26/06/2013

Retour sur OffshoreLeaks

C’était il y a près de trois mois. Grand battage autour de révélations issues de données rassemblées par un Consortium international de journalisme d’investigation (ICIJ) d’origine américaine, auquel d’autres journaux se sont associés. L’opération s’appelle «OffshoreLeaks», sur le modèle de WikiLeaks, l’entreprise pionnière de Julian Assange. Les fuites concernent des placements financiers opaques dans des paradis fiscaux. Quelque cent vingt mille sociétés seraient impliquées dans cette activité.

Une nouvelle étape est franchie depuis que le consortium a décidé de rendre publique sur l’Internet, donc accessible à chacun, une partie des données d’OffshoreLeaks. Dans un entretien accordé au Monde (édition des 16 et 17 juin), son directeur Gerard Ryle justifie la décision en affirmant que «le besoin de transparence fiscale prévaut sur la protection des données».

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17/06/2013

L'Internet, l'oubli et la mémoire

 

L’émotion qui entoura l’enlèvement et la mort de Marie n’est pas effacée, prête à renaître dès que s’annoncera le procès de son ravisseur. Les médias sont passés pour l’instant à autre chose. Avec un court recul d’un mois s’impose néanmoins une observation jusqu’à ce jour négligée.

Des personnalités vaudoises ont émis sur le moment,  à des titres divers,  des critiques quant au traitement réservé à ce drame par les grands quotidiens du canton. Elles se sont moins attachées aux articles publiés qu’à leurs traces numériques. C’est davantage la permanence d’éléments litigieux sur les sites en ligne qui a justifié leurs interventions que leur présence dans les éditions papier.

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23/05/2013

Les médias et la mort de Marie

L’abominable ne connaît pas de frontières. L’enlèvement et la mort de Marie bouleversent les esprits, dans ce petit coin du monde épargné par les atrocités répertoriées chaque soir par les journaux télévisés.

Sous l’émotion partagée, l’incompréhension. Comment se fait-il que le ravisseur se soit trouvé astreint à de simples arrêts domiciliaires, alors que ses antécédents semblaient requérir une plus étroite surveillance? Les médias ont très rapidement ouvert le débat, déployant ici leur fonction critique en démocratie. Le thème en est : la Justice et la mort de Marie.

Mais le récit du meurtre et l’exploration de son contexte n’ont pas échappé non plus à des interrogations, dont le médiateur s’est trouvé diversement saisi. Il s’agira donc ici d’un autre sujet: les médias et la mort de Marie.

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07/05/2013

Des journalistes trop crédules?

Les journalistes ne sont donc pas des manipulateurs nés. Simplement, ils ne sont pas moins dupes que les autres. C’est la nouvelle qu’apporte le sociologue Gérald Bronner dans son livre La démocratie des crédules (Presses universitaires de France). Rassurante sous l’aspect moral. Non sous l’aspect cognitif, puisque les journalistes sont par ailleurs responsables de la diffusion d’informations contribuant à notre connaissance du monde.

Les exemples sont multiples d’affirmations ou théories saluées par un grand retentissement médiatique, alors qu’elles ne résistent pas plus à la critique scientifique qu’au démontage des mécanismes mentaux qui les construisent. Mais il est alors souvent trop tard. La croyance s’est si solidement installée dans l’opinion que l’on se fait des choses qu’elle résiste aux arguments fondés sur la connaissance la mieux établie.

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24/04/2013

Roms: le sujet n'est pas tabou, mais...

La présence des Roms et la mendicité dans les rues sont des sujets délicats. Elles ne sont pas des sujets tabou. 24 heures a parlé du désappointement d’une septuagénaire Lausannoise, au vu du comportement d’une famille de Roms à laquelle elle avait prêté assistance l’hiver dernier (édition du 19 avril). Le traitement de cette affaire par le journal a provoqué des réactions au sein de son lectorat, dont l’une a été adressée au médiateur.

