05/02/2020

La parole des autres:quelle place dans les médias?

Dès le milieu de la première décennie du XXIème siècle, la communication s’est profondément transformée. Les réseaux sociaux ont drainé des flux importants d’opinions et d’informations. Le public a pris la parole. Les anciens médias ont dû s’adapter. En premier lieu les journaux imprimés.

Dans la presse traditionnelle, la parole des autres s’exprimait et s’exprime encore sur trois registres: l’interview, la tribune libre, la lettre de lecteur.

Ces registres d’expression ont en commun l’identité authentifiée des personnes, autrement dit la proscription des pseudonymes. Des exceptions ne sont admises que pour des motifs dûment justifiés.

Ils partagent aussi le fait que, dans tous les cas, la rédaction prend connaissance des textes avant publication. Le contrôle est important dans la mesure où un média peut être tenu pour responsable de tout ce qu’il publie.

La rédaction décide en somme qui est interviewé, qui est sollicité ou reçu comme auteur d’une tribune libre, quelles lettres sont retenues pour publication. Malgré les précautions prises, elle n’est pas à l’abri de tout accident: fausse identité ou, pire, usurpation d’identité. Mésaventure heureusement rarissime.

Les membres de la rédaction en charge du courrier appliquent les normes déontologiques du métier, tout en accordant aux lecteurs la plus large liberté d’expression. Ils sont tenus d’intervenir lorsque les lettres contiennent «des violations manifestes» de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes.

L’évolution de l’Internet et le développement des réseaux sociaux intensifient désormais la circulation de la communication, accélèrent le rythme de diffusion de ses contenus. N’importe qui peut devenir un média à lui tout seul en ouvrant son propre site, répandre les messages qui lui chantent, sans le moindre contrôle préalable.

Deux nouveaux registres d’expression du public sont apparus.

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07/08/2018

Droit de réponse et lettre de lecteur

Dans la correspondance adressée aux journaux, l’usage de l’expression «droit de réponse» est fréquent. Or il n’est pas toujours adéquat. En particulier s’il ne s’agit que d’une réaction à un article ou à une lettre parue dans le courrier des lecteurs.

Le droit de réponse relève du Code civil, tel qu’il a été révisé en 1985. Il vise à faciliter les démarches d’une personne qui se sent atteinte par la publication d’un article ou la diffusion d’une émission. Plutôt que d’engager une procédure judiciaire, souvent longue et coûteuse, la personne touchée peut s’adresser au journal, ou à tout autre média périodique, et lui demander de pouvoir exposer sa version des faits. Sa demande est traitée par la rédaction en chef.

Le moyen de défense est simple et rapide. Toute personne dont le Code civil protège la personnalité peut y recourir. Son usage est cependant soumis à des conditions. La personne doit être touchée directement. Il ne suffit pas qu’elle soit nommée par le média. La mention de son nom doit être associée à la présentation de faits qui la concernent.

Elle ne peut prétendre à un droit de réponse à l’encontre d’opinions qui seraient formulées à son endroit. Seuls les faits sont pris en compte. Elle ne peut l’invoquer non plus lorsqu’elle a participé au débat public d’une autorité, relaté par les médias.

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03/06/2014

Lettres de lecteurs: ça grince aussi sur le papier

Cela doit faire deux lustres, ou pas loin, que le médiateur ne reçoit plus qu’au compte-gouttes des réclamations concernant la parution d’une lettre de lecteur sur du bon vieux papier journal. Depuis l’extension de l’Internet, ce sont les commentaires en ligne, et les disputes qu’ils charrient, qui constituent son ordinaire.

Et voilà qu’un lecteur d’un de nos quotidiens lémaniques vient de protester vertement! Une lettre de lui est parue sous une forme remaniée qui ne lui convient pas. De plus, elle se trouve privée par inadvertance d’une précision effectivement utile à sa pleine compréhension.

Le médiateur n’a connaissance du litige qu’après des échanges déjà avancés entre le correspondant mécontent et le journal. Il essaie d’arranger les choses. Il propose un mot d’explication et d’excuse au sujet de la suppression malencontreuse. Il ajoute la promesse d’un rectificatif en bonne et due forme dans la page dévolue au courrier des lecteurs. Le correspondant fâché le remercie de ses bons soins, mais ne veut rien savoir de l’offre d’arrangement. Il dit craindre ce qu’il considère par avance comme un nouvel affront. Pour le médiateur, c’est l’échec. Afin de ne pas rallumer la mèche, il ne livrera ici aucun détail. Ni sur le journal concerné, ni sur la qualité du correspondant, ni sur le sujet de la lettre litigieuse.

Dommage, car il s’agit d’un cas d’école.

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15:41 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)