16/10/2017

Et si l'entraîneur de foot était un prêtre?

La Tribune de Genève a fait grand cas d’un entraîneur de football, qui usa d’un subterfuge et de menaces pour contraindre des garçons âgés de 12 à 16 ans à subir des actes sexuels. Dès l’ouverture du procès, un prêtre romand a fait parvenir une lettre à la rédaction du journal.

« L’article de ce jour (…) concernant l’entraîneur de foot et ses “actes d’ordre sexuel” sur des mineurs ne contient pas une seule fois le terme de “pédophile” ou de “pédophilie”.

«Je me permets de demander à votre journaliste combien de fois ces termes seraient apparus – jusque dans le titre – s’il s’était agi d’un prêtre et non d’un entraîneur de foot. Ce deux-poids deux-mesures ne devrait plus avoir droit de cité dans nos médias. Cela contribue à la sous-pénalisation de ces actes immondes commis sur les plus jeunes, qui devraient être les plus protégés.»

La réponse de la journaliste tient en quelques mots: la qualification de «pédophile» n’est pas utilisé dans l’article, car le prévenu n’est pas considéré comme tel par un expert psychiatre requis par le tribunal. Les chroniqueurs judiciaires cherchent ordinairement à respecter la terminologie utilisée dans les expertises autant que dans l’acte d’accusation.

Notre correspondant regrette que cette précision n’ait pas figuré dans l’article. Elle aurait épargné au journal sa propre réaction, mais elle «en aurait amené un wagon d’autres, j’imagine, tant cela semble inconcevable…» A noter que Le Matin a parlé d’un «entraîneur de foot pédophile» en titre d’un entrefilet.

Il est probable que l’avis de ce prêtre est partagé par un certain nombre de lecteurs.

Pour lire la suite sur la Page du médiateur, cliquer ici.

14/01/2014

Ces chers disparus

L’embarrassante question! Comme ça, au passage de l’an. Ce serait intéressant de débattre de «ce que l’on peut dire et ne doit pas dire sur une personne post mortem», suggère au médiateur un internaute journaliste à la retraite, qui continue de bloguer gaillardement. Le genre existe, il est identifié: il s’agit de l’article nécrologique.

La grande presse internationale le cultive, comme un indice de qualité signalant une participation modeste à l’écriture de l’histoire. Par exemple, tout lecteur du Monde découvre quotidiennement ou presque, à l’enseigne «Disparitions», des hommages rendus à des personnalités décédées, le plus souvent en correspondance avec les principaux centres d’intérêt du journal. Les défunts appartiennent pour la plupart au monde de la politique, de la culture, de l’université ou des hautes écoles, de l’industrie, parfois du sport, plus rarement à la galaxie clignotante des people (...) Le monde du journalisme et des médias, plus flottant, n’est pas négligé. Ses stars ou prétendues telles, bien entendu, mais aussi d’anciens collaborateurs de la rédaction, méritants travailleurs de l’ombre depuis longtemps oubliés, qui connaissent ainsi, enfin, un ultime quart d’heure de célébrité. C’est une sorte de revanche pour tout ceux qui, leur vie durant, n’ont fait qu’observer les autres et rapporter leurs faits et gestes.

La plupart de nos journaux régionaux observent aussi cet usage confraternel. Pour le reste, le registre est assez différent.

Pour lire la suite sur La page du médiateur, cliquer ici