Cette correspondante de Lausanne dénonce des «pratiques discriminatoires (…) à l’encontre de la communauté Roms». Elle met en cause l’affichette du journal («Roulée par des Roms, elle témoigne»), sa manchette, soit le grand titre de première page («Cette famille Roms m’a roulée, je suis écœurée») et enfin le titre même de l’article («J’aide des Roms et j’ai le sentiment d’avoir été arnaquée»).

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10/04/2013

Offshore Leaks et dommages collatéraux

Cela sort de tous les côtés. A peine les citoyens français et leurs voisins estomaqués ont-ils repris leur souffle après les aveux de Jérôme Cahuzac, ministre peu ordinaire du budget hexagonal, que c’est une déferlante de révélations mitonnées par un consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ). Pas le temps d’en faire le tour que déjà Julian Assange se précipite pour déballer un nouveau sac de petits papiers de la diplomatie américaine.

Les nouveaux circuits de l’information et de la communication encouragent la transparence, parfois jusqu’à la délation. Les médias jouent leur rôle en intervenant lorsque les enjeux relèvent d’un intérêt public bien compris: non une simple curiosité, mais la surveillance des pouvoirs et de leurs représentants. Ils répondent alors au souci de préserver le bien général qui repose en démocratie sur des règles de confiance.

L’activité du site français Mediapart s’inscrit dans cette ligne, quitte à provoquer de l’urticaire parmi des gens considérant qu’une presse indépendante est une presse qui exprime librement des opinions, et non qui recherche librement des informations. Que la cellule d’enquête commune de la Sonntags-Zeitung et du Matin Dimanche soit associée à l’entreprise d’Offshore Leaks va dans le même sens.

Il est difficile de prévoir aujourd’hui tout ce qui sortira de ces opérations. Le public devrait cependant veiller à ne pas tomber dans trois travers.

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25/03/2013

Les mots d'adieu de l'ombudsman du "Post"

L’ultime ombudsman du Washington Post n’est pas parti sans un mot. Le médiateur des publications romandes de Tamedia ne manque pas de voir dans son dernier billet un reflet de ses propres expériences.

Le premier constat établi par Patrick B. Pexton est la place prépondérante occupée dans son activité par des interpellations au sujet des commentaires en ligne. De l’ensemble des réclamations, il retient qu’une personne sur dix critique le fonctionnement même du système et qu’une autre proteste contre la censure de son propre commentaire, considérée comme injuste.

Les autres ? Eh bien, les 80% des plaignants affirment apprécier le principe des commentaires en ligne, tout en dénonçant les contenus haineux, les insultes, les propos racistes, la guérilla idéologique charriés par le flux des réactions «postées» sur le site du journal.

L’expérience de Pexton recoupe celle de l’auteur de ces lignes. Médiateur depuis 1998, pour la seule Tribune de Genève d’abord, pour l’ensemble des titres d’Edipresse dès 2007, et enfin pour les mêmes publications appartenant désormais au groupe Tamedia, il atteste une évolution notable sous l’effet de la communication électronique.

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15/03/2013

Pionnier de la médiation, le "Washington Post" abandonne

Le Washington Post a décidé de se passer désormais de son ombudsman, fonction analogue à celle de médiateur dans la presse francophone. Le journal a nommé à sa place un «représentant du lecteur» (reader representative). Le changement s’est opéré début mars, alors que le dernier titulaire du poste de médiateur, Patrick Pexton, arrivait au terme de son mandat (...)

Pour quelles raisons le changement? Depuis le milieu des années 2000 et l’entrée dans les mœurs du Web 2.0, les lecteurs et le public dans son ensemble ont tout loisir d’exprimer leur mécontentement. Ils ne s’en privent pas et interviennent en ligne directement. Sans passer par le médiateur. C’est ce que fait valoir la direction du Post. En filigrane, des considérations économiques: les blogs et les commentaires des internautes ne coûtent rien à l’éditeur ; l’ombudsman du Post à plein temps occupe, lui, un poste «lourd».

