05/11/2020

Informer, manipuler

Une campagne électorale aux États-Unis tissée de trompe-l’œil et de faux-semblant. Une vague de complotisme, venue des mêmes rivages clapoter sur les grèves de nos lacs. Le monde serait exposé à de vastes et mystérieuses manigances. On ne pourrait plus se fier à rien. Tout serait truqué. À défaut, tout serait suspect de l’être. Le flux a beau déferler principalement sur l’internet, les médias ne manquent pas de s’en trouver éclaboussés. Aveugles aux agissements des malfaisants, si ce n’est carrément complices.

De vieilles histoires remontent à la surface. Celle de la propagande d’abord. «Gouverner, c’est faire croire» soutenait déjà Machiavel. La propagande est toujours gaillarde et effrontée, sous de nouveaux habits. C’est Colin Powell et sa petite fiole à la tribune des Nations Unies, légitimant une intervention américaine en Irak. Et tant d’autres.

L’efficacité de la propagande reste en toute circonstance attachée à des éléments vérifiables de la réalité, habilement agrégés à un discours mensonger. La presse, puis les médias de masse n’ont pas toujours su s’en prémunir. Il leur est même arrivé de consentir à la relayer. Au temps de la première Guerre mondiale, cela s’appelait le bourrage de crâne. À la chute des régimes de l’Est européen, cela prit la forme de reportages sur un prétendu massacre dans la ville roumaine de Timisoara, dont les images n’étaient qu’un grossier simulacre.

Il y a aussi l’histoire du mensonge. Le mensonge sert depuis longtemps de munition de défense contre les médias. La vogue actuelle des «fake news» alimente à satiété les soupçons de manipulation. Elle suppose une conspiration entre agents de l’information. Ou leur irrigation par une source frelatée commune, qui instillerait une pensée unique dans les rédactions.

La cabale est ardemment dénoncée par des slogans sur des pancartes, par des messages péremptoires sur des réseaux sociaux. La thèse n’est accompagnée à ce jour d’aucune démonstration. Cela rend toute réfutation illusoire.

Les médias n’ont qu’à encaisser.

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02/10/2020

Ces divulgations d'identité qui font mal

L’une des pratiques journalistiques les plus discutées tient à la divulgation publique du nom de personnes associées à l’actualité, sans que la mention ne s’en impose. Une vingtaine d’années de médiation de presse le montre, la jurisprudence du Conseil suisse de la presse le confirme. La protection de l’identité compte parmi les aspects sensibles du métier, avec la question centrale de la recherche de la vérité et le devoir d’entendre avant publication quiconque fait l’objet de reproches graves.

La déontologie journalistique s’est tôt préoccupée du respect de la vie privée. La Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, élaborée en 1971 par les fédérations et syndicats professionnels des six pays de la Communauté économique européenne de l’époque, inscrit ce respect au chapitre des devoirs.

Le texte européen sert de matrice à des chartes ou codes ultérieurs, dont la Déclaration adoptée dans notre pays l’année suivante. La formulation suisse introduit une nuance: «Respecter la vie privée des personnes, pour autant que l’intérêt public n’exige pas le contraire

La question de l’identification n’a pas manqué de s’inscrire parmi les aspects divers de la protection de la personne. Elle a fait l’objet d’une disposition particulière lorsque le Conseil suisse de la presse a décidé en 2000 d’ajouter à la Déclaration des Directives largement inspirées par l’état de sa propre jurisprudence et complétées par des codes développés ailleurs, en Allemagne et en Grande-Bretagne notamment.

Cette disposition a elle-même évolué avec le temps. Lors de son introduction, elle concernait l’identité de personnes mêlées de près ou de loin à des affaires judiciaires. Dans ce registre, les dommages sont évidents, capables de porter atteinte à la présomption d’innocence et de blesser des proches. L’expérience a incité le Conseil de la presse à étendre à chacun, en toute occurrence, la protection de sa vie privée.

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01/06/2020

Experts en chœur antique, médias en moutons bêlants, vraiment?

