02/05/2017

Crise de la presse papier: des lecteurs en fuite

Est-ce qu’une crédibilité accrue ramèneraient aux journaux sur papier une audience prête à payer pour leurs prestations et assez fournie pour leur rendre la santé économique? La question était posée en conclusion d’un récent billet.

 En Suisse romande, le bassin des lecteurs de presse est exigu. Pour imaginer surmonter la crise actuelle, les recettes de titres comme le New York Times ou le Washington Post paraissent inapplicables. La masse critique manque. Aucun journal ne dispose non plus d’un potentiel d’exportation significatif.

 L’étroit bassin se rétrécit chaque année, car il vieillit. Une rencontre avec des étudiants de l’Université de Fribourg, vient de le confirmer une fois de plus. Ils étaient une bonne trentaine. Aucun ne lit le journal, tous consultent leur smartphone.

 La crédibilité d’un titre influence son audience sur l’Internet. Elle ne suffit pas à l’imposer. Le journal Libération vient de comparer l’impact des pages et des contenus numériques d’une cinquantaine de médias français. D’un côté, des médias traditionnels (parmi lesquels Le Monde, Le Figaro ou France Télévision, mais aussi Mediapart, et Huffington Post). De l’autre, des médias dits «alternatifs», de droite comme de gauche. Le résultat est éloquent: ce sont les médias «alternatifs»  qui produisent les contenus les plus partagés.

 La crédibilité d’un titre ne suffit pas non plus à pérenniser sa diffusion en kiosque ou par abonnement, et donc à lui procurer des revenus à un niveau assuré de viabilité. La presse écrite est aujourd’hui – le couplet devient lassant – à la recherche d’un modèle économique.

 Cette évolution s’inscrit dans une lente et apparemment inexorable transformation des habitudes de lecture. Le temps de chacun est dévoré par d’autres activités, proposées notamment par les nouvelles technologies. Sous réserve d’exceptions, l'audience globale de la presse subit un déclin constant dès la fin des années 1980.

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27/09/2016

La presse écrite cherche des sous

iciPartout, l’argent manque. Pour faire plus, mieux, nouveau. Pour continuer à faire, tout simplement. Les universités, les institutions culturelles ne comptent plus sur les seules contributions des collectivités publiques. Celles-ci ne suffisent pas à assurer des prestations ni à satisfaire des ambitions répondant à un jeu de concurrence de plus en plus sévère. La recherche de fonds est devenue une activité à part entière. Des fondations sont sollicitées, le parrainage et le mécénat sont encouragés.

Par son ampleur, le phénomène est nouveau. Il est exposé à des dérapages. L’exemple académique le plus caricatural, et pourtant réel, est la recherche sur le cancer des poumons financée par l’industrie du tabac. Dans domaine culturel, le risque est celui de l’intervention d’un parrain généreux en mal d’influence sur les choix artistiques. L’apport de fonds extérieurs ne devrait donc pas échapper au respect de règles et de normes qui assurent à la fois l’indépendance des institutions et la transparence quant à leurs origines et conditions.

La presse écrite quotidienne se trouve aujourd’hui dans une situation analogue. Elle ne reçoit certes pas de fonds publics, bien que l’information semble être considérée encore comme un bien commun en démocratie. Depuis bientôt deux siècles, elle tire ses ressources de ses ventes et de ses recettes publicitaires. Mais son modèle économique est atteint d’anémie.

Partout dans le monde, les tirages des journaux s’érodent, même parmi les plus grands. Partout, les volumes publicitaires se ratatinent. Les deux sources financières de la presse sont en voie d’assèchement.

La presse écrite quotidienne subit deux migrations massives: celle des lecteurs, et d’abord des plus jeunes, celle d’annonceurs autrefois très présents sur le marché de l’automobile, de l’emploi, de l’immobilier, des petites annonces. Tout le monde se retrouve désormais sur le Net.

Les journaux se lancent donc à leur tour dans la recherche de fonds. Les pratiques de deux quotidiens romands se voient discutées.

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26/01/2015

Otages: la responsabilité des télévisions en continu

Le déroulement des événements qui ont suivi la tuerie de Charlie Hebdo se précise peu à peu. Tout n’est pas élucidé à ce jour. Le dernier mot n’est pas dit non plus sur la responsabilité des médias qui ont assuré la couverture des événements en direct. Deux débats sont apparus: les interférences entre l’action policière et les activités médiatiques et, surtout, la mise en danger des otages retenus par les terroristes.

Sur ce second aspect, une déclaration a fait le tour des médias. Elle émane de la compagne d’un otage retenu au supermarché casher de la porte de Vincennes, qui déclara après le dénouement: «Vous avez failli faire une grosse erreur, BFM. Vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c’est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM…  Heureusement qu’il n’a pas vu la bande, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts.»

Que répond le directeur de la rédaction de la chaîne?