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22/02/2013

Quels commentaires, quelles infos?

Il ne se passe guère de semaine sans que le médiateur ne soit interpellé sur la gestion des commentaires déposés sur les sites du Matin, de 24 Heures ou de la Tribune de Genève.

Ainsi, ce lecteur de Corcelles (Neuchâtel): «Je me demande depuis un certain temps pour quelles raisons certaines informations ne peuvent être commentées, alors que d’autres le sont sans problème».

La réponse tient en trois points.

Le premier est que les rédactions Web des quotidiens restent libres de leurs choix rédactionnels, de la sélection des informations, de leur traitement, de leur mise en hiérarchie. Elles le sont aussi de l’ouverture de certaines d’entre elles aux commentaires des internautes. Encore faut-il en effet que les informations soient assez intéressantes pour susciter des commentaires nourris.

Le deuxième point est que l’expérience montre qu’un certain nombre de thèmes donnent lieu à des empoignades qui dérapent systématiquement du débat d’idées à l’échange d’insultes. Le phénomène n’est pas propre aux lecteurs des quotidiens romands. Des observateurs des pratiques sur les forums de l’Internet désignent comme «point Godwin», défini en 1990 par Mike Godwin, le moment où interviennent dans une discussion en ligne des accusations en référence à l’époque du Troisième Reich.

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06/02/2013

Le drame de l'A9 n'en finit pas

La diffusion publique des images de l’accident d’un car belge dans le tunnel de Sierre, survenu voilà près d’un an, ne cesse de provoquer des réactions. Une séquence de 14 minutes a été tirée des enregistrements par les caméras de sécurité installées dans le tunnel. Elle vise à démontrer que la police valaisanne a agi avec célérité et efficacité. Elle a été mise en ligne sur YouTube. Le médiateur s’attendait à se voir interpellé au sujet de sa reprise, ici ou là controversée, par des sites de médias romands.

Il n’en a rien été. A peine la divulgation des images était-elle connue que le débat s’est déplacé sur deux autres terrains : juridique et surtout, et de plus en plus férocement, politique.  La justice et la police avaient-elles le droit de répandre ces images hors du cercle de l’enquête, qui n’est pas encore terminée ? Dans un Valais plongé en campagne électorale, la polémique fait rage. Elle est attisée par la candidature au gouvernement cantonal du commandant de la police valaisanne, considéré à ce jour comme exemplaire dans sa gestion de l’accident. Le médiateur se gardera de s’en mêler.

Sous le seul aspect de l’exploitation médiatique, quelques remarques cependant, « à blanc » en quelque sorte.

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29/01/2013

Florence Cassez improbable icône

Ce n’est pas l’affaire du siècle. Ni même du mois. La libération de Florence Cassez, détenue au Mexique depuis sept ans, a été traitée sans emphase, à sa juste mesure, par les quotidiens lémaniques. Une «fenêtre» en première page du Matin annonçant une dépêche développée de l’Agence télégraphique suisse en page intérieure illustrée. Une brève mention en bas de Une de la Tribune de Genève, aucune sur celle de 24 Heures, mais dans les deux journaux un article de leur correspondant commun à Paris. Dans Le Temps, une dépêche de l’AFP. L’affaire s’est vite éteinte.

Sur le moment, le traitement a été plus bruyant et plus spectaculaire en France, ce qui est normal. Pour une fois, la presse romande ne s’est pas laissé aspirer par les tourbillons des médias voisins.

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22/01/2013

Avis de tempête dans la blogosphère

La décision prise par la direction des publications romandes de Tamedia de revoir sa politique des blogs fait passer la flottille des blogueurs par les 40èmes rugissants. En première ligne, les blogueurs navigants sous les couleurs de 24 Heures.

Cette décision comporte deux volets, qui concernent les trois sites des quotidiens du groupe.