Les médias romands ont-ils suivi le Conseil fédéral comme des moutons? Un aspect a focalisé l’attention: la place accordée aux experts scientifiques et médicaux convoqués pendant la crise du coronavirus.

Une étudiante de l’Académie du journalisme et des médias de l’Université de Neuchâtel s’interroge sur «le manque de variété des experts scientifiques interviewés». Pourquoi donc, sous réserve d’inventaire, cette impression laissée par les médias d’uniformité, sinon de conformité?

Le recours à des experts est fréquent dans le journalisme dès que l'actualité sort du champ de l'information politique et générale. La science et la médecine comptent parmi les domaines les plus concernés. Il suppose l’identification de personnes indépendantes, fiables et compétentes, en dehors des spécialistes en service commandé, médecins cantonaux ou fonctionnaires des divers offices de la santé publique.

Des considérations pratiques entrent en jeu. Il existe d'abord des scientifiques qui «passent bien» à l'antenne, alors que d'autres, non moins compétents, ont davantage de peine à vulgariser leurs connaissances. Ce sont les premiers que l’on rappelle et qui deviennent bientôt des familiers du public.

Certains spécialistes sont privilégiés aussi parce qu’ils se trouvent à portée des studios de télévision ou de radio: ils vivent ou travaillent à Genève et à Lausanne. Ou d’autres – ce sont ici les mêmes! – parce qu’ils représentent des institutions très importantes, en l'occurrence les HUG ou le CHUV. La RTS, pour ne parler que d’elle, a produit pourtant un effort méritoire pour s'écarter de l'Arc lémanique. 

L’appel à des experts s'inscrit dans le devoir fondamental du journaliste de rechercher la vérité. Rechercher la vérité? À l’émergence de notre Covid-19 personne ne pouvait prétendre à des connaissances sûres.

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03/12/2019

Alertes et autres dénonciations:les médias en cour suprême?

L’actualité médiatique déborde de divulgations et dénonciations de toutes sortes. Observé sous le seul aspect du rôle des médias, ce débordement se traduit de plus en plus par un recours en procédure accélérée à l’opinion publique. Il favorise la confusion entre lanceurs d’alerte et dénonciateurs.

Le lanceur d’alerte signale des dysfonctionnements d’une administration ou d’une entreprise. Il agit dans l’intérêt général, en prenant le plus souvent des risques personnels. Il appartient dans nos sociétés à une espèce à protéger.

Voilà un peu plus de trois ans la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’État, rendait publique une étude intitulée «Le droit d’alerte: signaler, traiter, protéger». Elle dressait un bilan des dispositifs d’alerte existants et recommandait le recours à de meilleurs outils pour en assurer l’efficacité. Elle s’attachait à une diffusion d’une culture apte à en assurer l’encadrement ainsi que la protection des lanceurs d’alerte.

En Suisse, une telle protection est considérée comme «faible» et le cadre juridique comme «peu clair» par le juriste lausannois Alexandre Curchod, auteur d’un livre tout récent sur «La liberté d’expression» (éditions Favre). Tirée d’une récente enquête du Temps, ce mot d’un ancien employé de l’Office cantonal de la viticulture valaisan: «Quand quelqu’un tire la sonnette d’alarme, on s’intéresse à sa personne plutôt qu’aux problèmes qu’il dénonce».

Le printemps dernier, l’Union européenne trouvait un accord permettant d’assurer l’activité des lanceurs d’alerte dans plusieurs domaines comme la fraude fiscale, le blanchiment de capitaux, les marchés publics, la santé publique, la protection de l’environnement, des consommateurs ou encore des données. L’accord définissait aussi des mécanismes de signalement sûrs et des mesures contre les représailles, souvent promises ou appliquées aux lanceurs d’alerte.

L’accord européen, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et l’étude du Conseil d’État français de 2016 convergent. Ce qu’il convient d’en retenir est le recommandation de procéder de manière graduée.