 
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18/11/2014

Le virus Ebola et les médias: une sage colère

Les médias occidentaux sont malades du virus Ebola. Cela fait plusieurs mois que le malaise s’est installé. L’impression s’impose qu’il ne cesse de gagner. Le diagnostic a commencé par s’inscrire en filigrane sur les premières pages, jour après jour dévolues aux maux endémiques du Proche-Orient, à la progression de l’Etat islamique, aux obscurs combats ukrainiens. Le voilà qui s’affirme avec éclat.

Quels symptômes, d’abord? A propos d’un virus qui s’est manifesté pour la première fois il y a près de quarante ans en République démocratique du Congo, la mutation d’une préoccupation réelle et justifiée en un état de panique mal contrôlé – le rappel emphatique des grandes pestes du Moyen Age, de la grippe espagnole bientôt centenaire. L’extension par négligence à l’ensemble d’un continent d’un phénomène aujourd’hui localisé sous sa forme aiguë dans trois pays d’Afrique occidentale (Guinée, Sierra Leone, Liberia). L’extrapolation des risques courus par la planète, du seul fait de la mobilité des populations, inhérente à la mondialisation. En funeste apothéose, le constat livré lors du journal télévisé de la rts: des gens de couleur hésiteraient désormais à s’annoncer auprès d’unités de soins en Suisse romande, par crainte d’être suspectés d’être porteurs de la maladie.

Pourquoi cet enchaînement? Parce que le regard des médias occidentaux sur la propagation du virus Ebola se charge d’une inquiétude contagieuse aussitôt qu’un risque apparaît d’une contamination en Europe ou en Amérique du Nord.

 
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18/07/2013

"Yes, we scan"

Les révélations d’Edward Snowden, et plus encore les pérégrinations planétaires (à ce jour théoriques) du jeune informaticien, alimentent les journaux, radios et télévisions en ces premières semaines de l’été. Jusqu’où donc l’ancien employé de l’Agence nationale de sécurité (NSA) ira-t-il dans les divulgations de documents confidentiels américains? Traître ou héros, selon le point de vue, où finira-t-il par se poser?

Tout cela distrait.

Les Etats-Unis sont évidemment mal pris, eux qui se posent en champions de la démocratie. Ils focalisent sur les agissements et les méthodes de leurs services spéciaux une attention médiatique ainsi dissuadée de se porter ailleurs. Comme toujours, c’est la figure présidentielle qui se trouve aussitôt exposée. Le slogan de la première campagne d’Obama, «Yes, we can» ( Oui, nous le pouvons») n’a pas tardé à être détourné: «Yes, we scan» («Oui, nous scannons»). C’était, il est vrai, assez bien trouvé. En coulisses, Georges W. Bush se sent pousser des ailes d’enfant de chœur.

C’est feindre d’oublier que tous les Etats, depuis toujours, s’emploient à assurer leur sécurité par des services de renseignements dont n’évoluent que les instruments et les cibles.

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24/04/2013

Roms: le sujet n'est pas tabou, mais...

La présence des Roms et la mendicité dans les rues sont des sujets délicats. Elles ne sont pas des sujets tabou. 24 heures a parlé du désappointement d’une septuagénaire Lausannoise, au vu du comportement d’une famille de Roms à laquelle elle avait prêté assistance l’hiver dernier (édition du 19 avril). Le traitement de cette affaire par le journal a provoqué des réactions au sein de son lectorat, dont l’une a été adressée au médiateur.

Cette correspondante de Lausanne dénonce des «pratiques discriminatoires (…) à l’encontre de la communauté Roms». Elle met en cause l’affichette du journal («Roulée par des Roms, elle témoigne»), sa manchette, soit le grand titre de première page («Cette famille Roms m’a roulée, je suis écœurée») et enfin le titre même de l’article («J’aide des Roms et j’ai le sentiment d’avoir été arnaquée»).

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10/04/2013

Offshore Leaks et dommages collatéraux

Cela sort de tous les côtés. A peine les citoyens français et leurs voisins estomaqués ont-ils repris leur souffle après les aveux de Jérôme Cahuzac, ministre peu ordinaire du budget hexagonal, que c’est une déferlante de révélations mitonnées par un consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ). Pas le temps d’en faire le tour que déjà Julian Assange se précipite pour déballer un nouveau sac de petits papiers de la diplomatie américaine.

Les nouveaux circuits de l’information et de la communication encouragent la transparence, parfois jusqu’à la délation. Les médias jouent leur rôle en intervenant lorsque les enjeux relèvent d’un intérêt public bien compris: non une simple curiosité, mais la surveillance des pouvoirs et de leurs représentants. Ils répondent alors au souci de préserver le bien général qui repose en démocratie sur des règles de confiance.

L’activité du site français Mediapart s’inscrit dans cette ligne, quitte à provoquer de l’urticaire parmi des gens considérant qu’une presse indépendante est une presse qui exprime librement des opinions, et non qui recherche librement des informations. Que la cellule d’enquête commune de la Sonntags-Zeitung et du Matin Dimanche soit associée à l’entreprise d’Offshore Leaks va dans le même sens.

