable justification. Elle cite en exemple un récent article sur un enseignant de Brooklyn soupçonné d’abus sexuels sur des étudiants, rapportant sous anonymat un témoignage effectivement anodin.

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15/10/2014

Les métiers du journalisme en mutation: le modèle du couteau suisse

«Former pour innover». Dans les premiers jours d’octobre s’est tenue à Paris la Conférence nationale des métiers du journalisme. Française par définition, mais ouverte à des intervenants étrangers. Votre médiateur y était invité en qualité d’observateur, chargé en compagnie d’un polytechnicien d’en proposer des conclusions. Il s’agissait de s’interroger sur le rôle de la formation dans l’adaptation des entreprises de médias et de leurs métiers aux profonds changements apportés par l’Internet et les technologies numériques.

Ce qui frappe aussitôt dans le programme de la Conférence, c’est l’ambition de prendre en compte la dimension entrepreneuriale du journalisme numérique. Les médias sont interpellés dans leur fonctionnement et leur offre au public par les nouvelles technologies. La presse écrite, la presse quotidienne en premier lieu, est durement malmenée par la dégradation de son modèle économique. Les médias sont obligés de se repenser quant à leur contenu et à leur organisation rédactionnelle.

L’ambition est de passer de la construction d’un savoir-faire ancré dans une maîtrise individuelle des outils au déploiement d’une capacité d’innover, d’inventer, de créer dans le contexte de l’entreprise. Tant les écoles et universités formatrices que les entreprises elles-mêmes y prennent leur part.

 
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01/10/2014

Repli des médias devant les images de la barbarie

Auriez-vous souhaité voir les images? Les médias ne vous les ont pas montrées. Ni après la mise à mort des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff. Ni après l’assassinat du travailleur humanitaire britannique David Haines. Ni après la décapitation du guide de montagne français Hervé Gourdel.

 

Une censure médiatique laisserait-elle aux professionnels le droit de décider ce qui doit être diffusé au public et ce qui doit lui rester caché, seuls à s’arroger le privilège douteux de «regarder la vérité en face»? La question surgit lorsque survient l’abominable. Elle est latente. De la réalité du monde, au jour le jour, les journaux télévisés ne présentent jamais que ce qui peut être vu sans vous révulser, et encore vous avertissent-ils au besoin de la «dureté de certaines séquences».

Vos médias habituels ne vous ont donc pas montré les images de la barbarie. Pour ne pas servir la propagande des djihadistes de la génération «Etat islamique». Pour ne pas amplifier leur «message de sang» par des diffusions échevelées. Par respect pour les victimes et leurs familles.

 

 

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17/09/2014

"On a les photos!"

Les photographes et les caméramans professionnels ne sont plus les seuls à documenter par l’image les événements et les drames de la planète. Ni l’Internet ni ses réseaux sociaux ne sont à l’origine du phénomène. Ils lui donnent une ampleur sans précédent.

Chaque fin d’été se tient à Perpignan un important festival dévolu au photojournalisme, Visa pour l’image. Il forme avec les Rencontres d’Arles, plutôt vouées à la photographie comme «septième art», un passionnant diptyque estival.

Le Temps du 13 septembre rend compte d’une exposition au Couvent des Minimes de Perpignan, intitulée Amateurs à la une, dont le sous-titre interroge: «30 images qui n’ont pas changé le photojournalisme».  En guise de préface, quelques jours avant l’ouverture du festival, Le Monde publiait une série d’articles sur «Les amateurs du scoop», l’image captée en primeur par des acteurs ou des témoins.

Le statut de l’image dans les médias s’est modifié depuis le développement du Web 2.0. Auparavant, l’illustration de l’actualité était principalement l’affaire de reporters journalistes dépêchés sur les lieux par leurs agences ou leurs journaux. Non sans de notables exceptions. (...) Un basculement s’opère au moment du tsunami du 26 décembre 2004, en Thaïlande. Sur ces lieux de vacances, à l’époque des fêtes de fin d’année, aucune agence ne peut compter sur la présence d’un photographe de métier. Les agences se mettent alors en chasse d’images prises par des touristes rescapés, vacanciers témoins du drame et dûment équipés désormais en matériel numérique.

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01/09/2014

A l'écoute du lecteur: deux centième

Ce billet est le deux centième mis en ligne sur La page du médiateur.  En sept ans et quatre mois, c’est à la fois peu et beaucoup. A peine plus de deux billets par mois, cela semble négligeable en comparaison d’une production journalistique ordinaire ou du rythme soutenu de nombreux blogueurs. C’est appréciable en regard du champ relativement limité, en tout cas délimité, de la médiation de presse.

Depuis 1998 et pendant neuf ans, les trois quotidiens du groupe Edipresse (24 heures, la Tribune de Genève et Le Matin) ont disposé de leur médiateur attitré. Je l’étais alors pour la Tribune. Le rôle de chacun était d’entendre les réclamations des lecteurs au sujet du traitement journalistique de l’actualité et de tenter d’apporter réponses ou solutions. Une explication souvent, un simple avis parfois, une confrontation avec le point de vue de la rédaction, l’obtention d’une éventuelle rectification (...)