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01/04/2019

L'épopée des «gilets jaunes» sur Facebook

L’histoire se penchera un jour sur l’épopée des «gilets jaunes». La fiction pourrait en tirer un récit, comme le fit Charles Dickens des émeutes de Londres de 1780, dans Barnabé Rudge. A ce jour, des matériaux fourmillent sur les réseaux sociaux, fragments et images d’un événement en train de se produire.

Après deux mois de manifestations, une équipe d’enquête du journal Le Monde s’est intéressée aux contenus délivrés par quelques trois cents groupes liés au mouvement sur Facebook, dont 204 étaient encore ouverts au public le 22 janvier. Elle en a retenu les deux cents publications les plus partagées (édition du 6 février). En somme, “Gilets jaunes, saison 1”.

Les messages parmi les plus populaires portent au début principalement sur la dimension massive du mouvement, son organisation, le sentiment d’appartenance à une vision idéalisée du peuple, les appels à la solidarité. Une volonté de paralyser le pays y est explicite, mais relèvent les auteurs de l’enquête, «les appels à la violence ne sont pas populaires à l’échelle du mouvement».

A un imaginaire des ronds-points plutôt bon enfant s’oppose toutefois rapidement une autre vision: celle d’une «forteresse d’État» qui cherche à écraser la révolte à la façon d’une dictature. Des théories conspirationnistes apparaissent, à la suite des dégradations commises lors de manifestations. La faute en reviendrait à des policiers déguisés en casseurs, les voitures saccagées seraient des leurres, des véhicules sans immatriculation. Le recul de la mobilisation au fil des semaines serait dû à de prétendus barrages des forces de l’ordre sur les autoroutes.

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20/02/2018

Confiance dans les médias: un notable rebond

La Suisse n’est pas la France. Les médias suisses, même en Suisse romande, ne sont pas les médias français. Sinon on vous l’aurait dit.

Un sondage n’établit pas des faits, mais reflète l’état d’une opinion, à un moment donné. Il est tributaire de plusieurs facteurs, à commencer par la sincérité des réponses.

Il reste que l’enquête annuelle menée par l’institut Kantar Public (anciennement Sofres) depuis trente ans reste un bon indicateur de la confiance accordée par le public français à ses médias. Le baromètre est établi pour le quotidien La Croix et peut être consulté comme une indication de tendance intéressante dans nos contrées. Il a été réalisé en janvier.

 L’an dernier, sur cette même Page du médiateur, il fut assez largement question des difficultés des  journaux. Une confiance en baisse, des lecteurs en fuite.

La seconde affirmation ne se dément pas. En France, les titres de presse écrite enregistrent globalement une nouvelle baisse de leur lectorat. La question posée était: «Vous arrive-t-il de lire un quotidien national ou régional, ou un magazine d’information générale, qu’il s’agisse de la version papier ou du site internet du journal?». La réponse qui vient en tête paraît relativement rassurante. Une lecture régulière est reconnue par plus du tiers (36%) des personnes interrogées, proportion identique à celle de l’année précédente.

Les affaires se gâtent par la suite. Ne lisent plus que de temps à autre 27% ou rarement 15%. Plus inquiétant, un cinquième des sondés (21%, en hausse de quatre points) répond «jamais».

Le déclin de l’intérêt du public pour l’actualité est général , commun en France à tous les médias (presse, radio, télévision, internet).  L’institut de sondage enregistre un intérêt assez grand ou très grand auprès de moins des deux tiers du public (62%). Une partie importante (38%) ne porte aux nouvelles qu’une attention assez faible ou très faible (...)

Jointe à la désertion de la publicité, naguère source importante de revenus, l’érosion du lectorat et de la diffusion traduit les difficultés des journaux payants, publiés sur papier. Serait-elle le signal irréfutable d’une perte de crédibilité?

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16/10/2017

Et si l'entraîneur de foot avait été un prêtre?

La Tribune de Genève a fait grand cas d’un entraîneur de football, qui usa d’un subterfuge et de menaces pour contraindre des garçons âgés de 12 à 16 ans à subir des actes sexuels. Dès l’ouverture du procès, un prêtre romand a fait parvenir une lettre à la rédaction du journal.