Il est difficile de prévoir aujourd’hui tout ce qui sortira de ces opérations. Le public devrait cependant veiller à ne pas tomber dans trois travers.

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23/10/2012

Sociétés financières sous projecteur médiatique

L’ affaire fait  grand bruit en cette fin octobre. Elle concerne des actes de blanchiment de fonds issus d’un énorme trafic de drogue entre le Maroc et la France. Le circuit en est complexe et passe par Genève. (...) Le nom de la société, à laquelle l’enquête attribue un rôle décisif dans des transferts d’argent délictueux, n’est pas été immédiatement rendu public. (...) Ce n’est qu’après quelques jours que la presse mentionne la société GPF (Gestion et promotion financière) et la banque HSBC. Le revirement est dû au fait que GPF a diffusé entretemps un communiqué mettant publiquement la société en relation avec l’affaire rapportée par les médias.

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14/05/2012

DSK en zone interdite

« La face cachée d'un incroyable scandale ». C'est ce que promettait de révéler la chaîne française M6 dimanche 13 mai, à l'enseigne de Zone interdite. Un documentaire de près de deux heures, bien conçu, bien monté, retraçait les principaux épisodes de l'affaire DSK. Qu'a-t-on découvert en contemplant cette face cachée ? Pas grand-chose que l'on ne savait déjà. (...) Parmi les personnes convoquées pour faire découvrir cette face cachée du scandale, plusieurs journalistes. Il aurait été intéressant de les entendre aussi sur certaines addictions médiatiques.

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18/04/2012

Les Romands pris dans le psychodrame présidentiel

Les lecteurs de journaux romands n'y coupent pas. Ni les chers auditeurs et téléspectateurs. L'actualité du monde semble suspendue quand se profilent au Proche-Occident des perspectives électorales majeures. Une telle mobilisation provoque parmi les lecteurs et internautes des réactions assez vives, d'adhésion ou de rejet.  Elle interpelle traditionnellement les observateurs de notre pré carré.

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09:45 Publié dans Médias | Tags : sarkozy élection | Lien permanent | Commentaires (0)

22/11/2011

La liberté d'expression à hue et à dia

Plusieurs polémiques se sont ouvertes ces dernières semaines au sujet de la liberté d'expression. Au premier titre, de diverses formes d'offenses au sentiment religieux ou à la piété religieuse. On cite dans le désordre : les manifestations contre le spectacle de Romeo Castelluci, Sur le concept du visage du fils de Dieu; les protestations contre la campagne publicitaire de Benetton, qui a conduit à l'interdiction d'une affiche montrant le pape Benoît XVI embrassant sur la bouche un imam du Caire; l'incendie des locaux du périodique français Charlie Hebdo en réponse à un numéro brocardant l'islam sous le titre Charia Hebdo.

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12/10/2011

Que faire pour disparaître de la Toile?

L'affaire remonte à quelques semaines. Un citoyen genevois tient sur son profil Facebook des propos qui se veulent humoristiques, mais qui insultent la communauté musulmane. Un document à leur sujet parvient à 20 Minutes. Il est consternant. Le quotidien gratuit en fait état dans ses colonnes. L'imprudent se dit frappé de plein fouet par «l'image si négative qui est ressortie de [lui] dans les journaux». Il raconte avoir remis une lettre d'excuses à la mosquée du Petit-Saconnex, qui l'a acceptée, s'être proposé pour du bénévolat... Il a même dû se faire hospitaliser. Il mesure aujourd'hui l'ampleur de sa déroute.

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18/08/2011

Modération des commentaires sur le Net: un oeil neuf

Du nouveau sur les sites des quotidiens d'Edipresse!  Depuis le 1er juillet, les commentaires apportés par les internautes sur les sites des journaux ne sont plus modérés par les équipes Web de chaque titre. Ils le sont par une société extérieure, établie en France et nommée Netino.

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20/06/2011

Internet, un nouveau pouvoir? Pas si sûr

La Page du médiateur signale périodiquement les changements intervenus depuis l'extension planétaire de l'Internet dans les pratiques journalistiques, dans l'élaboration et la circulation des nouvelles. Faut-il pour autant conclure que l'influence des médias sur les esprits s'en trouve fondamentalement transformée, que la discussion jamais close sur «le pouvoir des médias» prend désormais un tournant nouveau et radical?

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18/05/2011

DSK ou la grenade médiatique

Le médiateur se serait volontiers passé de considérations sur l'affaire DSK. Comme d'autres lecteurs, et passé un premier moment d'inavouable curiosité, il se sent submergé. Mais des questions lui viennent de partout, auxquelles il choisit de répondre sur cette page. Quelques jalons: les mœurs des médias américains, la présomption d'innocence, le complot, le statut de victime.

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