En mai 2007, le transfert de la médiation à un titulaire unique pour l’ensemble des titres du groupe n’a rien changé d’essentiel. Sinon que le passage par l’Internet s’est aussitôt imposé, comme une sorte de dénominateur commun: c’est sur La page du médiateur (www.mediateur.tamedia.ch) que sont publiés désormais les avis et considérations destinés à l’ensemble du public.

La reprise complète dès 2011 des publications romandes d’Edipresse par le groupe Tamedia a pérennisé la fonction. Le groupe alémanique l’avait par ailleurs instituée pour lui-même dès la fin des années 1990.

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18/08/2014

Une guerre chasse l'autre

La guerre est finie? Non. Simplement, on n’en parle plus. Ou presque. Comme si les médias n’étaient capables d’informer que sur un seul conflit à la fois. Le phénomène est permanent. A la mi-août, il tient du modèle.

Une première semaine encore focalisée sur Gaza, des trêves hésitantes, des tirs ou des roquettes partant sans crier guerre, des spéculations en vue d’éventuels pourparlers. Et voilà que l’actualité se braque brusquement sur le Kurdistan irakien, des chrétiens d’Orient chassés de chez eux, des Yazidis traqués par les djihadistes de l’Etat islamique, des frappes américaines, un appui bégayant des Européens.

Entre deux conflagrations, les médias s’autorisent un détour sur les ravages du virus Ebola. Il suffit d’un souffle pour que le feu menace de reprendre dans un troisième foyer, en Ukraine. Une guerre chasse l’autre dans une funeste course de relais médiatique. A propos, que se passe-t-il en Syrie? En Libye?

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04/08/2014

Gaza: quelle impartialité?

Le 12 juin dernier, trois adolescents israéliens suivant un enseignement talmudique rentrent chez eux après les cours. Ils font de l’autostop près des colonies de Gush Etzion, en Cisjordanie. Ils sont enlevés et disparaissent. L’un d’eux parvient néanmoins à lancer un appel la police. Les autorités israéliennes déclenchent une vaste opération militaire pour les retrouver et tenter de démanteler l’infrastructure du Hamas sur ce territoire. Les corps des trois jeunes gens sont découverts le 30 juin, partiellement inhumés sous un tas de pierres dans la région d’Hébron. Le Hamas est mis en cause, bien qu’il se défende d’avoir commandité l’enlèvement, que les services israéliens attribuent à deux militants islamistes passés par la prison.

Le 2 juillet à Jérusalem, tôt le matin, un adolescent palestinien se rend à la prière. Il est contraint d’entrer dans un véhicule. Cela se passe devant la mosquée du quartier de Shu’fat, à Jérusalem Est. Des témoins assistent à l’enlèvement, la famille alerte aussitôt la police israélienne. Le corps calciné du jeune homme est découvert quelques heures plus tard dans la forêt, de l’autre côté de la ville. Il a été brûlé vif. Le meurtre est commis le lendemain des funérailles des trois étudiants retrouvés près d’Hébron. Deux semaines plus tard, un homme de 29 ans et deux mineurs sont inculpés pour l’enlèvement et le meurtre du jeune Palestinien. Selon l’enquête, ils appartiennent à une mouvance d’extrême droite.

Jeux de miroirs terrifiants. Depuis lors, c’est l’explosion. La bande de Gaza est à feu et à sang. Le Hamas envoie des tirs de roquettes sur Israël. Les morts s’accumulent. Du côté palestinien, les victimes se comptent par centaines. Parmi elles, des enfants. Qui ne se sent interpellé par ses racines, ses convictions, sa mémoire?

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01/07/2014

L'affaire Giroud, versant médiatique

L’affaire Giroud, du nom de l’encaveur valaisan en délicatesse avec la justice, suscite de très nombreuses réactions en Suisse romande. A propos des pratiques de professionnels du vin, inévitablement. Mais aussi autour d’une opération rocambolesque visant des journalistes et des médias qui l’ont nourrie de leurs révélations. Plusieurs d’entre ces réactions émanent d’ailleurs des milieux concernés.

Un médiateur de presse n’a pas à se prononcer sur ce qui se passe entre cep, étiquette et tire-bouchon. Il lui reste donc les aspects médiatiques. Ainsi cette question, adressée par un journaliste de l’audiovisuel: «Ne trouvez-vous pas que [les] récents articles et reportages (…) piétinent le principe de présomption d’innocence, dont devraient bénéficier les trois protagonistes de cette affaire: le détective privé, le hacker et l’agent du SRC [Service de renseignement de la Confédération]

Les trois comparses sont impliqués dans la recherche – privée et non judiciaire! – de l’origine des fuites vers Le Temps et la rts au sujet des agissements de Dominique Giroud. A la suite de plaintes déposées par ces deux médias pour piratage informatique, ils ont été incarcérés par le procureur général genevois Olivier Jornot en même temps que l’encaveur. Histoire d’éviter des risques de collusion. La détention a duré deux semaines, le temps d’enregistrer quelques discordances.

Mon correspondant ajoute: «Leur nom n’est certes pas mentionné explicitement, mais les reportages et articles donnent une foule d’indices permettant de très rapidement connaître, notamment, l’identité du détective privé et du hacker».

La divulgation de l’identité d’un suspect est liée à une possible violation de la présomption d’innocence. Le Tribunal fédéral l’a établi dans deux arrêts de 1990.

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