« L’article de ce jour (…) concernant l’entraîneur de foot et ses “actes d’ordre sexuel” sur des mineurs ne contient pas une seule fois le terme de “pédophile” ou de “pédophilie”.

«Je me permets de demander à votre journaliste combien de fois ces termes seraient apparus – jusque dans le titre – s’il s’était agi d’un prêtre et non d’un entraîneur de foot. Ce deux-poids deux-mesures ne devrait plus avoir droit de cité dans nos médias. Cela contribue à la sous-pénalisation de ces actes immondes commis sur les plus jeunes, qui devraient être les plus protégés.»

La réponse de la journaliste tient en quelques mots: la qualification de «pédophile» n’est pas utilisé dans l’article, car le prévenu n’est pas considéré comme tel par un expert psychiatre requis par le tribunal. Les chroniqueurs judiciaires cherchent ordinairement à respecter la terminologie utilisée dans les expertises autant que dans l’acte d’accusation.

Notre correspondant regrette que cette précision n’ait pas figuré dans l’article. Elle aurait épargné au journal sa propre réaction, mais elle «en aurait amené un wagon d’autres, j’imagine, tant cela semble inconcevable…» A noter que Le Matin a parlé d’un «entraîneur de foot pédophile» en titre d’un entrefilet.

Il est probable que l’avis de ce prêtre est partagé par un certain nombre de lecteurs.

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02/05/2017

Crise de la presse papier: des lecteurs en fuite

Est-ce qu’une crédibilité accrue ramèneraient aux journaux sur papier une audience prête à payer pour leurs prestations et assez fournie pour leur rendre la santé économique? La question était posée en conclusion d’un récent billet.

 En Suisse romande, le bassin des lecteurs de presse est exigu. Pour imaginer surmonter la crise actuelle, les recettes de titres comme le New York Times ou le Washington Post paraissent inapplicables. La masse critique manque. Aucun journal ne dispose non plus d’un potentiel d’exportation significatif.

 L’étroit bassin se rétrécit chaque année, car il vieillit. Une rencontre avec des étudiants de l’Université de Fribourg, vient de le confirmer une fois de plus. Ils étaient une bonne trentaine. Aucun ne lit le journal, tous consultent leur smartphone.

 La crédibilité d’un titre influence son audience sur l’Internet. Elle ne suffit pas à l’imposer. Le journal Libération vient de comparer l’impact des pages et des contenus numériques d’une cinquantaine de médias français. D’un côté, des médias traditionnels (parmi lesquels Le Monde, Le Figaro ou France Télévision, mais aussi Mediapart, et Huffington Post). De l’autre, des médias dits «alternatifs», de droite comme de gauche. Le résultat est éloquent: ce sont les médias «alternatifs»  qui produisent les contenus les plus partagés.

 La crédibilité d’un titre ne suffit pas non plus à pérenniser sa diffusion en kiosque ou par abonnement, et donc à lui procurer des revenus à un niveau assuré de viabilité. La presse écrite est aujourd’hui – le couplet devient lassant – à la recherche d’un modèle économique.

 Cette évolution s’inscrit dans une lente et apparemment inexorable transformation des habitudes de lecture. Le temps de chacun est dévoré par d’autres activités, proposées notamment par les nouvelles technologies. Sous réserve d’exceptions, l'audience globale de la presse subit un déclin constant dès la fin des années 1980.

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27/09/2016

La presse écrite cherche des sous

iciPartout, l’argent manque. Pour faire plus, mieux, nouveau. Pour continuer à faire, tout simplement. Les universités, les institutions culturelles ne comptent plus sur les seules contributions des collectivités publiques. Celles-ci ne suffisent pas à assurer des prestations ni à satisfaire des ambitions répondant à un jeu de concurrence de plus en plus sévère. La recherche de fonds est devenue une activité à part entière. Des fondations sont sollicitées, le parrainage et le mécénat sont encouragés.