Le premier a été de procéder à une mise à quai de très nombreux blogs lancés dans la période euphorique du Web 2.0 et laissés en déshérence. Plusieurs d’entre eux se trouvaient même à l’état d’épaves. Les plus nombreux dataient de l’époque du Matin bleu, quotidien gratuit disparu lors des premières phases de rapprochement entre Edipresse, l’ancien armateur, et le groupe Tamedia.

Le second volet consiste à répartir désormais les charges d’entretien entre les trois sites, selon le nombre de blogs hébergés par chacun d’eux. Une plate-forme de blogs suppose en effet des coûts, dont tous les blogueurs ne sont pas conscients en ce temps de gratuité de l’information. Le plus évident est la location des places d’amarrage auprès d’un hébergeur spécialisé (blogSpirit pour les trois titres), auquel est sous-traitée la gestion technique des blogs. Un autre, très variable, tient à la politique éditoriale de chaque titre, et donc à l’engagement de forces rédactionnelles plus ou moins importantes. A l’inverse, il est juste de rappeler que les prestations des blogueurs eux-mêmes, sur l’ensemble de la blogosphère, sont ordinairement bénévoles tout en contribuant marginalement à l’audience numérique du média qui les accueille.

(...) Les trois titres romands de Tamedia ont donc défini leur ligne, chacun pour soi.

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19/12/2012

Le blues des modérateurs du Net

C’est le magazine Télérama qui nous l’apprend: les modérateurs du Net ont parfois le blues. Publiée début décembre, une enquête a été menée auprès d’une société spécialisée dans le tri des commentaires en ligne. La mission des modérateurs est de traquer les propos racistes ou diffamatoires sur les sites d’information. «Une prouesse qui affecte parfois leur moral, nous assure Télérama, tant le flot d’infamies est continu». Le blues donc à écouter «les râleurs, les racistes, les grincheux, les mécontents anonymes».

Les publications romandes de Tamedia (anciennement Edipresse) recourent elles aussi à un prestataire extérieur, la société française Netino. Les rédactions de Genève et de Lausanne sont ainsi déchargées de la sale besogne. Cela ne va pas non plus sans problème.

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30/11/2012

Ma vie sur Internet, pour toujours

En moins d’une semaine, c’est un tir groupé. Le dernier dimanche de novembre, l’émission «Mise au point» de la Télévision suisse romande diffuse une enquête sur des arnaques opérées à partir de la Côte-d’Ivoire. Les victimes en sont des naïfs, cédant devant la webcam de leur ordinateur aux charmes virtuels de jeunes personnes. Ils acceptent de se dénuder et de se livrer à des pratiques intimes. Ils sont soumis ensuite à un chantage, sous la menace de diffusion des images sur l’Internet. Ce serait à rire, ou à pleurer, si l’automne 2012 n’avait pas été la dernière saison d’un lycéen de Brest et d’une adolescente canadienne, que des agissements identiques ou analogues ont poussés au suicide.

Quelques jours plus tard, l’émission « Envoyé spécial » (France 2) révèle au grand public les traces indélébiles que laissent de leur passage les internautes familiers de Facebook et de Twitter, les participants à des forums de discussion ou encore des habitués de sites marchands.

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21/11/2012

Les tribulations du blogueur Ezzeddine

Il y a quelques jours, le petit monde de la blogosphère gravitant sur la plate-forme de la Tribune de Genève a appris avec soulagement que l’un des siens, le blogueur Haykel Ezzeddine, s’était enfin sorti d’un mauvais pas. En août 2011, il avait reproduit sur son blog une affiche fustigeant un puissant groupe suisse d’assurance-maladie et son président. L’affiche émanait du Mouvement citoyens genevois (MCG). Elle ne faisait pas dans la dentelle.

La réaction ne s’est pas fait attendre. Plainte pénale et action civile. (...) Après plus d’un an, et le retrait entre-temps de la plainte pénale, la demande devant la justice civile vient d’être à son tour retirée. De la part de l’assureur, c’est un acte de bon sens.

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