Par son ampleur, le phénomène est nouveau. Il est exposé à des dérapages. L’exemple académique le plus caricatural, et pourtant réel, est la recherche sur le cancer des poumons financée par l’industrie du tabac. Dans domaine culturel, le risque est celui de l’intervention d’un parrain généreux en mal d’influence sur les choix artistiques. L’apport de fonds extérieurs ne devrait donc pas échapper au respect de règles et de normes qui assurent à la fois l’indépendance des institutions et la transparence quant à leurs origines et conditions.

La presse écrite quotidienne se trouve aujourd’hui dans une situation analogue. Elle ne reçoit certes pas de fonds publics, bien que l’information semble être considérée encore comme un bien commun en démocratie. Depuis bientôt deux siècles, elle tire ses ressources de ses ventes et de ses recettes publicitaires. Mais son modèle économique est atteint d’anémie.

Partout dans le monde, les tirages des journaux s’érodent, même parmi les plus grands. Partout, les volumes publicitaires se ratatinent. Les deux sources financières de la presse sont en voie d’assèchement.

La presse écrite quotidienne subit deux migrations massives: celle des lecteurs, et d’abord des plus jeunes, celle d’annonceurs autrefois très présents sur le marché de l’automobile, de l’emploi, de l’immobilier, des petites annonces. Tout le monde se retrouve désormais sur le Net.

Les journaux se lancent donc à leur tour dans la recherche de fonds. Les pratiques de deux quotidiens romands se voient discutées.

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26/01/2015

Otages: la responsabilité des télévisions en continu

Le déroulement des événements qui ont suivi la tuerie de Charlie Hebdo se précise peu à peu. Tout n’est pas élucidé à ce jour. Le dernier mot n’est pas dit non plus sur la responsabilité des médias qui ont assuré la couverture des événements en direct. Deux débats sont apparus: les interférences entre l’action policière et les activités médiatiques et, surtout, la mise en danger des otages retenus par les terroristes.

Sur ce second aspect, une déclaration a fait le tour des médias. Elle émane de la compagne d’un otage retenu au supermarché casher de la porte de Vincennes, qui déclara après le dénouement: «Vous avez failli faire une grosse erreur, BFM. Vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c’est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM…  Heureusement qu’il n’a pas vu la bande, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts.»

Que répond le directeur de la rédaction de la chaîne?

 
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18/11/2014

Le virus Ebola et les médias: une sage colère

Les médias occidentaux sont malades du virus Ebola. Cela fait plusieurs mois que le malaise s’est installé. L’impression s’impose qu’il ne cesse de gagner. Le diagnostic a commencé par s’inscrire en filigrane sur les premières pages, jour après jour dévolues aux maux endémiques du Proche-Orient, à la progression de l’Etat islamique, aux obscurs combats ukrainiens. Le voilà qui s’affirme avec éclat.

Quels symptômes, d’abord? A propos d’un virus qui s’est manifesté pour la première fois il y a près de quarante ans en République démocratique du Congo, la mutation d’une préoccupation réelle et justifiée en un état de panique mal contrôlé – le rappel emphatique des grandes pestes du Moyen Age, de la grippe espagnole bientôt centenaire. L’extension par négligence à l’ensemble d’un continent d’un phénomène aujourd’hui localisé sous sa forme aiguë dans trois pays d’Afrique occidentale (Guinée, Sierra Leone, Liberia). L’extrapolation des risques courus par la planète, du seul fait de la mobilité des populations, inhérente à la mondialisation. En funeste apothéose, le constat livré lors du journal télévisé de la rts: des gens de couleur hésiteraient désormais à s’annoncer auprès d’unités de soins en Suisse romande, par crainte d’être suspectés d’être porteurs de la maladie.

Pourquoi cet enchaînement? Parce que le regard des médias occidentaux sur la propagation du virus Ebola se charge d’une inquiétude contagieuse aussitôt qu’un risque apparaît d’une contamination en Europe ou en Amérique du Nord.

 
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18/07/2013

"Yes, we scan"

Les révélations d’Edward Snowden, et plus encore les pérégrinations planétaires (à ce jour théoriques) du jeune informaticien, alimentent les journaux, radios et télévisions en ces premières semaines de l’été. Jusqu’où donc l’ancien employé de l’Agence nationale de sécurité (NSA) ira-t-il dans les divulgations de documents confidentiels américains? Traître ou héros, selon le point de vue, où finira-t-il par se poser?

Tout cela distrait.

Les Etats-Unis sont évidemment mal pris, eux qui se posent en champions de la démocratie. Ils focalisent sur les agissements et les méthodes de leurs services spéciaux une attention médiatique ainsi dissuadée de se porter ailleurs. Comme toujours, c’est la figure présidentielle qui se trouve aussitôt exposée. Le slogan de la première campagne d’Obama, «Yes, we can» ( Oui, nous le pouvons») n’a pas tardé à être détourné: «Yes, we scan» («Oui, nous scannons»). C’était, il est vrai, assez bien trouvé. En coulisses, Georges W. Bush se sent pousser des ailes d’enfant de chœur.

C’est feindre d’oublier que tous les Etats, depuis toujours, s’emploient à assurer leur sécurité par des services de renseignements dont n’évoluent que les instruments et les cibles.

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24/04/2013

Roms: le sujet n'est pas tabou, mais...

La présence des Roms et la mendicité dans les rues sont des sujets délicats. Elles ne sont pas des sujets tabou. 24 heures a parlé du désappointement d’une septuagénaire Lausannoise, au vu du comportement d’une famille de Roms à laquelle elle avait prêté assistance l’hiver dernier (édition du 19 avril). Le traitement de cette affaire par le journal a provoqué des réactions au sein de son lectorat, dont l’une a été adressée au médiateur.

Cette correspondante de Lausanne dénonce des «pratiques discriminatoires (…) à l’encontre de la communauté Roms». Elle met en cause l’affichette du journal («Roulée par des Roms, elle témoigne»), sa manchette, soit le grand titre de première page («Cette famille Roms m’a roulée, je suis écœurée») et enfin le titre même de l’article («J’aide des Roms et j’ai le sentiment d’avoir été arnaquée»).

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10/04/2013

Offshore Leaks et dommages collatéraux

Cela sort de tous les côtés. A peine les citoyens français et leurs voisins estomaqués ont-ils repris leur souffle après les aveux de Jérôme Cahuzac, ministre peu ordinaire du budget hexagonal, que c’est une déferlante de révélations mitonnées par un consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ). Pas le temps d’en faire le tour que déjà Julian Assange se précipite pour déballer un nouveau sac de petits papiers de la diplomatie américaine.

Les nouveaux circuits de l’information et de la communication encouragent la transparence, parfois jusqu’à la délation. Les médias jouent leur rôle en intervenant lorsque les enjeux relèvent d’un intérêt public bien compris: non une simple curiosité, mais la surveillance des pouvoirs et de leurs représentants. Ils répondent alors au souci de préserver le bien général qui repose en démocratie sur des règles de confiance.

L’activité du site français Mediapart s’inscrit dans cette ligne, quitte à provoquer de l’urticaire parmi des gens considérant qu’une presse indépendante est une presse qui exprime librement des opinions, et non qui recherche librement des informations. Que la cellule d’enquête commune de la Sonntags-Zeitung et du Matin Dimanche soit associée à l’entreprise d’Offshore Leaks va dans le même sens.

Il est difficile de prévoir aujourd’hui tout ce qui sortira de ces opérations. Le public devrait cependant veiller à ne pas tomber dans trois travers.

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23/10/2012

Sociétés financières sous projecteur médiatique

L’ affaire fait  grand bruit en cette fin octobre. Elle concerne des actes de blanchiment de fonds issus d’un énorme trafic de drogue entre le Maroc et la France. Le circuit en est complexe et passe par Genève. (...) Le nom de la société, à laquelle l’enquête attribue un rôle décisif dans des transferts d’argent délictueux, n’est pas été immédiatement rendu public. (...) Ce n’est qu’après quelques jours que la presse mentionne la société GPF (Gestion et promotion financière) et la banque HSBC. Le revirement est dû au fait que GPF a diffusé entretemps un communiqué mettant publiquement la société en relation avec l’affaire rapportée par les médias.

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